Qui cuist ma vie en un feu qui me gelle
LXXIX. — Éprrions : Les Amours 1553, 1557 (Rouen). — Œuvres, Amours, 1° livre, 1560 à 1572. — Supprimé en 1578. S. 60 par erreur en brave de roïauté | 67-72 en brave royauté
1. Le deuxième quatraïn et les deux tercets sont imités de Pétrarque, s. Benedetto sia ?l giorno. L’antithèse du dernier vers rappelle un passage de la canzone Perche la vita, vers 24 : « Quand à vos ardents rayonsije deviens neige », ou celui-ci du s. DiceselP’anni, vers 4: « Je sensau milieu des flammes, un froid glacial. »
2. C.-à-d.: tu ressembles en beauté. — Ronsard assimile ici Cassandre Salviati à la Cassandre Troyenne fille du roi Priam, comme il l’avait déjà fait dansla première édition des Amours (v. mon tome IV, sonnets IV, XIX, XXIV, XXXIIT, XXXVI, LVIII, LXXIX, XC, CLXXVI). Il le fait encore ci-après dans la chanson D'un gosier machelaurier.
3- Allusion à des faits qui sont racontés par Euripide, Hécube, s66vet suiv.; Ovide, Mét., XIII, 479 et suiv. ; Sénèque, la Troade.
4. C.-à-d. :en science prophétique. Cf. Virgile, En. III, 359 et suiv.
5- Laomédon, qui manqua deux fois à sa parole (v. Homère, 2. XXI, 443 et suiv. ; V, 640 et suiv. ; Valerius Flaccus, Arg., II,450 etsuiv.).
6. Fille de Laomédon, transformée en cigogne par Junon, pour avoir osé se comparer en beauté à la déesse (v. Ovide, Mét., XI,193).
Dans tes murs’, que tu es, pour qui la mort j’endure:
Ni des Grecs outragés l’exercite vainqueur 2 N’emplit tant Ilion de feus, de cris, & d’armes
De soupirs, & de pleurs,que tu combles mon cœur
De brasiers, & de morts, de sanglos & de larmes.
Si je trépasse entre tes bras, Madame 5, [p. 95] Il me suffit, car je ne veus avoir Plus grand honneur, sinon que de me voir En te baisant, dans ton sein rendre l’ame 4.
Celui que Mars horriblement enflamme Aiïlle à la guerre, & manque 5 de pouvoir, Et jeune d’ans, s’ébate à recevoir 8 En sa poitrine une Espaignole lame :