‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 136 sur 515 · CHAPITRE XVIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIÎ

DV iîOinE DÈS (GOVtÈVX.

Ceux qui sbiit suiets aux goûtes se tiolûeht bien garder de boire trop, lion seuleiueut dé vin , mais aussi de tdut breutjage : car cela fait nager la Viande eh l'estomach, et empesche et éstcint la bhalcur naturelle , à cause aatiaoy la côhcoctiôri est plus difficile : et de là s'cnsuiuent grandes étudlll'S , dont sorit engendrés beau- COitp d'humsurs séreux et subtils, les-

If. Aqutë lii. iiij.

Mellis oplimi q. s.

Builiant ad consumpiionem librœ vnius , bene despumando , adde saluiœ p. fi.

Et où le jiàtiént serôit de température phlegltlaliqué , on y adioustera de la CanéllB, et vn peu de muguette, et Clou dé girofle. Et pour les cholériques, on fera hippocras d'eau en ceste toanieré :

Aquee totilis 135. iltj.

vSaCGhaH ft. 6.

Golehlut {ict mîlHifcam liippocralis sine ebulliliohe, addendo iri fihé cirinâmotni 3: ij.

Et luy seruira aussi grandement à roborer l'estomach: On peut aussi leur faire vser de ptizane , en laquelle en la fin de la cuisson, on mettra vn peu do roses seiches, ou de syrop de grenadesi de peur qu'elle ne soit rendue bilieuse au ventricule: et subit qu'elle sei a tirée hors du feu , la faut laisser reposer , et puis la couler par vne

manclie de drap , ou seruiettc blancb(>. Los phlegmatiques doiucnt pareilleraeiit vser do viandes de bon suc el de bonne digestion : mais faut qu'elles soient chaudes de leur nature , ou altert!es de choses chaudes , pourueu qu'ils n'ayent fiéure ou grande chaletir, à raison do la grande douleur : car alors il se faut garder d'aliraens chauds- Et pour ces causes, la manière de viure sera diuersiflée selon l'aduis du docte médecin , et lûissera-on la propre curation pour subuenir à l'accident. Et aussi il faudra par coniecture artiflcielle changer tous les remèdes , tant ceux qui sont pris par dedans qu'appliqués par dehors , selon que la disposition , le tempérament et les accidens le requerront : et à la fin de table , vseront de chair de coings, parce qu'elle a puissance de défendre que les va^ peurs ne montent de l'estomach au cerueau. Et combien que de sa nature elle estreigne j toutesfois estant prise après le past, elle lasche le ventre , pource qu'en resserrant l'estomach par haut, elle aide à faire bonne digestion, et fait aller à la selle.

L'exercice est fort profitable contre les goûtes , et l'oisiueté est mere d'icelles. Car comme le fer qui est laissé sans estre manié, bien tost se roiiille : aussi nostre corps estant sans s'exercer, se remplit d'humeurs superflus , qui est souuent cause des goûtes. Ce qu'on voit par expérience , qu'entre mille laboureurs, et autres hommes de grand Irauail de corps , il s'en trouue peu de goûteux, Et partant il faut faire exercice au matin i après qu'on aura rendu ses excremens. Et ceux qui sont suietsà auoir la goule aux pieds, exerceront les bras. Car par ce moyen ne se fait seulement resolution et consomption des excremens

Page 1