Succi semperuiui, portulacæ acetosæ, s0- Jani ana 3.ij
Aceli 3.)j. Albumina ouorum numero iij.
Olei ros. et nenuph. ana 3.ij. $.
Ces choses soient agitées et appliquées comme dessus.
Et si on voit que la bosse ou charbon fussent fort veneneux et de mau- uaise couleur, auec trop grande multitude de matiere, et qu’il y eustdanger de gangrene et mortlification , il faut faire dessus et aux enuirons plusieurs et profondes scarifications ( si la partie le permet ), à fin d'attirer, et la descharger, et euacuer le venin et la trop grande multitude des humeurs qui suffoquent et esteindent la chaleur naturelle de la partie, à fin que plus facilement puisse auoir air, euitant tousiours les grands vaisseaux, commenerfs, veines etarteres, de peur de spasme et flux de sang, le-
quel en tel cas est difficile à estancher, à cause que le lieu est grandement enflammé, et que les parties voisines sont tant eschauffées de la malice de l'humeur, et aussi pour le desir que Natureauec sa vertu expultrice a de soy descharger : ce qui fait que souuentesfois on ne peut estancher le sang, dont le malade meurt entre les mains du Chirurgien. Ce que atteste auoir veu aduenir plusieurs fois : parquoy tu y prendras garde.
Or tu dois sçauoir que telle euacualion faite du lieu affecté profite à merueilles : car par ce moyen Nature se descharge par le mesme lieu où elle a fait amas du venin pour estre euacué : partant tu laisseras couler la quantité du sang que tu connoistras estre besoin, prenant tousiours indication de la vertu du malade, qui pourra principalement estre conneuë par la force du pouls, et autres indices, qu’auons par cy deuant escrits.
Aussi on fera des fomentalions relaxantes, remollitiues et resolutiues, pour tousiours euaporer el donner issue au venin.
Exemple d'une fomentation remollitiue et resolutiue.
2. Radicis altheæ, liliorum et enulæ campanæ à ib.ij, Seminis lini et fœnugr. ana 3. j.
Seminis fæniculi, anisi ana 3. £.
Foliorum rulx, saluiæ, rorism. an. m. j.
Flor. camom. meliloti ana m. iij.
Bulliant omnia simul : fiat decoctio pro fotu secundum artem.
De ceste decoction on en fomentera la partie assez longuement auec feutres, ou esponges, ou linges en defaut d’esponges.
On pourra aussi prendre vne poulaille, et principalement vne poulle
LE VINGT-QVATRIÈME LIVRE
commune qui ponde , à fin qu’eile ait le cul plus ouuert, ou vne grosse poulle d'Inde : et leur faudra plumer le cul, et mettre dedans deux ou trois grains de sel profondement, à fin que l’acrimonie du sel irritant le boyau culier, le leur tienne tousjours ouuert: et leur tenir le cul dessus la bosse ou charbon ( aprés auoir fait premierement des scarifications superficielles } iusques à ce qu’elles meurent : puis estans mortes, on y en remettra autres au nombre de cinq ou six ou d’auantage, par l’espace de demie heure, si le malade le peut souffrir. leur serrant par foisle bec à fin qu’elles attirent pius viuement le venin. Ceste attraction faite par le cul des poulailles attire plus ledit venin que ne fait la ventouse:
parce qu’on lient qu’elles ont vne contrarieté naturelle contre le venin, comme il se peut prouuer par ce qu’elles mangent et digerent les bestes veneneuses, COMINE CrAPAUX, Viperes, couleuures, aspics et autres serpens, sans qu’elles en recoiuent aucun mal. On peut pareïillement prendre lesdites volailles ou pigeons, ou petits chiens et chats nouuellement nés, fendus tout vifs , et les y appliquer tous chauds, et lors qu’on connoistra qu'ils se refroidiront, on y en remettra d’autres : semblablement poulmons de mouton ou de veau appliqués tout subit estant tirés de la beste: car par ceste chaleur moderée et naturelle de ces bestes, se fait attraclion familiere du venin, et la partie malade est par ce moyen deschargée et fortifiée. Et faut mettre subit ces bestes mortes profondement en terre, ou les brusler,de peur queles chiens et chats ne les mangent, et apportent le venin aux maisons.
Et si on voyoit que la bosse ou
charbon tendissent à vne gangrene, qui est preparation de mortification , alors on doit faire plusieurs scarifications profondes , toutesfois euitant les grands vaisseaux (comme ÿay dit) laissant fluer du sang ainsi que verras estre necessaire, à fin d'alleger la partie : et aprés feras ablution d’eau sallée, vinaigre et eau de vie, auec lesquels dissoudras egyptiac, methridat ou theriaque : car telle ablution a tres-grande vertu de corriger la pourriture gangreneuse, et garder que le sang ne se coagule, et deterger la virulence de l'humeur imbu au lieu infect tendant à pourriture. Et où on connoistra que la gangrene ne voulust obeïr à tels remedes, alors faut venir aux plus forts, qui sont les cauteres actuels ou potentiels, parce qu'aux fortes maladies il faut vser de grands et forts remedes. Et en tel cas les cauteres actuels sont plus excellens que les potentiels, à raison que leur action est plus subite et plus contraire au venin, et laissent meilleure disposition à la partie. Aprés la cauterisation , promptement on scarifiera l’eschare iusques à la chair viue, à fin de faire exhaler quelque vapeur, et donner issueà quelque humeur contenu en la partie. Et ne faut attendre que l’eschare tombe de soymesme , mais on appliquera remedes pour la faire tost tomber, comme cesluy :
2. Mucilaginis altheæ, seminis lini ana. 3 ij. Butyri recentis vel axungiæ porci 3. j.
Vitellos ouorum numero iij.
Incorporentur simul, et fiat linimentum-
Aussi on peut vser de beurre frais, ou sein de porc, huile rosat, auec moyeux d'œufs : puis aprés la cheute de l’eschare, tu vseras de mondificalifs, comme : ed