CHAPITRE VII
HISTOIRES MEMORABLES DE CERTAINES FEMMES OVI SONT DEGENERÉES EN HOMMES.
Amätus Lusitanus recite qu’il ÿ eut en vp bourg nommé Esgueira, vne fille appelée Marie Pacheca, la-
pour parler plus éxactement , reporté aloré à la fin du chapitre 34 du Ierlivre de l Æha-
‘tomie. On peut lire tout ce passage aux pages
168 et 169 du tome I: de notre édition; il commence par ces mots :.D’abondant au commencement du col de la matrice, etc., au haut de la 2° colonne de la page 168; et toute cette colonne jüsqu’aux mots goutte à goutte représente exactement le passage de l’édition de 173; le reste du paragraphe, jusqu'aux mots : aux operations de chirurgie, représente la fin du passage dans l'édition de 15793et c'est en ee sens qu'il convient de rectifier la première note de là page 169.
Mais pour revenir au texte bien plus éténdu de l'édition de 1575, Paré y citait tout au long le texte de Léon l’Africain, qu’il a jugé à propos de supprimer depuis.
« Entre les deuineurs qui sont à Fez, ville principale de Mauritanie en Afrique, il y à certaines femmes (dit-il liure 3.) qui faisans entendre au peuple qu’elles ont familiarité aux demons, se parfument auec quelques odeurs, feignants l'esprit leur entrer au corps, et par le changement de leur voix donnént à entendre que ce soit l'esprit qui parle par leur gorge : lors on leur laisse en gräride reuerence vni don pour le demon.
Les doctes africains appellent telles femmes Sahacat, qui vaut en latin Fricatrices, parce qu’elles $e frottent l’vne l’autre par plaisir, et veritablement elles sont atteintes de ce meschant vice d’vser charnellement les vhes auec les autres. Parquoy si quelque femme belle les va interroguer, pour payement äu nom de l'esprit, luy demandent les copulations charnelles. Or il sen trouue
quelle estant sus Le temps que les filles commencent à auoir leurs fleurs , aü lieu desdites fleurs luÿ sortit un mémbre viril, lequel estoit caché dedans auparauarit , et ainsi de femelle deuint masle : parquoy elle fut vestue de robbe d’hômme; et son nom de Marie füt changé en Manuel. Iceluy trafiqua long temps és Indes, où ayant acquis grand bruit et grandes richesses, à son retour se rharia : {outesfois cest autheur ne sçait s’il eut enfans : vray est (dit-il) qu'il demeura tousiours sans barbe 1.
quelques vies qui ; ayants pris goust à ce ied, allechées pt le doux pldisir qu’elles en reçoyuëñt , feignent éstre malades, ét enuoyent querir ces diuineresses,; et le plus souuent font faire le message par leur mary mesme: mais pour mieux couurir leur meschanceté, font accroire au mary qu’vn esprit est entré dedans Îe corps de leur femme : la santé de laquelle ayant en recommandation, il faut qu’il luy donhé congé de se pouuoir mettre au rang des diuineresses :
parquoy le bon Jean y consentant, prepare yn somptueux festin à toute ceste venerable bande, à la fin duquel on se met au bal, puis la femme a congé de s’en aller où bon luy semble. Mais il s’en trouue quelques vns, lesquels finement s’dpperceuänts de céste ruse, font sortir l'esprit du corps de leurs fermes à beaux coups de bastonnades. D’autres aussi donnants à entendre aux diuine-
resses qu'ils sont detenus par les esprits, les |
deçoyuent par mesrne moyen qu’elles ont fait leurs femmes : Voyla ce qu’en escrit Leon l'Africain. Asseurant en autre lieu qu’il
a gens en Afrique qui vont par la ville à | Ja mode de nos Chastreux, et font mestier |
‘de couper tellés carüncules, comme auons |
monstré cy deuant aux operations de Chi- |
rurgie. »
On voit aussi par ce texte que la citation
del Arrest de Lean Papon est uné addition !
de 1579.
1 C’est là trente-neuvièéme histoité de la centurie deuxième d’Amatus Lüusitänus. J'ai
Antoine Loqueneux , receueur des tailles pour le roy à sainct Quentin, r’ägueres m'a affirmé: auoir veu vn homme au logis du Cygne à Rheims, l'an soixante , lequel semblablement on auoit estimé estre fille iusques en Paage de quatorze ans : mais se ioüant et folastrant, estant couché auec vne chambriere, ses parties genitales d'homme se vindrent à deuelopper :
le pére et la mere le connoissant éstre tel, luy firent par authorité de l’Eglise changer le nom de Ieanne à lean , et luy furent baillés habillemens d'homme.
Aussi estant à la suite du roy ?, à Vitry le François en Champagne, y vis vn certain personnage à rommé Germain Garnier : aucuns le nommoient Germain Marie , par-ce qu’estant fille estoit appellé Marie : jeune hümme de taille moyenne, trappe, et bien amassé , portant barbe rousse assez espaisse , lequel iusqu’au quinziéme an de son aage auoit esté tenu pour fille, attendu qu’en luy ne se monstroit aucune marque de virilité, et mesme qu’il se tenoit auec les filles en habit de femme. Or ayant atteint l’aage susdit, comme il estoit aux champs, et poursuiuoit assez viué-
rectifié d’après l’auteur le nom du bourg Esjüeira, dont lès imprimeurs de Paré ävaient fait Æsgucina; le nom de Pacheca, qu’ils avaient changé en Pateca ; et enfin le nom de Manuel, devenu sous leurs mains Emmanuel.
1 JV'agueres : Paré écrivait ceci en 1573.
3 L'édition de 1573 porte : Aussi estant derniérement à la suite du Roy, avec celte note fharginale : le Roy à present reghant. Dès 1515} Paré avait mis en marge: Le Roy Charles regnant ; et le mot dernierethent à Ëlé retranché en 1579.
3 Editions de 1975 et 1575 : vn cerlain pasire.
ment ses pourceaux qui alloient dedans vn blé, trouuant vn fossé le voulut affranchir : et l'ayant sauté, à l'instant se viennent à luy deuelopper les genitoires et la verge virile, s'estans rompus les ligamens par lesquels au-parauant estoient tenus clos et enserrés (ce qui ne luy aduint sans douleur ) et s’en retourna larmoyant en la maison de sa mere, disant que ses trippes luy estoient sorties hors du ventre : laquelle fut fort estonnée de ce spectacle. Et ayant assemblé des Medecins et Chirurgiens, pour là dessus auoir aduis, on trouua qu’elle estoit homme , et non plus fille : et tantost apres auoir rapporté à l’Euesque , qui estoit le defunt Cardinal de Lenoncourt, par son autorité et assemblée du peuple, il receut le nom d'homme : et au lieu de Marie (car il estoit ainsi nommé au-parauant) il fut appellé Germain, et luy fut baïillé habit d'homme : et croy que luy et sa mere sont encore viuans.
Pline, liu. 7 ch. 4., dit semblablement qu’vne fille deuint garcon, et fut confiné pour ceste cause en vne isle deserte etinhabitée , par arrest des Aruspices 1. Il me sembl ‘ que ces deuineurs n’auoient occasion de ce faire , pour les raisons cy dessus alleguées : toutesfois ils estimoient que telle monstrueuse chose leur estoit mauuais augure et presage, qui estoit la cause de les chasser et exiler ?,
La raison pourquoy les femmes se peuuent äegenerer en hommes, c’est que les femmes ont autant de caché dedans le corps, que les hommes descouurent dehors : reste seulement -qw’elles n’ont pas tant de chaleur, ny suffisance pour pousser dehors ce