‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaireChapitre 337 sur 359 · PR 1623, BI, ML suppriment la virg. apres negligent · texte numérisé non relu

PR 1623, BI, ML suppriment la virg. apres negligent

1. G. d'Auvergne n’a suivi qu'imparfaitement le conse:l de Ronsard: il n’a laissé aucun recueil de vers. On ne connaît de lui que sa traduction en prose du Prince de Machiavel, publiée à Poitiers en avril 1553 (voir l’ode précédente, note 1). Toutefois Ronsard lui adressa en 1560 une nouvelle ode, qui débute ainsi : Gaspar, qui loin de.Pegase, As les filles de Parnase Conduites en ta maison .. (Bl. II, 233).

Qu’à la fin ne vienne inutil, Voire & le champ joignant fut-il Du Nil l’Ægyptien rivage :

Tant soit un cheval de courage, Et coutumier à surmonter,

S’on est long tens sans i monter Il devient rosse, & fort en bride:

Ainsi des Muses l'écrivain,

S’il les delaisse, hélas en vain

Il les invocque apres pour guide.

L’orfevre de tenir n'a honte 4 Les instrumens de son métier, ; Son plaisir sa peine surmonte, | Tellement qu’il feroit grand conte | Estre oisif un jour tout entier : | Ton art le passe d’un cartier, Quoi ? voire du tout ce me semble, Toutefois encre & plume ensemble res Tu crains paresseus à toucher. [r47 ro] D’orenavant écri, compose :

La louange pour peu de chose S’achetté, & qu’est-il rien plus cher 1?

Mainte ville jadis puissante Est ores morte avec son nom, Ensevelie, & languissante,

Et Troie est encor florissante

PME

* 36. So point exclamatif après cher (éd. suiv.corr.)

1. Cf. Pline le Jeune : Tametsi quid homini potest dari majus, quam k gloria, et laus, et æternitas ? (Lettres, III, xxT, fin): F

Et par l'air ton chariot guide Dessus en pompe collocqué 1, É

Que cette feste ne se face Sans t’i trouver Pere joieus, C’est de ton nom la dedicasse Et le jour où lon rit le mieus.

Voi-le ci je le sen venir,

Et mon cueur étonné, ne peut Sa grand divinité tenir,

Tant elle l’agite & l’émeut.

Quels sont ces rochiers où je vois:

Leger d’esprit, quel est ce fleuve, Quels sont ces antres, & ces bois Où seul egaré je me treuve 3 ?

J'enten le bruire des cimbales Et les champs sonner evoué#, J'oi la rage des Bacchanales Et le son du cor enroués.

13. 5o Voi-leci (éd, suiv, corr.) | PR 1623, ML Voy-le-ci $ 22. $o* aux errata eude (qu'on peut lire evôe) | 50° aux errata eu (qu'on peut lire evvoë ou euvoË) | 92, PR 1609-1630, ML evoüé (eh Evo | BI sonner : Evohél (exte de fantaisie; cf. notre fome III, p. 197, #: 1)

. Dans Ovide, le char de Bacchus est attelé tantôt de lynx (Met. se tantôt de tigres (Ars amat. I, So).

: 2. C.-à-d. où je vais (cf. le subjonctif, que je voisé ; ci-dessus te Fe de France, s). Ronsard avait cependant déclaré qu'il substituait la form je va à PHécine forme je voi (ci-dessus, Suravertissement au Lecteur): mais ici le principe a cédé au besoin de la rime.

3. Ces deux strophes viennent d'Horace, Carm. III, XXV, I- -6.

4. Du latin euoe, transcrit lui-même du grec evo, cri de joie des Bac: chantes. Ronsard l'avait trouvé chez les poëtes latins (voir références des. notes suivantes). L'expression « sonner evoë » est même calquée sur cet hémistiche d'Ovide, Mét. IV, 522: Evoe, Bacche, sonat. |

$. Cf. Horace, Carm. II, xi1x, 1 18. Le «cor enroué » me semble Senlis

BOCAGE, VII. 18e 179

Ici le chancellant Silene

Sus un tardif asne monté, [148 r°] Les inconstans Satyres mene

Qui le soustiennent d’un costé:.

Qu'on boute du vin en la tasse

Soumelier, qu'on en verse tant \ Qu'il se répande dans la place,

Qu’on mange, qu’on boive d'autant.

Amoureus, menez vos aimées, Ballez, & dansez sans sejour, Que les torches soient allumées Jusques à la pointe du jour.

Sus, sus, mignons aus confitures Le codignac2 vous semble bon,

26. Le texte de BI Sus un asne tardif est fautif. 37. 92, PR 1609-1630, ML vire. aprés confitures | B, confitures! 38. jo cotignac (corr. aux errala; mais les éd. posthumes ont cotignac)

de Catulle, Epithal. de Pélée et de Thélis, 265 : Multis raucisonos efflabant cornua bombos. Ronsard s’en est encore souvenu daus les Bacchanales de 1549 (publiées en 1552): Et que je danse sans cesse Par ta presse Au son du cor enrouë. — A rapprocher Du Bellay, Vers lyriques, VIT, 1-16 (éd. des Œuvres par Chamard, t. II, p. 29).

1. Cf. Ovide, Mét. IV, 26-27; Ars amat. 1, $4r et suiv. — Même développement dans les Bacchanales de Ronsard, les Dithyrambes de 1553 et son Hymne de Bacchus de 1554, et dan: la pièce susdite de Du Bellay, 17-20. — M. Parturier a cité dans la Rev Ren. de 1905, p. 7, des vers de Politien sur le cortège de Bacchus, où il voit une source directe de ce passage de Ronsard. On pourrait citer aussi J. Lemaire, Ilustr. de Gaule, I, xxvurt, et nombre de poëtes néo-latins, entre autres Pontano, Marulle, Salmon Macrin, M: Ant. Flaminio, souvent imités par Ronsard. Mais les vers d'Horace et d'Ovide lui ont suff ici. Ses Dithyrambes et son Hymne de Bacchus viennent en grande partie de Marulle (v. mon Ronsard p. lyr., p. 735-742). ; s

2. Forme vendômoise pour cofionac (cf. Rabelais, Gargantua, éd. A4

Lefranc,t. I, p. 165, n. 4). Xe

Vous n’avés les dens assés dures Pour faire peur à ce jambon:.

Amis à force de bien boire Repoussez de vous le souci,

Que jamais plus n’en soit memoire :

Là donques, faites tous ainsi.

Hélas que c’est un dous tourment Suivre ce Dieu qui environne = Son chef de vigne & de sérment, [148 w] En lieu de roialle couronne 3. ;

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