I-es monuments ne sont ni iliirablrs, ni forts
Si souvent liortésie est peinte en met ouvrages.
Et M je fais parler ses fleurs et ses ombrages ,
Juges, qn'altendez-voiis ? et pourqiwi consulter.'
Quel art peut mieux que moi cet érrin mériter?
Ce n'est point sa valeur où j'ai voulu prétendre :
Je n'ai considéré que le portrait d'Alcandre.
On sait que le« trésors ntc touelienl raremeal?
Mes veille* a'«it |NKir but que l'Iiouneurseitletnent .
Gardei ce diamant dont le prix est extrioK !
Je serai riche asscï pourvu qu'Alcandrc m'abse '.
• UbulM ripp-kr Id ce qm- LaFmWiHiadll daw «n jHfrtiMetnail. que l'A-rtn i]<iidr>iill Mm donn* <n (irli t l'iiH dei Ifto rFiitcnnolt imdlimaul d'anr bcuiU nlnmlltiiii'' . •< wt le fTilirtTi'' Ir i><rltiit ilu nu.
SONGE DE VAUX
La harangue de Caliiopée produisit un merveilleux changement dans les esprits. Les autres fées l'avoient bien prévu ; car, auparavant que Ton s'assemblât , elles demandèrent qu'il fût défendu de se servir des traits de la rhétorique ; que cela n'étoit pas sans exemple ; qu'une pareille défense s'étoit observée long-temps dans Athènes , parceque les orateurs faisoient prendre de telles résolutions que bon leur sembloit ; et qu'enfin le métier de leur rivale étant de séduire, il n'étoit pas juste qu'elle eût cet avantage sur elles. Mais , comme il étoit question de charmes t ces juges leur représentèrent qu'ils ne voyoient pas pourquoi ceux de l'éloquence dussent être exclus , et que leur propre requête leur iaisoit tort, parcequ'il sembloit qu'elles donnassent déjà gain de cause à leur concurrente. Ainsi chacune anploya tous les artifices dont elle se put aviser.
Après que l'applaudissement qu'on donna à la harangue de Caliiopée fut un peu cessé, Apellanire , comme la seule qui pouvoit avoir quelque chose de commun avec elle, et comme œlle aussi qui jusque-là croyoit avoir la meilleure part à l'écrin, prit la parole, et avoua que les charmes de sa rivale étoient à la vérité fort puissants ; mais en quoi cela pouvoit-il regarder la maison de Vaux? au lieu que tout y brilloit des enrichissements qu'elle avoit trouvés. Combien de plafonds qui surpassoient non seulement tout ce qu'on avoit jamais fait en ce genre, mais aussi l'imagination même des regardants ! combien d'ornements judicieux , agréables, et bien inventés! Éloit-ii possible qu'en la présence de ces merveilles on adjugeât le prix à quelque autre qu'elle? Quand elle eut fini, Caliiopée tomba d'accord de ce dernier point , et rendit un pareil témoignage à la vérité. Mais se peut-il faire que vous ignoriez , ajouta-t-elle en s'adressant à Apellanire, ce que mon art a de commun avec Vaux ? La dernière main n'y sera que quand mes louanges l'y auront mise ; et vous-même , ne devriez-vous pas consentir que j'eusse l'écrin , comme le plus digne prix de la gloire que mes ouvrages vous ont donnée? Je demandai tout bas à Gelaste ceque cela vouloit dire. Il me répondit que plusieurs personnes avoient déjà fait la description de quelques endroits de ce beau séjour ; sur-tout
qu'il m'en vouloit montrer une da salon, laquek on ne pouvoit assez estimer.
Cette contestation des deux fées, et le souvenir de ce que les autres avoient dit, eBàjOBtrassèrent les juges de telle sorte, qu'ils se |»lèrent près d'un quart d'heure sans rien résoudre. Cependant le reste de la compagnie s'entretenoit aussi de cette action , au moiiiBi me le sembla ; car les uns et les autres parloieA trop bas, et nous étions trop âoignés pour a rien entendre. Enfin les juges ordonnerait pov tout résultat, que, puisque les choses éCoioi tellement égales , ces quatre fées feroiett |»roitre sur-le-champ quelque échantillcm delor art, afin qu'on sût laquelle de toutes était h plus savante dans la magie. Cela fut proiioKê par l'un des trois juges : chacun témoigiia m être content. Aussi étoit-ce une nouvelle ooosion de plaisir. Oronte lui-même sembla Fapprouver par un léger mouvement delêle. Bie fit ensuite un fort grand silence , les esprits èM demeurés comme suspendus , dans Fattoto d'autres merveilles.
AVERTISSEMENT
C'est assez de ces deux échantUlcHis pour ooosoiter k public sur ce qu'il y a de sérieux dans moo aoofe; 1 faut maintenant que je le consulte sur ce qo'U y i à galant ; et, selon le jugement qu'il fera de l'un et der»tre, je me réglerai si je continue cet ouvrage. Le Icdcv saura, pour l'intelligence du fragment qui suit, qnln saumon et un esturgeon , qui apparen^meot soif oint ■ bateau de sel , furent pris dans la rivière de Seine. Ot les présenta Tifs à M. Fouquet, qui les fit mettre en ■ fort grand carré d'eau , où je les trouyai pleins de suti et de Tic quand je commençai ma description. Je m'iaigine donc, dans mon songe, que ce sont deux êBùmmdcurs euToyés à M. Fouquet par le dieu Neptune, pov lui offrir de sa part tous les trésors de l'empire maritiiK, des morceaux pétrifiés, du corail de toutes sortes, do conques, afin que M. Fouquet pût faire embellir certâi rochers qui sont dans un aTant-corps d'archltectore , tîià-Tis de la cascade de Vaux. Je feins aussi qu'on de ca poissons (c'est l'esturgeon) me parle par lruclienient,d me conte son STcnture et celle de son camarade , arec l'origine et le motif de leur dépntatioo.
SONGE D£ VAUX