SCÈNE XL
JULIE, MONTREUIL; SAINT-ABIANT, DORAME , à la fenêtre.
JULIE
Vous ne la suivez pas , Montreuil ?
MONTBEUIL.
Qui! moi, madame?
JULIE
Il faut, à votre tour, me découvrir votre ame. Je m'en vais exposer une fable à vos yeux : Si vous n*en devinez le sens mystérieux, Vous me ferez , I^Ionlreuil , une sensible ofTense ; Si vous le concevez , redoutez ma vengeance , Pour peu que vous soyez rebelle à ses clartés.
MONTREUIL
Il faut savoir.
JULIE
Jt* vais vous la dire : écoutez, l ne aimable tourterelle
Fut le partage d'un hibou :
Jamais paix , toujours querelle :
Il n'est pas malaisé de deviner par où. Hibou mourut : la veuve , en ces alannes, N*étala point des clameurs et des larmes Le fastueux charivari.
Larme enlaidit, douleur est folle; Et puis , grâces aux morars du siècle, on se console D'un amant tendrement chéri :
Que ne fait-on point d'un mari?
Tourterelle à l'amour rarement est rebelle. Sa tendresse envisage un moineau digne d'elle. Pour s'expliquer, regards, discours mystérieux,
Sont par elle mis en usage :
EUe craint, elle n'ose en dire davantage. C'est au moineau, s'il a des yeux , A deviner ce langage.
Vous entendez, Montreuil ; le comprenez-voui bîea ? Parlez sincèrement.
MONTREUIL
A ne déguiser rien , Si certain homme étoit dans la nuit étemelle , Je croirois deviner quelle est la tourterelle ; Son joug a fait gémhr mon cœur plus d'une fois. Quant à l'heureux moineau , seul digne de son choix ^ Son bonheur me fait peine à le pouvoir connottre : Mais ce que je sais bien , c'est que je voudrois l'être.
Soyez-le , on y consent : le champ vous est ouvert; Croyez tout, espérez, et....
SAINT- AMANT , descendu de la fenêtre.
Je vous prends sans vert.
MONTREUIL , s'enfuyant.
Mon oncle !
JULIE
Mon époux !