AU MEME
Ghaûry (CbâtGau-lliierry) , ce 29 février 1656. 3I0NSIEUR MON ONCLE,
J'ai reçu vos deux lettres , la première à Reims , la seconde de Jeanne Braver , et vous remercie de la (;race (|ue vous nous faîtes à mon père et à moi. Il prendra 4,500 liv. sur Tarifent qu'on vous portera'; le reste de ce qu*il doit en piincipal, qui est environ 500 liv. et un peu moins d*une année d'arrérai^i's, il vous le fera tenir par la première commodité, qui sera, comme je crois, devant la quinzaine. J^œris à ma sœur, qui a aussi dessein de rembourser sa part, de vous entretenir la-dessus. Vous vous ferez subroger en la place de celui a qui on doit , ou bien mon père remboursera et vous fera une nouvelle constitution comme vous le jugerez a propos, \\o\xt le moins de frais et le plus de sûreté pour vous et pour nous. Celui «pii a acheté le bien de Chùtillon vous |>ortera 5,000 écus la première semaine de carême. Je pourvoirai aux moyens de vous faire tenir le reste; et cependant je demeurerai , après avoir fait mes très humbles baisemains à mademoiselle Jannart*,
MONSIEUii MOM ONCLE,
Votre trt'ft liiiiublc et très nbéLMoiit serviteur ctucveu, l)K LA FOXTAIMC.
P. S. J'ai écrit au sieur CasttJ de vous aller trouver et vous supplier d*acconinioder notre I alïaii*e. 3Ia belle-mère lui doit six cent vin(;t livres. Il ne faut premièrement point qu'il parle des frais; et, quant au principal, je hii donnerai volontiers 100 fr. Il S(M'a tout heureux de les prendre : car il aura de la peine assez à se faire [)ayer; et ma belle mère nfa dit qu'il ne lui en étoit pas tant dû légitimement.
J*ai compté depuis peu avec .U. Bellenger^ de quelques dettes de ma belle-mère ; inï^is je n'ai pas jugé qu'il soit de la bienséance de lui
> On voit parlk que Jannirt accepta les profioaitJont qui lui étaient tiltefl par La Fuiilaiiie , et prêta ton argent comme celni • d le «iMlniiL
• Marie llértcui , fenune de Joiuiart . et tante dr madame Ur La Fontaine.
> Antoine Joue, dit /< ektvaiUr de Brusay, avoit qioijM* une Bdlenger.
iiSi
parler de 12 écus d'argent dont j*ai compté avec vous , et que vous nie baillùtes pour les affaires de M. de Bressay. J'en donnai 4 à M. Yabeil, et en rendis 8 ù M. de Bressay*. Ainsi c*est à moi qu'on les doit : vous leur en ferez , s'il vous plait , souvenir; autrement je les perdrojs. Ce n'est pas que je les redemande, c'est seulement afin que la mémoire n'en soit pas abolie : je ne sais si c'est au bcau-pèrc ou au gendre d'acquitter cela. Les écus d'argent valaient lors là sous.
Si je n'avois peur de donner atteinte à la neutralité que vous avez promise , je vous écrirois un mot en faveur de M. de La Haye % quand ce ne seroit que pour apprendre à Messieurs du présidial ce que c'est qu' Aléa judiàorwn; et que M. le lieutenant , qui veut faire passer ses raisons pour des démonstrations mathématiques, n'est pas du tout si savant qu'Archimède. Je suis son serviteur ; mais j'incline pour le prévôt aussi bien que tous les honnêtes gens de Château-Thierry^
ŒUVRES DIVERSES
la dernière. J'essaierai de mériter celte bouse volonté par mes services, étant,
MONSIEUR MON ONCLE , CtC.