‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 59 sur 670 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

leknnià ftal mprit de dioee n nouvelle.

Ddilàoetoljetsidoiix:

Vom n'avei çi'à ehoinr; car chaciin est jakmx

De llMMnear d'6tre Yotre époux.

En ee cas je dôme, dit-elle.

Ma voix au plus paissant de tous.

Soiefly s'écria lors le bramin à genoux,

Cest toi qui seras notre gendre.

fUm, dit-il, ce nuage épais Est plus paissant que moi , puisqu'il cache mes traits ;

Je voos conseille de le prendre.

Hé bien! dit le bramin au nuage volant, E»-tn né pour ma fiUe?— Hélas! non; car le vent Me chasse à son plaisir de contrée en contrée : Je B'entrepre&drai point sur les droits de Borée.

Le bnunfai lâché s'écria :

0 vent, donc, puisque vent y a,

Viens dans les bras de notre belle!

n aooouroit; un mont en chemin l'arrêta.

L'éteuf ' passant à celui-là, n le renvoie, et dit : Taurois une querelle

Avec le rat; et l'oflenser Geseroît être fou, lui qui peut me percer.

An mot de rat, la damoiselle*

Ouvrit l'oreille : il fut l'époux.

' Un rat! on rat : c'est de ces coups

Qu'Amour fait; témoin telle et telle.

Mais ceci soit dit entre nous.

On tient toujours du lieu dont on vient Cette fable houve assez bien ce point; mais , à la voir de près, Qoelque peu de sophisme entre parmi ses traits : Car qod époux n'est point au Soleil préférable £n s'v prenant ainsi? Dirai-je qu'qn géant Est moins fort qu'ime puce? Elle le mord pourtant. Le rat devoit aussi renvoyer, pour bien fiiire,

La belle au chat, le chat au chien,

Le chien au loup. Par le moyen

De cet argument drculaire, pypay jusqu'au Soleil eCd enfin remonté; Le Soleil eût joui de la jeune beauté. Revenons, s'il se peut, à la métempsycose : Le sorcier du bramin fit sans doute une chose Qui, loin de la prouver, fût voir sa fausseté. Je prends droit là-dessus contre le bramin même;

Car il Cnit, selon son système, Que rhonune, la souris, le ver, enfin chacun AOle puiser son ame en un trésor commun :

Toutes sont donc de même trempe;

'LabaDe. Oonomnedteii^laballeduJeodeloiisaeiMUiiiie.

* Vil. Dais len ëdilloiit de Didot aîné oo Ut demoisetlê , mais à tort La Fontaine se sert encore du mol damoisette dans la bUe ivii do livre ni ; et ce mot . qui est le féminin de damoiviQ , n'ftt pas le rynonyme d(» demoiselle.

Mais, agissant diversement

Selon l'organe seulement,

L'une s'élève, et l'autre rampe.

D'où vient donc que ce corps si bien organisé

Ne put obliger son hôtesse Des'umrauSoleil? Unrateutsa tendresse. .

Tout débattu, tout bien pesé.

Les âmes des souris et les âmes des belles

Sont très différentes entre elles; Il en faut revenir toujours à son destin, C'est-à-dire à la loi par le ciel établie : Parlez an diable, employez la magie, Vous ne détournerez nul être de sa fin.

FABLE Vin.

Le Fou qui vend la Sagesse.

Jamais auprès des fous ne te meU àfortée : Je ne te puis donner un plus sage conseU.

Il n'est enseignement pareil A celui-là de fuhr une tête éventée.

On en voit souvent dans les cours :

Le prince y prend plaishr *; car ils donnent toujours Quelque trait aux fripons, aux sots, aux ridicules.

Un fol alloit criant par tous les carrefours Qu'il vendmt la sagesse, et les mortt^ls crédules De courir à l'achat; chacun fut diligent.

On essuyoit force grimaces;

Puis on avoit pour son argent, Avec un bon soufflet, un fil long de deux brasses. La plupart s'en fôchoient; mais que leur 8er\'oit-U ? C'étoient les plus moqués : le mieux étoit de rire ,

Ou de s'en aller sans rien dire

Avec son soufflet et son fil.

De chercher du sens à la chose.

On se fût fait siffler ainsi qu'un ignorant.

La raison est-elle garant De ce que fait un fou? le hasard est la cause De tout ce qui se passe en un cerveau blessé. Du fil et du soufflet pourtant embarrassé. Un des dupes un jour alla trouver un sage,

Qui , sans h^ter davantage , Lui dit : Ce sont ici hiéroglyphes tout purs. Les gens bien conseillés , et qui voudront bien faire , Entre eux et les gens fous mettront , pour l'ordinaire , La longueur de ce fil ; sinon je les tiens sûrs

De quelque semblable caresse.

Vous n'êtes point trompé; ce fou vend la sagesse.

