‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 310 sur 602 · Cæparum et alliorum sub cineribus coctorur ana 3. iij · texte numérisé non relu

Cæparum et alliorum sub cineribus coctorur ana 3. iij

Contunde cum fermenti acris3 ,addendo:

Vnguenti basiliconis 3.j.

Theriacæ 3. j.

Mithridatij 3. $.

Axungiæ suitlæ veteris 3. j.

Cantharidum puluerisatarum 5. j.

Stercoris columbini 5. ij.

Le tout soit pislé etmeslé ensemble, et soit fait cataplasme.

Autre.

La vieille presure est fort acre etchaude, et par consequent attractiue , meslée auec vieil leuain, et vn peu de basilicum!.

On en peut faire d’autres semblables, desquels on vsera iusqu’à ce qu'il y aura suffisante attraction, et que la bosse soit fort esleuée en tumeur : mais si on voit que dés le commencement il y eust tres-grande inflammation et douleur extreme, comme il se fait bien souuent, et principalement aux charbons, en tel cas se faut garder d’vser de tels remedes ainsi chauds et attractifs, et de ceux aussi qui sont fort emplastiques et visqueux , lesquels condensent et opilent les pores du cuir , ou resoluent,

1 Cette dernière formule a été ajoutée en 1579. és

PESTE. 429

| cConsument et seichent l’humeur sub-

til qui pourroit estre cause d'aider à la suppuration : pareïillement augmentent la douleur et la fiéure , et attirent trop grande quantité d’humeurs chaudes, dont le venin s'en fait plusgrard et dangereux, rendant la matiere plus rebelle, la tournant plustost à corruption qu'à maturation:

parquoy souuent s'ensuit douleur extreme causant spasme, gangrene, et par consequent la mort subite.

Donc en tel cas tu euiteras tels remedes, et appliqueras de froids et temperés, à fin de diminuer la grande ferueur et ebullition de sang : ce faisant Nature sera aidée, dont la suppuration se fera mieux. Et de telle sorte sont les cataplasmes faits de fueilles de iusquiame el ozeille cuittes sous la braize , aussi la pulte de Galien, et autres que declarerons cy aprés.

On a veu des malades de peste, lesquels on! eu si grande apprehension de la mort, que d’vn grand courage et constance eux mesmes se sont tirés la bosse auec tenailles de mareschal.

Autres l’ont coupée en piusieurs endroits, la cernans tout autour : les autres ont esté si asseurés, qu’eux mesmes se sen: appliqués fers ardens, et se sont bruslés pour donner issue à l'humeur pestiferé : ce que ie n’agprouue. Car la malignité pestilente n’est pas comme la morsure et piqueure des bestes veneneuses , parce que le venin vient du dedans , et non du dehors , comme en la morsure et piqueure des bestes veneneuses. Et telles cruautés si violentes aceroissent plustost la douleur et chaleur de la fiéure , empirent et augmentent la venenosilé : et pour ceste cause abbregent leur vie. Parquoy tu Le contenteras en tel cas de remedes relaxans et ouurans les pores du cuir, el

euacuans par resolution et insensible transpiration vne portion du venin, Et de tels l’en donneray plusieurs bien approuués et promptement parables, comme sont ceux qui s’ensuiuent,.

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