DV SANGLOT ET HOCQVET
Il n'y a pas grande difl'erence entre la nausée et le sanglot, veu que c'est aussi vn efl'ortsaus effet de l'expult rice du venlricule : mais le sanglot est vn mouuement conuulsif, et qui trauaille bien plus le venlricule que ne fait la nausée : d'auanlagepar Icsanglotcthocquetleventriculese resserre en soy-mesme, et lire en bas l'œsophage : au contraire en la nausée le ventricule se relasche et se renuerse, comme pour monter vers l'œsophage.
La cause du hocquet est double, la
DES FIÈVRES
repletion et l'inanition. La repletion, quand il y a vu humeur acre et mordant attaché fixement aux tuniques du ventricule, que la nature tasche de chasser et mettre hors. L'inanition, lors que les tuniques du ventricule toutes desseichées par l'ardeur de la fleure, se retirent et font ce mouucment de conuulsion.
Silehocquelvient de la première cause, il faut premièrement hebeler l'acrimonie de ces humeurs auec iuleps et apozemes rafraichissans , préparés auec décoction de nénuphar, de buglosse, de violettes, de roses, de pourpié, ou auec emulsions faites des quatre semences froides grandes et petites, dîssoudant dedans syrops violât, de nénuphar, de grenade, de agresla, de pourpié et de pauot , faisant cependant des fomentations auec herbes, fleurs et scm.ences de pareille vertu. En second lieu, il faut tascher de vuider ces mauuaises humeurs, ou auec vomitifs, ou auec pur gatifs. Quelquesfois il n'est pas hors de propos, si le hocquet perseuere, d'appliquer vne ventouse sur la région de l'eslomach, ou bien antérieurement, ou postérieurement vers l'onzième, douzième, ou treizième vertèbre. Quant au hocquet qui vient de l'inanition, encore bien qu'il soit incurable, si ne faut-il pas laisser de donner au malade des remèdes humectans, et des alimens de pareille vertu.
Les Oéures malignes et pestilentielles, par les vapeurs putrides qu'elles enuoyent à l'orifice supérieur de l'estomach, apportent aussi le sanglot, auquel pour remèdes conuiennent ceux que nous auons rapportés à la nausée qui vient pareillement des fiéures malignes.
Il y a vne autre espèce de sanglot qui vient de l'inOammation du cerueau,
ou du foye, et ce par le consentement et sympathie qu'il y a entre toutes ces parties par le bénéfice des nerfs : et pour lors il ne faut pas tant auoir esgard à l'eslomach, qu'au cerueau et au foye, leur ordonnant dès remèdes quiseruent à guérir l'inflammation desdites parties.