A M. FOUQUET
ocrons f659.
Trois fois dix vers , et puis cinq d*aJoutés , Sans point d'abus, c'est ma tâche complète ; Mais le mal est qu'Us ne sont pas comptés. Par quelque bout il fieiut que je m'y mette. Puis , que jamais ballade je promette ! Du8sé-je entrer au fin fond d'une tour, Nenni, ma fbi , car je suis déjà court; Si que je crains que n'ayez rien du nôtre. Quand il s'agit de mettre un œuvre au jour,, Promettre est un, et tenir est un autre.
Sur ce refrain, de grâce, permettez Que je vous conte en vers une sornette. Colin , venant des universités , Promit un jour cent francs à Guillemette. De quatre-vingts il trompa la fillette, Qui, de diépit, lui dit pour fajre court : Vous y viendrez cuire dans notre four!
Colin répond, faisant le bon apôtre :
Ne vous fâichez, belle; car, en amour.
Promettre est un, et tenir est un autre^
Sans y penser j'ai vingt vers ajustés.
Et la besogne est plus d'à demi faite. Cherchons-en treize encor de tous côtés, Puis ma ballade est eulière et parfaite. Pour faire tant que l'ayez toute nette , Je suis en eau , tant que j'ai l'esprit lourd; Et n'ai rien fait si, par quelque bon tour. Je ne fabrique encore un vers en ôtre; Car vous pourriez me dire à votre tour : Promettre est un , et tenir est un autre.
ENVOI
O vous, l'honneur de ce mortel séjour.
Ce n'est pas d'hui* que ce proverbe court;
< On me donna , pour sujet de la ballade du second terme , rimitatlon du rondeau de Voiture : Ma foi, c'est fait.
C Note de La Fontaine. ) » D'aujourd'hui.
On ne l'a fait de mon temps ni da vdcre Trop bien savez qu'en langage de ooor Promettre est on, et tenir est un' antre.