V. - A CLYMÈNE
JALOUSIE CO?ITRE U2f RIVAL QUI Z«*EST PLUS.
J 'a vois cni jusqu'ici bien oonnoltre Tarnoor : Je me trom|H)is , Chuièiie; et ce n'est que d'un jour Que je sais à quel point peuvent monter ses peines. Non |»as ((u'ayant bràlé pour beaucoup d'inhumail'n esrlava^' dur ne m'ait assujetti; [nés ,
Mais je nmiptc |H)ur rien tout ce que j'ai senti.
' \ II. Itans ksi àïititmê nuuvrlirs ; Eh bArn:
Des douleurs qu'on endure en serrant une belle Je n'avoîs pas encor souffert la plus cruelle. La jalousie aux yeux incessamment ouverts, Monstre loi^ours fécond en fantômes divers , Jusque-là , grâce aux dieux , n'en avoit pu produire Que mon oceur eût trouvés capables de loi noire. Pour lesautres tourmenta, ils m'étoient fort communs: Je nourrissois chez moi les soucis importuns , La folle inquiétude en ses plaisirs légère , Des lieux où l'on la porte hôtesse passagère ; J'y nourrissois encor les désirs sans espoir, Les soins toujours veillants , le cliagrin tot^oors noir. Les peines que nous cause une étemelle absence. Tous ces poisons mêlés composoient ma souffrance ; La jalousij^yjomt à présent son ennui.
Hélas ! je dt oonnois l'amour que d'aujourd'hui. Un mal qui m'est nouveau s'est glissé dans mon ame; Je meurs. Ah ! si c'étoit seulement de ma flanune ! Si je ne périssois que par mon seul toiument ! Mais le vôtre nie perd : Clymène, un autre amant, Même après son trépas , vit dans votre mémoire. Il y vivra long-temps ; vos pleurs me le font croûre. Un mort a dans la tombe emporté votre foi ! Peut-être que ce mort sut mieux aimer que moi. Certes! il en donna des marques bien certaines , Quand, pour le soulager de l'excès de ses peines, Vous lui voulûtes bien conseiller, par pitié , De réduire l'amour aiu termes d'amitié.
Il vous crut; et pomr moi, je n'ai d'obéissance Que quand on veut que j'aime avecque violence. Tant d'ardeur semblera condamnable à vos yeox ; Mais n'aimez plus ce mort , et vous jugerez mieux. Comment ne l'aimer plus? on y songe à toute heure , On en parle sans cesse , on le plaint, on le pleure; Son bonheur avec lui ne sauroit pins vieillir : Je puis vous offenser; il ne peut plus faillir. O trop lieureux amant ! ton sort me fait envie , Vous l'appelez ami : je crois qu'en votre vie Vous n'en fîtes un seul qui le fût 4 ce point, [point : J'en sais qui vous sont cliers, vous ne m'en parlez Pour celui-ci y sans cesse il est dans votre boudie. Clymène , je veux bien que sa perte vous touche; Pleurez-la , j*y consens : ce regret est permis; Mais ne confondez point l'amant et les amis. Votre OBur juge mal du motif de sa peine ; Ces pleurs sont pleurs d'amour : je m'y coimois , Cly- Des amis si bien faits méritent , entre nous , [mène. Que sous le nom d*amants ils soient pleures par vous. Ne déguisez donc plus la cause de vos larmes; Avouez que ce mort eut pour vuas quehfues charmes. Il joignoit les beautés ée Te^M-it et du corps : Ce n'étoient cepeudinl que set moindres trésors ; Son ame l'emportoit. Qooi qu'on prise la mienne , Je la réfbnuerois de bon emir sur la sienne.
ŒUVRES DIVERSES
Exoeplez-«o an point qui fait seul tout mes ttaiB y Je ne changerois pas mes ftn contre les siens. Puisqu'il n'étoit qn'ami y je le surpasse en zèle ; Et mon amour vaai bien Tamitié la phis belle. Je n'en pals relâcher. N'engagez pofait mon cœar A tenter les moyens d'en être le vainqueur: Je me J'arradierois : et tous en seriez cause.
Moi cesser cTétreantuit ! eCpuis-je ^tre autre diose? Puis-je trouver en vous ce que j'ai tant loué; £t vouloir pour ami sans plus être avoué ? Non , Glymène , ce bien , encor qu'inestimable , N'a rien de votre part qui me soit agréable : D'une autre que de vous je pourrois l'accepter; Mais quand vous me l'offrez, je dois tMBJeter. U ne m'impoite pas que d'antres en jomssent ; Gardez votre présent à ceux qui me haïssent : Aussi bien ne m'est-il réservé qu'à demi. Dites, me traitez-vous encor comme un ami? Tâchez-vous de guérir mon cceur de sa blessure? On diroit que ma mort vous semble trop peu sâre. Depuis que je vous vois, vous m'oflirez tous les jours Quelque nouveau poison forgé par les Amours. C'est tantôt un clin d'œil , un mot , un vain sourire, Un rien ; et pour ce rien nuit et jour je soupire ! L'ai-je à peine obtenu , vous y joignez on mal Qu'après moi l'on peut dire à tous amants fetal. Vous me rendez jakiux ; et de qui ? Quand j'y songe , n n'est excès d'ennuis où mon coeur ne se plonge. J'envie un rival mort ! M'ajoutera-t-on foi , Quand je dirai qu'un mort est plus heureux que moi ? Cependant il est vrai. Si mes tristes pensées Vous sont avec quelque art sur le papier tracées , Cléandre , dites- vous , avoit cet art aussi. Si par de petits soins j'exprime mon souci , Il en faisoit autant , mais avec plus de grâce. Enfin , si l'on vous croit, en rien je ne le passe. Vous vous représentez tout ce qui vient de lui , Tandis que dans mes yeux vous lisez mon ennui. Ce n'est pas tout encor; vous voulez que je voie Son portrait , où votre ame a renfermé sa joie. Remarquez , me dit-on , cet air rempli d'attraits : J'en remarque après vous jusques aux moindres traits. Je fais plus : je les loue , et souflre que vos larmes Arrosent à mes yeux ce portrait plein de charmes. Quelquefois je vous dis : C'est trop parler d'un mort. A peine on s'en est tu , qu'on en reparle encor. Je porte, dites-vous, malheur à ceux que j'aime : Le ciel , dont la rigueur me fut toujours extrême, Leur fait à tous la guerre , et sa haine pour moi S'étendra sur quiconque engagera ma foi. Mon amitié n'est pas un sort digne d'envie : Cléandre, tu le sais, il t'en coûte la vie. Hélas! il m'a long-temps aimée éperdnment :
En présence des dienx il en fidaoil Je n'ai rédmt son feu qu'avec beanooop de pâ Si vous l'avez réduit, avouez-moi , Oyînèae, Que le mien , dont l'ardeur augmente to» I Mieux que celui d'un mort mérite vos