LETTRE I
A danurl , ce 2S «Mit 1065.
Vous n'avez jamais voulu lire d'autres voyages que ceux des chevaliers de la Table ronde ; mais le nôtre mérîlc bien que vous le lisiez, il s'y rracontrera pourtant des matières peu convenables à votre goût : c'est à mot de les assaisonner, si je puis, en telle sorte qu'elles vous plaisent ; et c'est à vous de louer en cela mon hitenlion, quand elle ne seroit pas suivie du succès. II pourra même an-iver, si vous goûtez ce récit , que vous en goûterez après de plus sérieux. Vous ne jouez, ni ne travaillez, ni ne vous souciez du ménage ; et , hors le temps que vos bonnes amies vous donnent par charité, il n'y a que les l'omans qui vous divertissent. G'ffil un fonds bien épuisé. Vous avez lu tant de fois les vieux , que vous les savez ; il s'en fait
■ Hnie lléricirt, GIlc de Louia Hiliart, UnitnuDt-crlml- Dd k La FerU-Nllon . el d'Afin(« Petll . épouu Li PoDlaine an Diolide novembre 1647; il» niolni leur contrat de mariage «l daW du <D noiemlire tSt7. Le jitrr: de Uaric HMcart itoII «pouaé ARDi* Petll le t9 mil «62». et «toit mort le 2S norembtelGlt. Marie H«rlrJrtaurvi>cuI treize ani t La Fonlalne , et mourut le B noicmlire ITW. 1 Clilteaii-Thierrr. ifH: de ■oliaiiIF.dli«Fji( aiu aclon son aclR niorlualre. Si celle énondatiun est eiacle , elle icrolt néeen 1631 et avolt (renle-un uu loraqiie La Honlalne lui adn-Molt ca lettrci. Elle n'aumlt CD que i|iiinip aiu Ion de soD niarlafte ,' et ce calcul t'accorde Lien avec une lettre de I j Footaine que Ton U^Mve d'jprCi , laquelle noua antmid qu'en 1636 elle n'aToltpaa CDCon vingt-
peu de nouveaux, et, parmi ce peu, tnt* sont pas bons : ainsi vous demeurera à sec. Considérez, je vous prie , l'utilité qaa vous seroit , si en EÎadinant je vous avoit xmtumée à l'histoire, soit (les lieux, soit detpffsonnes : vous auriei de qu<n vous toute votre vie, ponrvu que ce soit lion de rien retenir, moins encore de rien ait Ce n'est pas une bonne qualité pour une d'être savante, et c'en est une très m d'aflecler de paraître telle.
Nous partîmes donc de Paris le S iha»
rant , après que M. Jannarl eut reçu les end» léances de quantité de personnes de et de ses amis'. H. le lieutenant-crinuMl a usa génércuscihent, libéraleoienl, royaknxa: il ouvrit sa bourse, et nous dit que vions qu'ù puiser. Le reste du voisinage filèi merveilles. Quand il eut été question de férer le quai des Orfèvres , la cour du Nà. et le Palais même , ù Lùnoges , la chose serait pas autrement passée. Eolin ce d'cH chez nous que processions de {|ens abutBi lombes des nues. Avec tout cela je ne jieui point ; ce qui me fait croire que j'acquemi k grande réputation de consiance dans cette 1^ f^ire.
La fantaisie de \-oyager m'étoit entrée^ que temps auparavant dans Tesprit,
I Par mile de» perw'cu (Ions dirigée» axOre Fi nart , ma ami el aon nitHUlut dans la cturge de IHriemenl. tiiteillc' k Limofii^. où b li-miae de: au«l i^téreli'i^iA-. Un valel-de-|iled du ml, noa iieu[, eut ordre d'arnampaKUcrJuuurt Joaqii'i l'unlalne le lulilt dam aun eill. Jaimart avoll ili>ricart. Unte de madame d« La Foataloe, et ceiMH# ivoll tut connolire uolre |>o«le k FaoqueL Voje» Fi de la vie il du omragu dej.da ta F^aloMe n MUiao. (m, lirto, p. 15 el p. 107.
