LA COUPE ENCHANTÉE, SCÈNE XVU
M. TOBIB y à M. Griffon, Cesl le {dos YQain endroit de ma Hk
THiBAinr y à Anselme ef à j^êmlin.
Meaneori, metrienre, yenes BordÛer, s'il vous pUlt, à meltre le holà entre deux beaux-frères qui se vont cooper la gorge.
AifSBLHB , à Griffon et à Tobie.
Qu'est -œ que c'est donc ? Qa'avez-voos , mes* sieurs ? qui vous oblige à en venir aux invectives ?
Bi. GRIFFON.
Ab ! messieurs , serbltur : je bous fais juges dé oéd. Boid lé dit. Je fais l'honnur à oé monsiur dé donner mon fils , qui est novie conuné moi , mordi ! en mariage à sa fille ^ qui n'est qu'une simple roturière; et, parcéqué la beille des noces la sotte s'é-
M. TOBIE
Donnez y donnez. Je serols Ûcbé de n'en pas fiiire essai le premier, pour vous montrer combien je suis sâr de mon fait.
{Comme il approche la coupe de sa lMmche,élle répand , et le vin lui rejtUllit au tfisage ; ce qui fait beaucoup rire M. Griffon,)
JOSSELIN
Ab!ah!
M. TOBIB , fort surpris.
Que vois-je? le vin est répandu , je pense?
JOSSBLIlf.
Oh ! par ma foi ! le petit papa , le petit fanfan, le petit camuset en tient.
M. GRIFFON
Eh ! donc , qui dé nous dux est lé fat ? hein? Cadé-
clipsé dé la case paternelle, il a l'insolence dé dire j. ^^„ „^„„ f.^ k^„„ ^ . i>4^. «.:«^« aa i« ^« V^. . , , .. « , dis, mon veau-frere, bous mé ferez raison dé la con-
que c'est ma fauté , et qu'elle a eu pur d'entrer dans f HnîtP H<i ma sur
mon alliance , à causé que je suis sébère dans ma
famille , et que je né bnx pas souffrir qu'aucun godelureau approche mon domaine dé la vanlieue.
M. TOBIB.
Qu'est-ce? je donne ma fille, qui aura dix mille livres de rente, au fils de ce monsieur, qui est gueux comme un rat ; et parcequ'elle s'en est enfuie de chez moi pour éviter ce mariage, il me dira, en me traitant comme un je ne sais qui , que c'est parceque je suis trop bon dans mon domestique, à cause que ma femme est toujours autour de moi à m'étoufPer de caresses, et que je souffre qu'elle m'appelle son petit papa , son petit fanfan , son petit camuset; ce qui fait que ma maison est ouverte à tous les honnêtes gens.
JOSSELIN
Voilà un différent qu'il est assez facile d'accomnioder. Ces messieurs se disent les choses de si bonne foi , qu'on ne peut s'empêcher de les croire : mais , pour savoir lequel des deux s'est le plus fait aimer de sa femme par ses manières, votre coupe enchantée sera d'un secours merveilleux , et je suis sâr qu'elle les mettra d'accord; je vais vous l'apporter.
{Il sort un instant , et revient.) •':
ANSELME
Allez , M. Josselin , cela finira la dispute.
M. GRIFFON
Cet homme nous a fait récit dé cette coupe , et je serai rabi dé connoltre par elle , lequel est lé fot dé nous dux : je suis sûr que ce n'est pas moi.
M. TOBIB.
Nous en alloas voir tout-à-l'heure un bien penaud ! je sais bien qui ce ne sera pas.
ANSELME , toyont retenir Josselin.
Voici la coupe.
{Josselin verse du vin dans la coupe, )
duite dé ma sur.
M. TOBIE
Voilà une mécliante créature ! je ne l'aurois jamais cru.
Quand elle viendra vous étouffer de caresses, je vous conseille de l'élrangler par bonne amitié.
M. TOBIB.
C'est diez vous qu'elle a sucé ce mauvais lait-là.
M. GRIFFON
Oui , oui , cadédis ! l'absynthé n'est pas plus amère que lé lait que je lur fait sucer.... Bersez, hersez, veau Ganymède.... Bous allez hoir, veau-frère... A la santé dé la compagnie.
( // vevA hoire\ et la coupe lui fait sauter le vin
au tiez. )
JOSSELIN
llale! haie! haie!
M. GRIFFON
Ouais ! c'est que je né la tiens pas droite. ( H essaie encore , et elle répand. )
JOSSELIN
Prenez donc garde.
ANSBLME.
Voyez , voyez. ( Tout se répand. )
M. GRIFFON
La mam mé tremble.
JOSSELIN
Oh ! l'on approche votre domaine de plus près que de la banlieue.
M. TOBIB.
Je savois que ce n'étoit pas ma fiiute. Je n'ai garde de donner ma fille à votre fils : il n'en feroit qu'une vraie rien qui vaille.
PERRETTE
Madame , à quelque chose le malheur est bon.
M. GRIFFON
Ma foi ! je n'y comprends plus rien. Monsur est