‹ Œuvres completes. avec introduction et commentaireChapitre 87 sur 359 · Par sur tous le mieus instruit · texte numérisé non relu

Par sur tous le mieus instruit

noyants, des prophètes, remonte à la plus haute antiquité. Platon Ja développée dans le Phédre et l'Ion, et Ovide l'a résumée dans ces trois vers de l’Ars amat. III, 548-550:

Numen inest illis, Pieridesque favent.

Est deus in nobis, agitante calescimus illo, Sedibus aetheriis spiritus ille venit.

Cf. mon Ronsard poëte lyr., p.339 et suiv. — Hugo a brillimment repris cette idée dans la pièce des Mages (Contemplations, VI, xxnr). Ronsard, I. 10

Lequel en songes la nuit Sans nul travail les enseigne, Et demidieu ne dedaigne

De les aller informant,

Affin que l’homme en dormant Toutes sçiences appreigne :.

Ils connoissent la peinture

De nostre mere, & cela

Qu’ el varie çà & là

En chaq'une creature,

Ores par leur ecriture

Ils sont pescheurs, laboureurs, Maçons, soudars, empereurs, Vrais peintres de la nature.

Celui à qui le ciel donne

Un tel present, il peut bien Dire à tous qu'il a le bien

Qu’à peu d'hommes il ordonne, Et la langue qui doussonne Pour honorer son chanter, Bravement se peut vanter

Qu'elle est des dieus la mignonne5.

Page 1