‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 259 sur 515 · M LÀ · texte numérisé non relu

M LÀ

Aulre attractif.

'2f. Rndicum bismalux et lilioium ana Ib . . Semiiiis Uni, fœiiugixci el sitiapi ana

Theriaca) 3. j.

Ficus pingues numéro x.

Axungia' suillœ quanlum sulTicU.

Fiat calaplasma secunduin artem.

Autre remède plus attractif.

If. Creparum et îiliiorum sub cineiibus coctorum ana g . iij.

Contun»Jecum fermenti aciis§ ,addendo:

Vnguenli basiliconis g.j.

ThcriacîE 3. j.

Milhridaiijg. G.

Axiingiœsuillœveterisg . j.

Canthaiidum pulueri«atarum 3. j.

Slercoris columbini 3. ij.

Le tout soit pisié etmeslé ensemble, elsoit fait cataplasme.

Autre.

La vieille présure est fort acre et chaude, et par conséquent attractiue , mesiée auec vieil leuain, et vn peu de basilicum'.

On en peut faiie d'autres semblables, desquels on vsera iusqu'à ce qu'il y aura suffisante attraction, et que la bosse soit fort esleuée en tumeur : mais si on voit que dés le commencement il y eust très -grande inflammation et douleur extrême, comme il se fait bien souuenl, et principalement aux cbarbons, en tel cas se faut garder d'vser de tels remèdes ainsi chauds et attractifs , et de ceux aussi qui sont fort emplastiques et visqueux, lesquels condensent et opilent les pores du cuir , ou resoluent,

' Celte dernière formule a été ajoutée en 1579,

Î'I.STÈ,

consument et seichent l'humeur subtil qui pourroit eslre cause d'aider à la suppuration : pareilhiment augmentent la douleur et la fiéure , et attirent trop grande quantité d'humeurs chaudes, dont le venin s'en fait plusgraiid et dangereux, rendant la matière plus rebelle, la tournant pluslost à corruption qu'à maturation :

parquoy souuent s'ensuit douleur extrême causant spasme, gangrené, et par conséquent la mort subite.

Donc en tel cas tu euiti^ras tels remèdes, et appliqueras de froids et tempérés , à tin de diminuer la grande ferueur et ebuUition de sang : ce faisant Nature sera aidée, dontlasuppuration se fera mieux. Et de telle sorte sont les cataplasmes faits de fueilles de iusquiame el ozeille cuiltes sous la braize , aussi la pulte de Galien, et autres que déclarerons cy après.

On a veu dos malades de peste, lesquels onl eu si grande appréhension de la mort , que d'vn grand courage et constance eux mesmes se sont tirés la bosse auec tenailles de mareschal.

Autres l'ont coupée en plusieurs endroits, la cernans tout autour : les autres ont esié si asseurés, qu'eux mesmes se son: appliqués fers ardens, et se sont brush's pour donner issue à l'humeur pestiféré : ce que ie n*approuue. Car la malignité pestilente n'est pas comme la morsure et piqueure des bestes vénéneuses , parce que le venin v ent du dedans , et non du deiiors , comme en la morsure et piqueure des bestes vénéneuses. Et telles cruautés si violentes accroissent pluslost la douleur el chaleur de la fiéure, empirent el augnienleiit la venenosilé : et pour cesle cause abbregenl leur vie. Parquoy tu le contenteras en tel cas de remèdes relaxans et ouurans les pores du cuir, et

LE VINGT-QVATRllîJME LIVRE

euacuans par résolution et insensible transpiration vne portion du venin.

Et (le tels t'en donncray plusieurs bien approuués et proni[)tenicnt parabies , comme sont ceux qui s'ensuiuent.

If. Radicum bism.iluiEellilionim anag .-vj. Flonim camoinillae et inclil. ana m. G. Scminis Uni g . .

Foliorum rutee m. d .

Le tout soit boiiilli , puis coulé , et en ceste décoction soit trempé vn feutre, ou vne esponge, et soit faite fomentation assez longuemenl .

Autre remède.

Tf. Micam panis calidi, et asperge aqua theriacee vel aqua vitœ cum lacle vaccino , vel caprillo, et tribus vilellis ouorum.

Le tout soit incorporé et appliqué dessus chaudement auec des estouppes.

Autre.

•}f. Fermenti acrls ex secali § . iiij. Basiliconis § . ij.

Vitellos ouorum numéro iij.

TheriacEE 5. j.

Olei lUiorum §

Le tout soit comme dessus.

meslé et appliqué

Autre.

