‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaire (volume 2)Chapitre 118 sur 203 · Mon œil ne voit sur ta gaze rangé · texte numérisé non relu

Mon œil ne voit sur ta gaze rangé

1. J'interprète les premiers mots ainsi : Des époux Grecs (marris étant une graphie fautive pour maris),et non pas : Des Grecs afligés, quoique ce dernier sens puisse se soutenir par l'emploi du mot &yVouevot appliqué par Homère aux Achéens (J/. IT, 270) et par ce fait qu’ils marchent au combat « en silence et respirant la fureur » (1. II, 8). A plusieurs reprises Homère plaint les Grecs en tant qu'époux séparés de leurs femmes depuis neuf ans. Au reste dans le passage auquel Ronsard fait allusion, Homère dit seulement qu'Hélène tissait une grande toile de pourpre et y représentait « les Troyens dompteurs de chevaux et Jes Achéens aux tuniques d’airain » (11. IT, 125 et suiv.) — Pour la var. de 1567 il n'y a aucun doute : Ronsard a designé par le mot « maris » le grec Ménélas et le troyen Pâris, qu'Homère nous montre aux prises en un combat singulier, précisément au chant III de l'Iiade.

2. Muret ressent le besoin d'expliquer ce mot: « Gaze est une maniere de toile, de laquelle les Damoiselles usent à faire leurs ouvrages ».

Sinon du noir, sinon de l’orangé,

Tristes témoins de ma longue soufrance.

© fier destin :, son œil ne me defait

Tant seulement, mais tout ce qu’elle fait

Ne me promet qu’une desesperance.

Mon Dieu, que j'aime à baiser les beaus yeus [p.238| De ma maitresse, & à tordre en ma bouche De ses cheveus l’or fin qui s’écarmouche Si gaïement dessus deus petis cieus 2.

C'est, Amour, c’est ce qui lui sied le mieus Que ce bel œil, qui jusqu’au cœur me touche, Et ce beau poil, qui d’un Scythe farouche Prendroit le cœur en ses nous gracieus, Ce beau poil d’or, & ce beau chef encore De leurs beautés font vergoigner l’Aurore,

12-13. 78 son bel œil me desfait, Et tout cela qu’en jouant elle fait | 84-87 lexte primitif

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