‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 551 sur 602 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DÉS OISÉAVÉ OVI PARLENT, SVBLENT ET SIFFLENT.

Lés linottés, cocheuis , pies, cornéillés, éhucas, corbeaux, eslournéatüix, pérroquets, et autres sembiablés, parlent et chantent, sifflent et imitént là Voix humaine et celle des âutrés änimaux. Lés papegaux el perroquets sont à loüer sur tous, bout parlér ét prononcer les parolles qu'ils Oÿent, et sont fort ioyeux et ais, prificipalement quand ils ont béii du vin. C’est aussi vn plaisir coiimé ils sé (iénnent du bec, quand |

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ils vetilént monter ou descendre,

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Plutarque raconté qu'il y auoit vn Barbier à Rümeé, léquel auvit en sa boutique vné pie Merueilléusement babillarde, latuelle satis contrainte, mais dé son bon gré parloit, si elle oyoit parler les Hommes, ét contre:

faisoit toutes bestes qu'elle pouuoit ouyr, mesme le son des tambours, flustes, et trompettes, et autres instrumens; et ne delaissoit rien qu’elle ne s’estudiast à contrefaire et imiter.

On a veu des corbeaux parler et.

chanter des chansons comme les hommes,voire mesmes des pséatmes, d’yn assez long trait.

Maerobe raconte céste Hhistuire plaisante d’vn corbeau. Il dit qué quand Auguste Cesar reuint de la guerre contre Mare Anthoine ; entre ceux qui luy venoient faire festé et dire la ioye de sa victoire; il Sen trouua vh qui tenoil vn corbeau, auquel il auoit appris à dire pardlles qui valent autant à dire que si hous disions : Dieu te gard, Cesar; Empereur victorieux. Auguste; estant esmerueillé de ecst oiseau tant seruiable; l’acheta mille pieces d'argent.

Pline et Valere ont escrit, entre les prodiges, qu’on trouue les bœufs et asnes auoir parlé.

Il y a encores beaucoup de choses à escrire de la nature des animaux, qui seroient trop longues à raconter :

mais il suffira d’auoir recité en bref ce que ces grands personnages, com:

me Aristote, Platon, Piularque , Pline ; nous ont laissé par eserit. Et verilablement ie croy que ne sont pas fables, et qu’il n’en soit quelque chose, et qu'ils n’en ayent eu quelque experience ou bon tesmoignage.

Car puis qu’ils ont esté hommes SCauans, et de grande authorité et renom, il ïe nous faut pas estimer qu ils äÿent escrit à l’auenture pour

se faire moquer d'eux, scachans bien que leurs escrits seroient bien examinés par plusieurs hommes de scauoir, qui auront experimenté les choses desquelles ils ont escrit. Parquoy il ne nous faut pas reietter comme fables tout ce que n’auons pas veu, et qui nous est nouueau.

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