TOINON, JULIE; SAINT-AMANT, DORAME
à la fenêtre,
TOINON
Quel veuvage ! pour moi , madame , je l'admire ! Quoi! pleurer un époux en s'étouffent de rire! La mode en est jolie, et pourra faire bruit.
JULIE
De cette mort, Toinon, cueillons, goûtons le fruit : Jouissons du bonheur que le ciel nous envoie ; Je n'ai plus de mari ! quel plaisir! quelle joie! Célébrons à jamais le jour de son trépas : Quoi qu'on dise, Toinon, la guerre a ses appas. Ses heures d'agréments , comme ses douloureuses : Que d'héritiers contents , que de veuves heureuses !
SAINT-AMANT, à Dwame.
C'est trop tôt triompher.
TOINON
Mais on se contrefait, Seulement pour la forme.
JULIE
Eh ! ne l'ai-je pas fait?
Pour dérober ma joie à la commune envie, Je m'enferme au désert : voyez la modestie !
TOINON
Mais il faut à Paris retourner une fois.