‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaireChapitre 251 sur 359 · DIVISÉE PAR QUATRE POSES · texte numérisé non relu

DIVISÉE PAR QUATRE POSES

ODE xxv

Le cruel amour vainqueur

De ma vie sa sugette,

M'a si bien écrit au cueur

Vostre nom de sa sagette 3, [99 vo] Que le tens qui peut casser

Le fer & la pierre dure,

ÉDrrioNs. — Quatre premiers livres des Odes (III, xxv) 1550 ; (xvu}

| 1553 ; (xxx) 1555. — Œuvres (Odes, IT, xxxn) 1560; (xXxIT = xxvm)

1567; (HXVIX) 1571, 1573; (XVI) 1578; (xx) 1584; (xx) 1587; 1592-1630.

Blanchemain (t. II, p. 226); Marty-Laveaux (t. I, p. 290).

Titre. 55-60... divisée par trois poses | 67-87 La defloration de Lede. (67 par erreur deploration) | B! De la defloration.… d’après l’éd. de 1623.

1. L'en-téte de Bl Premiere pause se se lit dans aucune édition.

1-8. 87 Amour dont le traict vainqueur Fait en mon sang sa-retraite, M'a si bien escrit au cœur Le nom de ma Cassandrette, Que le tombeau mange-chair, Logis de la pourriture, Ne pourra point arracher De mon cœur sa pourtraiture

1. Sur Cassandre, v. ci-dessus Odes, II, v, vit etxxiv; III, XVI, XX et xx1: ci-après, IV, vin, x et xIV; Bocage, 11, ur et 1x. — La composition de cette ode est vraisemblablement antérieure au mariage de Cassandre, qui eut lieu en novembre 1546 : après cet événement, le récit que le poète Jui fait de la défloration de Léda aurait perdu tout son à propos (v: Ronsard p. lyr., p. 43-44).

2. Ronsard a emprunté cette division en poses à quelques-uns des plus longs psaumes de CI. Marot, tels qu'ils se présentaient à lui dans les premières éditions (v. Ronsard p. lyr.; p. 390, n: 2).

3. Souvenir de Pétrarque, son. v, Quando io movo à sospiri.…, premier quatrain. Ronsard a souvent dit qu'il portait le nom de Cassandre dans son cœur. Voir la note suivante.

68 ODÉS SRE

: Ne le sçauroit effacer Û Qu’en moi vivant il ne dure t.

Mon luc qui des bois oiants

S x0 0. Souloit alleger les peines 2, | De mes yeus tant larmoiants € Ne tarist point les fontaines,

Et le souleil ne peut voir

Soit quand le jour il apporte, :

15 Ou quand il se couche au soir ne: Une autre douleur plus forte 3.

Mais vostre cueur obstiné, Et moins pitoiable encore Que l’Ocëéan mutiné

20 Qui lave la rive more, Ne prend mon service à gré,

9-10. 87 Mon Luth qui aux bois oyans Souloit raconter mes peines

ï 11. 55-87 Las! de mes yeus larmoiants .

13-15. 55-87 Et le soleil | 87 Ou quand il le cache au soir 20. 55-87 Qui baigne la rive more (et More)

1. Cf. lesonnet de 1553, Mille vraiment, fin; ; épitre.de se Je veu ç mon cher Paschal, vers la fin : « ...jamais le tans ‘vainqueur Dés amours, n'oustera ce beau nom de mon cœur » : ; l'élégie de 1569 4 Cassandre:

L'absence, ny l'obly, ny la course du jour

N’ont effacé le nom, les graces, ny l'amour Qu’au cœur je m’imprimay des ma jeunesse tendre, Fait nouveau serviteur de toy, belle Cassandre.

É 2. Cf. Horace, Carm. I, xu1, 7-12. Ronsard a parlé ailleurs de «lo reille oyante » dela forêt de Gastine (ci-dessus Odes, IT, xxm);\et des « chesnes aureillés » (Jsles fortunées, 1553), traduisant l'expression hora-. tienne « auritas quercus ». Cf. ci-après, p. 166, vers 27-30.

3. Bien que Pétrarque ait souvent exprimé les mêmes plaintes, Ron sard se souvient ici plutôt de Virgile peignant la douleur d'Orphée, Géorg. IV, 463-465 et 506-509. :

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