‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 222 sur 602 · TL · texte numérisé non relu

TL

estoit yure, et tombe souuent en terre. Lors qu'il voit quelque forme,

la tourne de costé. Il ouure sa gueule, et tire la langue qu’on voit liuide et noire, halette, et iette grande quanlé de baue escumeuse , et plusieurs autres humidités decoulent de son nez. Il chemine en crainte, tantost à dextre, tantost à senestre, comme s'il

il court à l'encontre pour l’assaillir, soit que ce soit vne muraille, ou vn arbre , ou quelque animal qu’il rencontre. Les autres chiens le fuyent et le sentent de loing : et s’il s’en trouve quelqu”’vn prés de luy, il le flatte et luy obcït, et tasche à se desrober et fuir de luy , encores qu'il soit plus grand et plus fort. Ilne boit ny mange: il est du tout muet, c’est à dire qu'il n’aboye point : a les oreilles fort pendantes, et la queue retirée entre les cuisses : il regarde de trauers, et plus tristement que de coustume : il mord egalement bestes et gens, tant domestiques et familiers qu’estrangers, et ne connoist aucunement son maistre, ny la maison où il a esté nourri: parce que l'humeur melancholique luy trouble tous les sens. Ce quiaduient pareilleraent aux hommes qui sont vexés de telle humeur melancholique : car ils tuent quelquesfois leurs peres, meres, femmes ou enfans, et souuentesfois eux-mesmes.

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