‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 436 sur 670 · LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE VL · texte numérisé non relu

LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE VL

JOSSBLIN.

Non.

Vous êtes donc sonrds?

JOSSBLIK.

Encore moins.

THIBAUT

Et pourquoi donc ne repondez- vous pas?

JOSSELIN

Parcequ'il ne nous platt pas.

THIBAUT

Palsangué! vous êtes trop drôles! Puisque vous n'êtes ni sourds ni muets, il faut que je vous embrasse; oui, morgue! je sis votre sarviteur.

jassELiN.

Est-ce que nous nous connoissons ?

THIBAUT

Je ne sais pas; mais je crois que nous ne nous sonunes jamais vus.

JOSSELLN.

C'est ce qui me semble.

THIBAUT

Palsanguié ! vous v'ià bian étonnes !

JOSSELIN

Et qui ne le seroit pas? nous ne nous connoissons point, et vous m'embrassez comme si nous nous étions vus tonte notre vie.

THIBAlîT.

Testigné! vous avez bieau dire, je vois à votre mine que vous êtes un bon vivant, et que vous m'enseignerez ce que je charche.

JOSSELIN

Et que cberchez-vous?

THIBAUT

Je cbarche ma femme ; ne Favez-voDs point vue ?

JOSSELIN

Ah ! vraiment oui, c'est bien ici qu'il faut chercher des femmes!

THIBAUT

Elle a nom Parrelte. Elle s*en est enfuie de cheuz nous, palsangué! cela est bian drôle, poor courir les champs avecque la fille de M. Tobîe, notre maître, que l'on vouloit marier maugré elle au fils de M. Griffon, neveu de notre maltresse. Je ne sais, morgue! comme les masques ont fsigoté tout ça; mais la nuit Parrette se couchit auprès de moi , et puis je ne l'y trouvis plus le lendemain : avez-vous jamais rian vu de pus plaisant que ça?

JOSSELIN

Cela est fort plaisant.

THIBAUT

Oh! ce qu'il y a de plus récréatif, c'est qu'elles sont toutes fines seules ; et comme elles sont , morguoi! bian jolies, si elles alloient rencontrer queuque gaillard qui voulAt en faire comme des choux de

son jardin , elles seroîent bian attrapées ! Tout franc, quand je songe à cela, je n'en ris, morguoi! que du bout des dents.

Que craignez-vous?

THIBAUT

Je crains.... et que sais-je , moi? je crains.... Estce que vous ne savez pas ce qu'on craint quand on ne sait où diable est sa femme?

JOSSELIN

Si vous aviez envie de savoir ce qui en est , on pourroit vous donner satisfaction.

THIBAUT

Bon ! est-ce qu'on sait jamais ça ? Pour s'en douter, passe ; mais pour en êl re sûr, nifle. Panrois , morgue ! bieau le demander à Parrette , aile ne l'avoueroit jamais; aile est trop dessalée.

JOSSELIN

Nous avons ici un moyen sûr pour en savoir la vérité.

THIBAUT

Et qu'est-ce encore?

JOSSELIN

C'est une coupe qui est entre les mains du seigneur de ce château : quand elle est pleine de vin, si la femme de celui qui y boit lui est fidèle, il n'en perd pas une goutte; mais si elle est infidèle, tout le vin répand à terre.

THIBAUT

Cela est bouffon ! Et où diable a-t-il péché cela?

Il Ta achetéed'un Arabequi , soit par composition ou par enchantement , y avoit attaché cette vertu.

THIBAUT

Et pourquoi ce monsieur achcta-t-il ce joyau-lA ?

JOSSELIN

Par curiosité.

THIBAUT

Est-ce qu'il étoit marié?

JOSSEUN.

Oui.

THIBAUT

J'entends , j'entends ; il vouloit voir si sa femme. . . . n'est-ce pas ?

JOSSBLLN.

Justement.

THIBAUT

D'abord qu'il eut la coupe , il y but, je gage?

JOSSELIN

Vous l'avez dit.

THIBAUT

Elle répandit?

JOSSELIN

Non.

1 Non ?

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