‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 82 sur 670 · A MADAME HARVEY · texte numérisé non relu

A MADAME HARVEY

ur est chez vous compagnon du bon sens ; qualités trop longues à déduire, sse d'ame , un talent pour conduire affiiires et les gens ,

ur franche et libre, et le don d'être amie Hter même et les temps orageux , iiéritoit un éloge pompeux :

té moins selon votre génie ; voos déplaît, Téloge vous ennuie, lit celui-ci court et simple. Je veox dre encore un mot ou deux renr de votre patrie :

ez. Les Anglois pensent profondément; ; , en cela , suit leur tempérament ; ans les sujets, et forts d'expériences, t par-tout l'empire des sciences, oml ceci pour vous faire ma cour :

à pénétrer, l'emportent sur les autres; les chiens de leur séjour leilleur nez que n'ont les nôtres.

Is sont plus fins ; je m'en vais le prouver I d'eux , qui , pour se sauver, usage un stratagème pratiqué , des mieux imagiliés.

, réduit en un péril extrême,

mis à bout par ces chiens au l)on nez ,

[)rès d'un patibulaire '.

lemplaira des Ouvrages de prose et de poésie lueroix et de La Fontaine »ie hrouve k la suite do . 44 ) une note maouscrite . en écriture du temps • < Cette fable fat dite contre le «icur al>bé Du espèce de fou i^leux, qui s'élolt mis sur le pied à la cour les ecclésiastiques . et même les évéqocs , ircheréque de Reims fit bien châtier. » Montaigu, veuve du chevalier Harvey. mort à e au service de Charles II. Madame Harvey eut part aux divers changements de ministère qui us le règne de ce roi . et elle contribua fortement igleterre la duchesse de Mazarin , dont elle étoit e. Bn 16S3 madame Harvey vint k Paris, et La souvent occasion de la voir chei msiord Monre, ambassadeur auprès de la cour de France, ey mourut en 1702. La Fontaine a tot^ours écrit trvay; mais il parolt, d'après l'éditeur de Saintné c'est à tort.

s près d'une potence.

Là, des animaux nTiasants, Blaireaux, renards, hiboux, race encline à mal ftdre. Pour l'exemple pendua , instmisoient les passanU. Leur confrère , aux abois , entre oes morts s'arrange. Je crois voh* Annibal, qoi, pressé des Romains, Met leur chef eo défont , on lenr donne le change , Et sait, en vieux renard, s'échapper de leurs mains.

Les defe de meute ' , parvenues A l'endroit où pour mort le traître se pendit , Remplirent l'air de cris : leur maHre les xùm^i , Bien gOe de leurs abois ils perçassent les unes. Il .9pjat soupçonner ce tour assez plaisant Qniiiilii terrier, dit-il , a sauvé mon galant; Mes âiiens n'appellent point au-delà des colonnes*

Où sont tant d'bonnétes personnes.

Il y viendra , le drôle! Il y vint, à son dam.

YoUà maint basset dabaudant; Voilà notre renard au charnier se guhidant. Maître pendu croyoit qu'il en Iroit de même Que le jour qu'il tendit de semblables panneaux ; Mais le pauvret, ce coup , y laissa ses houseaux '. Tant 11 est vrai qu'il faut changer de stratagème ! Le chasseur, pour trouver sa propre si^reté , N'auroit pas cependant un tel tour inventé ; Non point par peu d'esprit : est-il quelqu'un qui nie Que tout Anglois n'en ait bonne provision?

Mais le peu d'amour pour la vie

Leur nuit en mainte occasion.

Je reviens à vous, non pour dire

D'autres traits sur votre sujet;

Tout long éloge est un projet

Peu favorable pour ma lyre :

Peu de nos chants, peu de nos vers.

Par un encens flatteur amusent l'univers , Et se font écouter des nations étranges*.

Votre prince < voos dit un jour

Qu'il aimoit mieux un trait d'amour

' Terme de Ténerie . pour désigner les chiens qui relèrent de défaut les autres ckiens accontumés à les sulTre.

* Des fourches fatHmlaires où les animaux étoient pendus.

> Expression proverbiale . pour dire qu'il 7 mourut. Les htmseaux étoient des espèces de bottines ou des brodequins qui se fermoient arec des boucles et des coorroics. m parotl que c'étoit une chaussure particulière aux Parisiens dans le treizième sièdet car Jean de Meung, décrifant de quelle manière Pygmalkm habiUa sa statue, dit I

PTest put de hotiaus «utrcoéc.

Car el n*e»t pat de Paru n^.

Boman d» la Rote, t. 3i5i , cdit. i8i4*

4 Pour dire les nations étrangères. Le mot étrange ëloit en usage, dans ce sens, au temps de Wcot, qui traduit dans son dictionnaire nations étranges par geis$9s exterœ. Corneille a aussi employé celte expicssiofi ; ma» elle éloit tléjà rieille du temps de La Fontaine.

s Charles II.

