SUR SON PORTRAIT PEINT PAR SÈVE
Sève\ qui peins l'objet dont mon cœur suit la loi, Son pouvoir sans ton art assez loin peut s'étendre ; Laisse en paix l'univers; ne lui va point apprendre Ce qu'il faut ignorer, si l'on veut être à soi.
Aussi bien manque-t-il ici je ne sais qnoi Que tu ne peux tracer, ni moi te faire entendre : J'en conserve les traits, qui n'ont rien que de tendre; Amour les a formés» plus grand peintre que toi.
Par d'inutiles soins ponr moi ta te surpasses ; Clarice est en mon ame avec toutes set grâces ; Je m'en fais des tableaux où tu n'as point de parL
Pour me faire sans cesse adorer cette belle ,
Il n'étoit pas besoin des efforts de ton art;
Mon cœur, sans ce portrait , se souvient assez d'elle *.
Furctière avdt terminé sa réponae par ceux-ci t
Lenr* pcntioBi feat tort k U glotrs Am roi.
Il leur faut poar rcp«ndr« ■■ tcci* d*iBipBdcBe« ,* Mail loQlilëKuikCBiflBt ili»|iarolt dcvast Mi* Oracle de Th^aii , cmum leur Mleoce.
C'est à ces quatre vers qnc La Fontaine réplique dans les quatre dernier» de son MMinet
* La Fontaine a mis en lAte & mademoiselle C. , quoique ce Mnnet soit ailressé à la femme de CoUetet. parcequ'on ne donnoit aux femmes mariées noo nobles que le titre de mademoiselle.
a GUbert de S<Te. peintre , né & MonHns , mort en IflM. à quatre-vingt-trois ans, a lait quelques tableaux pour les éxHses de Paris et île Versailles. On trouve dans le Cabinet des Muses choisies, 16CS, p. S04 el 310. un madriftal de Claudine Collelet , à St'^T. au Mijet du portrait qu'il aToit (ait d'elle, pour le feUciter sur la n^sM'udilanre ; ensuite est une réponse du peintre. Ces deux pièces sont suivies dn madrigal d'un auonyme sur le iiortrait de mademoiselle Claudine. Voyei notre édilion de 1K23, tome VI, p. ITi.
) <;uillaume CoUeti't avoit époiiié sa serrante, nommée Claudine. 11 comiiosa ponr elle des vers, qu'elle récitoit à table avec asNrz d'agrément, et dont on croyoit qu'elle éloit l'auteur. Beaucoup de lieaux esprits du temps furent dupca de oeUe ruse; lia céiélirtTeut celte nouvelle muse. I^ Fontaine fut au nombre den du|N*s. On doit lire la lettre qui se trouve ci-après, qn'll (k-rlvit à un de wm amU, au sujet de celle mpUUcation dont il avoit êt«' l'olijet . en lui envoy.uit ce Moiinel, les madrigaux . et le<i M:inres ipi'il .ivoil (-•>ni|MiMU Mir Claudine. Voyez, pour pins d'éclairc;HM'mrnlH . \'ni*toire de la vir et des ouvrofjes éê Zn j Fontaine, troisième édition , p. 3» A 43.