LETTRES A MADAME DE LA FONTAINE
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ise eu des pressentiments de l'ordre du roi. avoit plus de quinze jours que je ne parlois tre chose que d'aller tantôt à Saint-Cloud, ftt à Gharonne , et j*étois honteqx d'avoir vécu sans rien voir. Gela ne me wra plus *ochë, grâce à Dieu. On nous a dit, entre es merveilles, que beaucoup de Limous de la première bourgeoisie portent des )erons de drap rose-sèche sur des cales ' de urs noir. Si je trouve quelqu'un de ces cba- )ns qui couvre une jolie tête , je pourrai amuser en passant et par curiosité seulet.
uoi qu'il en soit, j'ai tout-à-foit bonne opi- I de notre voyage : nous avons déjà fait trois is sans aucun mauvais accident, sinon que ie de M. Jannart s*est rompue ; mais , me nous sommes gens à profiter de tous malheurs ,* nous avons trouvé qu'aussi bien éloit trop longue, et Tembarrassoit. Préement nous sommes à Glamart , au-dessous :eue femeuse montagne où est situé Meu- ; là nous devons nous rafraîchir deux ou » jours. En vérité c'est un plaisir que de iger ; on rencontre toujours quelque chose *emarquable. Vous ce sauriez croire comest excellent le beurre que nous mangeons; )e suis souhaité vingt fois de pareilles va- ;, un pareil herbage, des eaux pareilles , 3 qui s'ensuit, hormis la batteuse, qui est «u vieille. Le jardin de madame G. mérite i d'avoir place dans cette histoire ; il a beau- > d'endroits fort champêtres, et c'est ce j'aime sur toutes choses. Ou vous l'avez vu , ^ous ne l'iavez pas vu ; si vous l'avez vu , cnez-vous de ces deux terrasses que le pars a en foce et à la main gauche, et des rangs liénes et de châtaigniers qui les bordent : le trompe bien si cela n'est beau. Souvenez- ; aussi de ce bois qui parott en l'enfoncet, avec la noirceur d'une forêt âgée de dix es : les arbres n'en sont pas si vieux, à la
Id la déflniUoo qiil ett donnée da mot eaie dans la prot édition du Dictiimnat$^ de C Académie françoUe, in-folio, t L p. 8S X fl U 4^fie une esptee de bonnet et ;nifliire de tète pour lei femmes de fort baaw oonditiooi U tdire auMi les femmes mêmes qoi portent cette sorte de net. // n'y avMt que des eales , toutes les cale* éloient • On ne trouTe plos ce mol . sons ancnne de ees deux dattons, dans la cinquième et dernière éditioQ du Dictioode l'Académie ftmçolse.
vérité; mais toujours peuvent-ils passer pour les plus anciens du village, et je ne crois pas qu'il y en ait de plus vénérables sur la terre. Les deux allées qui sont à droite et à gauche me plaisent encore ; elles ont cela de particulier, (|ue ce qui les borne est ce qui les foit parottre plus belles. Celle de la droite a tout-â-foit la mine d'un jeu de paume; elle est à présent bordée d'un amphithéâtre de gazon , et a le fond relevé de huit ou dix marches : il y a de l'apparence que c'est l'endroit où les divinités du lieu reçoivent Thommage qui leur est dû.
Si le diea Pan , oo le Faaoe , Prince des bois , ce dit-on , Se Ait jamais faire un trône , C'en sera lÀ le patron.
Deux châtaigniers dont l'omlinge Est majestoeax et frais , Le ooiiYrent de leur feoillage , Ainsi que d'un riche dais.
' Jo ne vois rien qui l'égale , Ni qui me charme à mon gré , Comme un gaiou qui s'étale Le long de chaque degré.
J'aime cent fois mieux cette herbe Que les précieux tapis Sur qui rOrient superlie Voit ses empereurs assis.
Béantes simples et difines, Vous contentiex nos aïeux Avant qu'on tirit des mines ^qui nous frappe les yeux.
De quoi sert tant de dépense ?
Les grands ont beau s'en fanter :
Vive la magnificence Qui ne coûte qu'à planter!
Nonobstant ces moralités, j'ai conseillé à madame G. de foire bâtir une maison proportionnée en quelque manière à la beauté de son jardin, et de se ruiner pour cela. Nous partirons (le chez elle demain 26, et nous irons prendre au Bourg-la-Rcine la commodité du carrosse de Poitiers, qui y passe tous les dimanches. Là se doit trouver un valet-de-pied du roi 9 qui a ordre de nous accompagner jusqu'à Limoges. Je vous écrirai ce qui nous arrivera en chemin, et ce qui me semblera digne d'être observé. Cependant faites bien mes recomman-
GM
ŒUVRES DIVERSES
dations à notre marnwt ■ , el dites-lui que peutêtre j'amènerai de ce pays-ltk quelque beau petit chaperon ■ pour le faire jouer et pour lui tmir ooinpagnie.