Que quatre pages de louanges.

Agréez seulement le don que je tous ftds

Des derniers eilbrts de ma muse.

C'est peu de chose ; elle est confuse

De ces ouvrages imparfsdts.

Cependant ne pourriez-TOOs foire

Que le même honunage pût plaire A celle qui remplit vos climats d'habitants

Tirés de l'Ue de Cythère?

Vous voyez par-là que j'entends Maiarin ' , d^ Amours déesse tutélaire.

FABLE XXIV

Le Soleil et les Grenouilles.

Les filles du limon tiroient du roi des astres

Assistance et protection :

Guerre ni pauvreté, ni semblables désastres', Ne pouvoient approcher de cette nation ; Elle faisoit valoir eu cent lieux son empire. Les reines des étangs, grenouilles veux-je dire , (Car que coûte-t-il d'appeler Les choses par noms honorables ? ) Contre leur bienfaiteur osèrent cabaler.

Et devinrent insupportables.

L'imprudence, l'orgueil , et l'oubli des bienfaits.

Enfants de la bonne fortune.

Firent bientôt crier cette troupe importune : On ne pouvoit dormir en paix.

Si l'on eût cru leur murmure , Elles auroient , par leurs cris , Soulevé grands et petits Contre l'œil de la nature.

Le soleil , à leur dire , alloit tout consumer ; n falloit promptement s'armer.

Et lever des troupes puissantes.

Aussitôt qu'il faisoit un pas.

Ambassades coassantes AUoient dans tous les états :

A les ouïr, tout le monde , Toute la machine ronde Rouloit sur les intérêts De quatre méchants marets*.

* Hortcnae Mandni. docbesse de Mazarin. née à Home en 1646. et morte à Chebey, près de Ix>iidre8. le 2 juillet 1699, étoit la nièce dn cardinal de Mazarin : elle fut mariée en I6GI à Armand-Charles de La Porte , dac de la MeiUeraic , k condition qu'il prendroit le nom et les armes de Mazarin. Voyez l'Histoire de la vie et des ouvrages de Jean de La Fontaine, troisième édition. 1610. in-So. p. 372^79.

» Vit. Dans les trois éditions du recueil du P. Boubonrs , que j'ai tous les yeux . cellede Paris . 1695 . p. 14 . celle de HoUande, même année, p. 18. ocOedeParb. 1701, |>.13.onlfouve marett : et il esiéfident qne ce mot a été écrit ainri par l'auteur IMMir rimer avec intérêts ; car cette orfbographe n'étoit phis

FABLES

Cette plainte téméraire Dure toujours ; et pourtant Grenouilles doivent se taire , Et ne murmurer pas tant :

Car si le soleil se pique , Il le leur fera sentir; La république aquatique Pourroit bien s'en repentir.

FABLE XXV

La Ligue des Rais.

Une souris craignoit un chat Qui dès long-temps la gueltoit au passage. Que faire en cet état? Elle , prudente et sage. Consulte son voisin : c'étoit un maître rat. Dont la rateuse seigneurie S'étoit logée en bonne hôtellerie, Et qui cent fois s'étoit vanté, dit-on. De ne craindre ni chat, ni chatte.

Ni coup de dent, ni coup de patte* Dame souris, lui dit ce fanfaron.

Ma foi ! quoi qne je fasse , Seul , je ne puis chasser le chat qui vous menace Mais assemblons tous les rats d'alentour. Je lui pourrai jouer d'un mauvais tour. La souris fait une humble révérence; Et le rat court en diligence A l'ofGce, qu'on nomme autrement la dépense,

Où maints rats assemblés Faisoient , aux frais de l'hôte, une entière ! Il arrive , les sens troublés , Et tous les poumons essoufflés.

Qu'avez-vous donc? lui dit un de ces rats;patlei. En deux mots, répond-il , ce qui fait mon voyage C'est qu'il faut promptement secourir la souris ; Car Raminagrobis Fait en tous lieux un étrange carnage.

Ce chat, le plus diable des chats.

S'il manque de souris, voudra manger des rats. Chacun dit : Il est vrai. Sus I sus ! courons aux aimeav Quelques rates ' , dit-on, répandirent des larmes. N'importe, rien n'arrête un si noble projet:

Chacun se met en équipage ; Chacun met dans son sac un morceau de tmaiÊf^ Chacun promet enûn de risquer le paquet. Ils alloient tous comme à la fête , L'esprit content , le cœur joyeux.

Cependant le chat , plus fin qu'eux , Tenoit déjà la souris par la tête.

en usage de soo temps. Dans le Dictionnaire de Furetièie, on trouve marest et nuirais , mais nulle part nuirett. • O mot est forgi^ , et n'f«t point françois.

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