ANSELME , JOSSELIN
JOSSELIN
Des menaces ! Vous voyez comme il perd le respect.
' ANSELME
Qu'on l'arrête.
JOSSELIN
Non , non : il vaut mieux qu'en courant il aille dissiper ces vapeurs qui lui troublent l'imagination.
ANSELME
Mais je crois qu'en effet il est devenu fou : quel galimatias m'a-t-il fait ?
JOSSELIN
Cest justement une suite de ce que je disois tantôt. Ce sont des idées qui lui passent par la cervelle, et je jurerois que ce sont des idées de femmes.
ANSELME
Des idées de femmes ! Vous vous moquez , M. Josselin! Peut-on avoir des idées de ce qu'on n'a jamais vu?
JOSSELIN
Belles merveilles ! Eh! ne vous est-il jamais arrivé de fiiire des songes?
ANSELME
Oui.
JOSSELIN
Et de voir eu donnant des choses que vous n'aviez jamais vues , et que vous ne vous seriez jamais imaginées ù vous n'aviez dormi ?
ANSELME
D'accord^ mais ce petit garçon-là ne dort pomt.
Non , vraiment; au contraire, je ne l'ai jamais vu si éveillé.
ANSELME
Eh bien !
JOSSELIN
Eh bien ! il rêve tout éveillé ; et c'est justement ce qui est cause qu'il fait des contes à dormir debout.
ANSELME
Mais pourquoi lui vient-il des idées de femmes plutôt que d'autres ?
JOSSELIN
C'est que Ott animaux -là se Iburrent par-liMt, malgré qu'on en ait.
ANSELME
Cela seroit bien horrible que toutes mes précautions fussent inutiles.
JOSSEUN.
Elles le seront à coup sur ; et dès-à-présent je vo» en donne ma parole.
ANSELME
Il n'importe ; et si je ne puis lui cacher absolument qu'il y ait des femmes, il ne les connaîtra que pour les ha!r mortellement.
JOSSELIN
n ne les haïra point.
ANSELME
Il les détestera , en apprenant ce qu'elles savent ^ faire.... Mais qu'est-ce ci?
JOSSELIN
Eh ! c'est ce bon paysan qui vous amène ces deox personnes , pour faire l'essai de votre coupe.