I. — POUR MADAME D'HERYARI
SUR L*ÀIB DBS FOUBS D'BSPAGNB. '
On languit, on meurt près de Sylvie :
C'est un sort dont les rois sont jaloux. Si les dieux pouvoient perdre la vie , Dàas vos fers il mourroient oomme nous.
Soupirant pour un si doux martyre, A Vénus ils ne font plus la cour; Et Sylvie accroîtra son empire Des autels de la mère d'Amour.
Le printemps paroît moins jeune qu'elle; D'un beau jour la naissance rit moins : Tous les yeux disent qu'elle est plus ^lle. Tous les cœurs en servent de témoms.
Ses refus sont si remplis de charmes , Que l'on croit recevoir des faveurs :
La douceur est celle de ses armes Qui se rend la plus fatale aux cœurs.
Tous les jours entrent à son service Mille Amours, suivis d'autant d'amants:
Chacun d'eux , content de son supplice , Avec soin lui cache ses tourments.
Sa présence embellit nos bocages'; Leurs ruisseaux sont enflés par mes pleurs Trop heureux d^arroser des ombrages Où ses pas ont fait naître des fleurs.
L'autre jour, assis sur l'herbe tendre , Je chantois son beau nom dans ce^ lieux;
« Dans l'épttre à la princesse de Bavière, ci-dessus, p. 2 il dit de lui :
Je aais jeuoe «Mes pour le rnir Aa-des»iu des premières têtes.
* Madame d'flenrart étoit la femme d*un conseiller a lement , et maître des requêtes ; elle fat la bienfaitrice et de notre poCle. On doit consulter, pour les détails qui 1 cernent , l'Histoire de la vie et des ouvrages dej.deU taine, troisième édition ,1824, in-S». p. 440.
3 Ceci fait présumer que c'est à Bois-le- Vicomte que chanson a été comi)Osée.
ËPITAPHES.
Les Zéphyrs, accourant pour l'entendre , Le portoient aux oreilles des dieux.
Je récris sur Fécorce des arbres; Je voudrois en remplir Tunivers :
Nos bergers l'ont gravé sur des marbres Dans un temple^ au-dessus de mes vers.
C'est ainsi qu'en un bois solitaire Lycidas exprimoit son amour.
Les échos, qui ne sauroient se taire, L'ont redit aux bergers d'alentour.