LIVRE IV, ODE XIII
Tes beaus tresors [de]sur la branche, Et qui decouvres au soleil
$ Le vermeil De ta beauté naïve & franche.
D'assés loin tu vois redoublé - Dans le blé Ta joue de cinabre teinte, 10 Dans le blé qu’on voit rejouir [124 vol De jouir De ton image en son verd peinte.
Et moi en sentant ton odeur, Plein d’ardeur 15 Je façonne un vers, dont la grace Maugré les tristes seurs vivra 1.
Et suivra Le long vol des ailes d'Horacez.
3. 50, 92 Les beaus (corr. aux errata de So) | $o-73, 92, PR 1609-
1630, Bl, ML sur la branche (vers faux; je conjecture desur) 4. 50-73, 92, PR 1609-1630 virg. après soleil (BI, ML corr.) “A 6. 55-73 De ta couleur vivement franche 9. 55-73 Ta face de (71-73 du) vermillon teinte 13. $5-73 Pres de toi sentant ton odeur 15. SO-$3 virgule après grace (éd. suiu. corr.) so 16. 55-73 Maugré mile siecles vivra
1. C.-à-d. Maloré les Parques; /riste a ici le sens iatin de funeste. 2. Souvenir d'Horace, Carm. II, xx, début, qui revient dans une pièce du Bocage (ci-après, À son relour de Gascongne, 47-48). — Toute la strophe semble une réponse à Cl. Marot, qui avait jeté ce défi aux lyriques profanes dans la préface de ses Psaumes (x54x) : Pas ne faut donc qu'aupres de luy Horace Se mette en jeu, s’il ne veut perdre grace:
Car par sus luy vole nostre poëte (David) Comme feroit l'aigle sur l’alouëtte.
Ronsara eut de bonne heure l'ambition de rivaliser avec Marot dans la