Refrain-cadre, à la façon de Catulle, xv1, XXKVI, LVII
3. C’est une parodie rustique de la pièce de Catulle, xzv, De Acme et Septimio. 11 est possible que Ronsard ait voulu parodier en même temps l’ancienne pastorale française, car il y a dans cette folastrie plus d’un souvenir des pastourelles si nombreuses de Robin et de Marion, dont il trouvait un écho dans les Dits de Franc Gontier (v. le recueil des Anciennes poësies françaises par A. de Montaiglon, t. X, p. 198). Mais ce
Robine ayme autant son Jaquet
Qu'un amoureux fait son bouquet.
O amourettes doucelettes,
O doucelettes amourettes,
O couple d'amis bien heureux,
Ensemble aimez & amoureux.
O Robine bien fortunée
De s’estre au bon Jaquet donnée,
O bon Jaquet bien fortuné
De s’estre à Robine donné 1.
Que ny les cottes violettes,
Les ribans, ny les ceinturettes,
Les brasseletz, les chaperons,
Les devanteaux, les mancherons
N’ont eu la puissance d’epoindre
Pour macreaux 2 ensemble les joindre 3.
Maïs les rivages babillars,
L’oisiveté des prez mignars,
Les fonteines argentelettes,
Qui attrainent leurs ondelettes
13. 67-78 Que ny les robes violettes 18. 1617, 1630 par erreur Par macreaux (1623 corr.)
serait sans raillerie, à l'opposé de Villon composant la ballade des Contredits de Franc Gontier. C’est en toute sympathie qu'il a exagéré le réa= lisme de cette pastorale, vu qu’il fut un grand amateur des idylles en plein champ et de l’amour libre, tel qu’on le pratiquait «au bon vieux temps ». Voir ce que j'en ai dit dans mon Ronsard poële lyrique, p. 453 à 455. Ê
Lee huit vers, qui seront repris à la fin de la pièce, développent. un vers-refrain de J. Second, Sylvae, Epithalamium : O felix juvenis,. puella felix.
2. Ce mot se rapporte à l’énumération des cadeaux, qui sont comme. les entremetteurs des amours ordinaires.
3. Pour l'idée de ces six vers, cf. Properce, III, xurr, 33 et suiv. : Felix. agrestum quondam pacata juventus...; Roman de la Rose, vers 9.18oet suiv. (peinture de l’âge d’or) ; CI. Marot, rondeau Lxtr, De l'amour d siécle antique.
DE FOLASTRIES, IV 31
Par un petit trac mousselet
Du creux d’un antre verdelet,
Les grans forestz renouvelées,
Le solitaire des valées
Closes d’éfroy tout alentour,
Furent cause de telle amour r.
En la saison que l’hyver dure,
Tous deux, pour tromper la froidure,
Au pié d’un chene mimanpé,
De main tramblante ont arrangé
Des chenevotes, des fougeres,
Des fueilles de Tramble legeres,
Des buchettes, & des brochars ?,
Et souflant le feu des deux pars
Chaufoient à fesses acropies
Le cler degout de leurs roupies 5.
Apres qu'ilz furent un petit
Desangourdis, un apetit
Se vint ruer dans la poitrine
Et de Jaquet, & de Robine.
Robine tira de son sein
Un gros quignon buret de pain #,