'La Fontaine bit id alluiioa à L'Angely. qui. d'alionl au service du prince de Condé . pawa à celai du roi , qui |Nrii goût à 9CS saillies.

FABLE IX

L'Uvitre el Ut Plaideurt.

Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent Une huître, que le flot y venoit d'apporter : Ils l'avalent des yeux, du doigt ils se la montrent; Â l'égard de la dent il fallut contester. L'un se baissoit déjà pour amasser ' la proie; L'autre le pousse, et dit : Il est bon de savoir

Qui de nous en aura la joie.

Celui qui le premier a pu l'apercevoir En sera le gobeur; l'autre le verra (aire.

Si par-là Ton juge l'affaire, Reprit son compagnon , j'ai l'œil bon, Dieu merci.

Je ne l'ai pas mauvais aussi , Dit l'autre; et je l'ai vue avant vous, sur ma vie. Hé bien ! vous l'avez vue; et moi je l'ai sentie.

Pendant tout ce bel incident, Perrin Dandin* arrive : ils le prennent pour juge. Perrin, fort gravement, ouvre rbultre,et la gruge,

Nos deux messieurs le regardant.

Ce repas fait, il dit d'un ton de président : Tenez, la com* vous donne à chacun une écaille Sans dépens; et qu'en paix chacun chez soi s'en aille.

Mettez ce qu'il en coilte à plaider aujourd'hui; Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de fomilles : Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui , Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles >.

FABLE X

Le Loup y et le Chien maigre.

Autrefois Carpillon fretin

Eut beau prêcher, il eut beau dire,

On le mit dans la poêle à frire ^.

Je fis voir que lâcher ce qu'on a dans la main ,

Sous espoir de grosse «Tenture,

Est imprudence tonte pure.

Le pêcheur eut raison ; Caipilkm n'eut pas tort : Chacun dit ce qu'il peut pour défendre sa vie.

Maintenant il faut que j'appuie

' Ramauer, dant on grauid nombre d'éditions t mais aucone des éditions originales ne porte cette leçon. L'Académie françoine , dans la première édition de son dictionnaire , définit de la manière soivante le verbe amasitr : « Relever de terre ce qui « est tombé. Amasser ses gants, amasser un papier, ■ Aujourd'hui le mot propre, dans ces phrases, seroit ramasser, La langue a varié.

> Nom donné par Rabelais à un homme de jusUce. {Pantagruel , III , 39.) Depuis , RacUie , par sa comédie des Plaideurs, et La Fontaine , par ses fables, ont rendu ce nom populaire.

) Eipresslon proverbiale , ponr dire ne leur laisse rien.

4 Voyez la fable m du livre v.

Ce que j'avançai lors ' , de quelque trait encor. Certain loup, aussi sot que le pêdienr fot sage,

Trouvant un chien hors du village, S'en alloit l'emporter. Le diien repréMoU Sa maigreur : Jà' ne plaise à votre seignenrie

De me prendre en eet état-lâ;

Attendez : mon maître marie

Sa fille unique, et vous jugez Qu'étant de noce il faut , malgré moi , que j'engrai

Le loup le croit, le loup le laissé.

Le loup, quelques jours écoulés.

Revient voir si son diien n'est pas meilleur à prau

Mais le drdle éloit au logis.

Il dit an loup par mi treillis :

Ami , je vais sorthr; et , si tu veox attendre ,

Le portier du logis et moi

Nous serons tout-è-1'heûre à toi.

Ce portier du logis étoit un chien énorme^

Expédiant les loups en forme.

Celui-ci s'en douta. Serviteur an portier. Dit-il; et de couru*. Il étoit fort agile;

Mais il n'éloit pas fort habile :

Ce loup ne savoit pa^ encor bien son métier.

FABLE XI

Rien de trop.

Je ne vois point de créatiure

Se comporter modérément.

Il est certain tempérament

Que le maître de la nature Veut qne l'on garde en tout. Le fait-on.' nuilenK Soit en bien , soit en mal , cela n'arrive guère. Le blé, riche présent de hi blonde Cérès, Trop tonffii bien souvent épuise les guérets : En superfluités s'épandant d'ordinaire,

Et poussant trop abondamment.

Il dte à son fruit l'alûnent.

L'arbre n'en foit pas moins : tant le luxe sait ph Pour corriger le Ûé, Dien permit aux moutons De retrancher l'excès des prodigues moissons :

Tout au travers ils se jetèrent,

Gâtèrent tout, et tout broutèrent;

Tant que le ciel permit aux loups D'en croquer queiqnes uns : ils les croquèrentti S'ils ne le firent pas, du moins ils y tâdièrent

Puis le ciel permit aux hunuiins De punir ces derniers : les humams abusèrent

A leur tour des ordres divins.

De tous les animaux, l'homme a le plus de pen

A se porter dedans l'excès.

'Lors, poor alors.

' Déjà, à présent. Vieux langage.

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