ans aprés aduint le semblable
37. ans aprés cecy eile desgorgea et ietta tant de cendres chaudes, que les toits et couuertures des maisons dela ville de Catana, située au pied de ceste montagne, de la pesanteur d’icelles furent ruinées. Elle fit semblablement grand dommage du temps de
effacé en 1585. Après cette histoire Paré poursuivail :
« À ce propos ledict sieur Milot m'a dict auoir leu vne presque semblable histoire, escrite par Iean Philippe Ingrassias, docte Medecin de Sicile, etc. »
Ceci a été également reporté au même chapitre du Livre des Tumeurs, tomelI, p. 353, jusqu’au milieu du premier paragraphe de Ja page 354, après ces mots : Ce qui est conforme à la doctrine de Galien, lequel veut les escrouëlles n’estre autre chose que les glandules scirrheuses et endurcies. Alors l’auteur ajoutait, ce qui lerminait le livre :
« Or qu’il y ayt plusieurs glandules au mesentere , cela a esté demonstré cy dessus en nostre Anatomie. On a veu pareillement des femmes estant decedees auoir Jeur matrice toute squirrheuse et de grosseur de la teste d’vn homme , qu’on eslimoit estre vne molle, ce qui n’estoit pas : aussi on en voit estre la matrice squirrheuse en vne partie seulement, tous lesquels squires sont incurables. »
1 Ce chapitre presque tout entier est dé 1585. 1! ne porte pas de titre; et en définitive il fait directement suite au dernier paragraphe du chapitre précédent.
AV LIVKÉ DES
l'Empereur Caligola, et puis aprés l'an 254 Le premier jour de feurier, ’an 1169. elle abbalit par le feu continuel qui en sortoit, plusieurs rochers, et causa tel tremblement de terre que la grande Eglise de la ville de Catana en fut demolie et abbatue :
etl’'Euesque,auec les Prestres, et gens qui yestoient pour lors, furent assommés et froissés. L’an 1329, le premier iour de juillet, ayant fait nouuelle ouuerture, abbatit et ruina par ses flammes et tremblement de terre qui en aduint, plusieurs Eglises et maisons situées à l’entour de ladite montagne :
elle fit tarir plusieurs fontaines , ietta dans la mer plusieurs bateaux qui estoient à terre, et au mesme instant se fendit encore en trois endroits de telle impetuosité, qu’elle renuersa et ietta en l'air plusieurs rochers, voire aussi des forests et vallées, iettant et vomissant tel feu par ces quatre conduits infernaux, qu'il decouloit de ladite montagne en bas, comme de ruisseaux bruyans, ruinant etabbattant tout ce qu’il rencontroit ou luy faisoit resistance :
tout le pays circonuoisin fut couuert de cendres sortans hors de cesdites gueules ardantes au sommet de la montagne, et beaucoup de gens en furent estouffés : de maniere que lesdites cendres de ceste odeur sulphurée furent transportées du vent (qui souffloit alors du Septentrion)iusques à l'Isle de Maltha, qui est distante de 160. lieuës Ituliques de ceste montagne là. L'an 1444, se demenoit de rechef fort terriblement, en vomissant feux et cailloux. Aprés ce temps là elle cessoit de ietter feux et fumée, tellement qu’on l’estimoit totalement esteinte , et ne deuoir plus brusler.
Mais ce beau temps là (par maniere de dire) estoit bien tost passé, Car
MONSTRES
l'an 1536, le 22. de mars, ellé recommença à vomir force flambes ardantes, qui abbatirent tout ce qu'elles rencontrerent en chemin. L'Eglise de S. Leon, située dedans la forest, tomba par le tremblement de Ia mon- {agne, et incontinent aprés elle fut tellement embrasée du feu, qu’il n’en reste plus rien, sinon vn monceau de pierres bruslées.
Tout cecy estoit vne chose bien horrible. Mais ce n'estoit encore rien au prix de ce quiest aduenu depuis en Pan 1537, le premier iour de may.
