‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 334 sur 602 · CHAPITRE XILVIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XILVIIL

POVR PROVOOVER LE FLVX DV VENTRE.

Il se fait semblablement vacuation de l’humeur pestilent par le flux de ventre, àsçauoir quand Nature de son propre mouuement, ou par l'aide de medicamens laxatifs, purge ct iette tous les excremens et humeurs contenus au ventre, à sçauoir par flux diarrheïque, lienterique et dysenterique.

Et pour bien discerner vn flux d'auec l’autre, il faut voir les selles du malade : et s’il iette humeurs liquides sinceres , c'est-à-dire, d’vne sorle ou d’espece, comme de pituite seule, cholere ou melancholie, et en grande quantité, sans vlceration aucune des intestins, el douleur grande : tel flux est appellé diarrheïque, c’est-à-dire, humoral.

Flux lienterique est, lors que les intestins ne reliennent point deuëment les viandes : mais deuan{ qu’elles soient bien cuites en l’estomach, elles decoulent crues et telles qu’elles ont esté mangées. Tel flux vient de Ia debilité de la vertu retentiue de l’estomach, pour vne trop grande abondance d'humeurs, ou de la debilité de la concoctrice d’iceluy,pour vne trop grande frigidité.

Flux dysenterique est , lors qu’il y a viceration aux intestins, auec grandes douleurs et tranchées, qui se fait d'vne corruption d’humeurs, principalement d’vne cholere bruslée , laquelle corrode la tunique des intesüns, dont s'ensuit que le sang sort tout pur par le siege.

Or en cesle abominable maladie pestilente, suruient à aucuns grand et excessif flux de ventre, par lequel

Page 1