‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 241 sur 602 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

DE LA MORSVRE DES ARAIGNES ?.

Les araignes ourdissent leur toile de diuerse facon, et y font vn petit trou, dans lequel sont tousiours en embuscade pour attraper et prendre les mousches et mouscherons, desquels eiles se nourrissent. Il y en à de

1 Ici se terminait le chapitre 18 du livre de 1575 ; le paragraphe qui suit est de 1579, et le dernier paragraphe constituait à lui seul le chap. 19 du livre primitif,

2 Ce chapitre est textuellement le même que le 20° chapitre du livre de 157,

plusieurs especes : l’yne est appellée Rhagion, laquelle est ronde et de couleur noire, comme vn grain de raisin dont elle porte le nom : elle a la bouche au milieu du ventre, et les jambes courtes, et fait mesme douleurque le scorpion. Il y en à vne autre espece nommée Loup, pource qu’elle ne chasce seulement aux mousches communes, mais aussi aux abeilles et aux tahons, et generalement à toutes petitesbestioles qu’elle peut attraper en sa toile. La troisiéme espece est appellée Formillon, pource qu’elleressemble à vne grande formis, et est noire, et a le corps marqueté de certaines petites estoiles luisantes, et principalement vers le dos. La quatriéme espece est appellée de Matthiolus Dysderis, et est semblable aux mousches guespes, reste qu'elle n’a nulles ailes, et est de couleur aucunement ronge, laquelle ne vit que d'herbes.

Or les anciens tiennent que leur morsure est fort venimeuse, et que le venin est froid, parce que les accidens qui en prouiennent sont grandes ventosités au ventre et froideur des extremités : et au lieu de leur morsure le malade sent vne stupeur et vne grande refrigeration, et a vne grande horripilation.

Il faut lauer la playe promptement de vinaigre le plus chaud qu’on le pourra endurer, Pareillement faut piler des aulx et oignons et les appliquer dessus : ou bien de la fiente de chéure fricassée en vinaigre. Semblablement est bon qu’on prouoque la sueur, soif par bains, estuues, ou autrement. Et sur tout le theriaque est excellent, tant donné par dedans qu'appliqué par dehors.

LE VINGT-TROISIÉÈME LIVRE

Page 1