Premierement toute l'Isle de Sicile trembla douze iours durant: aprés il fut oùy vn horrible tonnerre, auec vn esclat bruyant, tout ainsi que les grosses artilleries dont plusieurs maisonsse dementirent par toute cesle Isle, Cecy dura enuiron lespare d’onze iours : aprés cela elle se fendit en plusieurs et diuers endroits, desquelles fentes et creuasses sortit telle quantité de flambes de feu, qui descendirent de ladite montagne, qu’en l'espace de quatre iours ruinerent et mirent en cendres tout ce qu’il y auoit à quinze lieués à la ronde, voire aussi plusieurs villages furent entierement brusiés et ruinés. Les habitans de Catana, et plusieursautres, abandonnans leurs villes s’enfuirent aux champs. Vn peu de temps aprés, le trou qui est au sommet de la montagne ietta trois iours consecutifs telle quantité de cendres, que non seulement ceste montagne en fut couuerte, mais qui plus est, elle s’espandit et fut chassée du vent iusques aux extremités de ceste isle, voire outre la mer iusques en Calabre. Certaines nauires voguans en la mer pour aller de Messina à Venize, distant de ceste isle trois cens lieuës ftaliques, ont esté entachées des cendres susdites.
Voicy ce que Facelius en escrit en langue latine de ses histoires tragiques, mais beaucoup plus au long. Il y à enuiron trois ans que les nouuelles vindrent à Anuers que ladite montagne auoit grandement endommagé le pays par ses feux. En cesteisle furentiadis plusieurs villes magnifiques, comme Syracuse, Agrigente etautres:
pour le present Messine, Palerme, y soni les principales.
Marc Paul Venitien au 2. liure des Pays orientaux, chap. 64. dit que la ville de Quinsay est la plus grande ville du monde, et qu’elle a cent milles d'Italie de circuit, où il y a douze mille ponts de pierre, sous lesquels les vaisseaux à masts esleués peuuent passer. Elle est en mer comme Venize.
Il affirme y auoïir seiourné : ce que ay recueilli de l’interprete de Saluste du Bartas, en son quatriéme
iour de la Sepmaine, fueillet cent
soixante six.
Il aduient pareïllement choses admirables és eaux. Car on a veu sortir des abysmes et gouffres de la mer grosses flammes de feu au trauers de l’eau, chose fort monstrueuse, comme si grande quantité d’eau ne suffoquoit le feu ! : en cela Dieu se monstre
1 Ce commencement du paragraphe est textuellement copié du texte de 1579. Mais tout le reste est de rédaction nouyelle; et en 1579, voici comment l’auteur continuait :
« Dauantage les eaux se sont si estrangement et prodigieusement debordees que l'an 1530 la mer se deborda tellement en Hollande et Zelande que toute l’isle cuida estre noyee, et toutes les villes et villages furent rendues navigables par longue espace
APPENDICE AV LIVRE DES MONSTRES
incomprehensible comme en toutes ses œuures. Lucio Maggio en son discours du tremblement de terre, dit qu’on a veu que par vn tremblement de terre , l’eau de la mer s’eschauffa de telle sorte qu'elle fit fondre toute la poix autour des nauires qui estoient pour lors à la rade, iusques à voir les poissons nager sur l’eau quasi tout cuits,etmoururent infinies personnes et bestes par l’extreme chaleur. Pareïllement on a veu en mer calme,en vn moment les nauires abysmer, à raison qu’elles passent sur quelques abysmes, où l’eau est morte êt impuissante de soustenir faix. D’auantage en la mer il y a des rochers de pierre d’aimant, que si les nauires passent trop prés, à cause du fer, sont englouties et perdues au profond de la mer. Somme il se trouue d’estranges et monstrueuses choses en la mer, ce qui est prouué par ce grand Prophete Dauid, qui dit, pseaume 104,
En ceste mer nauires vont errant,
Puis la Baleine, horrible monstreet grand, Y as formé, qui bien à l’aise y noué,
Et à son gré par les ondes se joué.
de temps. Aussi à Rome le Tibre se deborda auec (elle violence qu’il submergea yne grande partie de la ville, tellement qu’en aucunes ruës l'eau surmontoit la hauteur de trente six pieds. Et mesmes çes annees passees, le Rosne se deborda de telle façon, qu'il renuersa vne partie du pont de Lyon et plusieurs maisons de Ja Guillautiere. »
Je ne sais pourquoi ce passage a été retranché en 1585, et je ne l'ai retrouvé dans
aucun autre endroit des œuvres de Paré,