Tf. Diachylonis communis et basiliconis ana

Oleililiorum § . j. fi.

Soient liqueflés et fondus en semble , et en soit appliqué comme dessus.

Et lors que l'on verra que la bosse sera suppurée (ce quise peut connois-

tre à la veuë et au tact, d'autant que la tumeur est esleuée aucunement en pointe ou pyramide,etle cuir blanchi

et délié, et au sentiment du toucher on trouue renOoure obéissante, aux doigis auec vne inondation mollette, et la boue va de lieu en autre . pareillement les accidens sont grandement diminués, comme douleur pulsatile , et les elancemens, et inflammation ) alors qu'on voit telles choses, il faut faire ouuerlure par lancette , ou par cautères polentiels ou actuels : mais les potentiels sont plus à loiier en tel cas , s'il n'y auoit grande inflammation , parce qu ils attirent le venin du profond à la superficie , et donnent plus ample issue à la matière. Et ne faut attendre que Nature face ouuerture d'elle mesme , de peur que la bouë estant faite, nes'esleue quelque vapeur vénéneuse, qui se communiqueroit par les artères, veines et nerfs au cœur et autres parties nobles. Parquoy l'ouuerture se doit faire par la main du Chirurgien , et non par Nature.

Aucuns commandent faire l'ouuerture deuant que la suppuration soit faite et apparente, disans qu'il la faut ouurir mire le verd et le sec.

Toutesl'ois ie vous puis asseurer, que si l'aposleme n'est assez raaturée , on est cause d'induire grande douleur et inflammation , et accroissement de liéure : qui est souuent cause d'vne gangrené, ou de rendre l'vlcere maîing , ce que i'ay veu aduenir sou-uenlesfois.

La suppuration se fait volontiers i en dix ou douze iours, plus ou moins, , selon qu'elle sera traitée, et l'hu-meur malin g : aussi selon la partie;

Or après l'ouuerture faite , on doit!

encore vser de medicamens suppuratifs et remoUilifs tant qu'il sera be-soin, pour tousiours aider nature à suppurer et amollir, mondiûantf

UE LA

neaiUnioins l'vicere el cauito d'iceluy par onj,nieiis dctorsils, que doclarcions cy après Iraitans des charbons.

Mais si on voyoil que la l)osse ou lununir relournasl au dedans , alors on doit appliquer venlouses auec scariflcalions, et autres remèdes plus forts et attractifs bien acres, voire iusques aux cautères actuels ou potenliels.

Dauanlage, comme i'ay dit, en tel cas il est besoin de faire ouuerture sous la bosse auec vesicaloires , à fin d'euacuer quelque partie du venin pendant que l'escliarre faite par les cautères tombera. Pareillement au tour des bosses et charbons on fera des scarilîcatious, et y sera appliqué plusieurs sangsues, et réitérées par plusieurs fois, à fin d'attirer et vacuer l'humeur conioint à la partie.

Or que telles ouuertures seruenl , mesmes soient nécessaires à descharger la partie du venin qui la moleste, et par conséquent tout le corps, on le voit iournellement par expérience en ceux qui ont la verolle : car ce pendant qu'ils ont quelques vlceres ouuertes, et qu'elles fluent, les panures verollés n'ont point de douleur , ou en ont bien peu : et subit qu'elles sont closes, leur douleur vient et s'augmente , à cause que le virus ve nerlen n'a plus d'issue.

Si on voyoit que la peste ou le charbon fussent malins et enflammés, et de couleur verdoyante ou noire (comme l'on voit principalement en ceux qui sont faits d'humeur melancholique bruslé, qui est le pire humeur de tous, parce qu'il est froid et sec, et par aduslionest fait gros et rebelle aux remèdes, et parlant est difficilement vaincu par Nature) et qu'aussi on vist qu'il y eust grand danger de gangrené et mortification en la partie , alors il faudroit vser de

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medicamons repercussifs autour, et non dessus , ù fin de prohiber que la fluxion no s'augmenlasl par trop, et que la partie ne receust tant d'hunipiirs que la chaleur naturelle fust suffoquée et eslcinte,et que la matière vénéneuse ne remontast au cœur : alors on appliquera autour medicamens repercussifs, lesquels seront renouuellés souuent : et en ce faisant on laisse la propre cure poursuruenir aux accidens.

Exemple de repercussifs.

"if. Pomum granatum acidum : coque in acelo : postea conlunde cum vnguenlo rosato vel populeone rccenter faclo.

Et ce soit appliqué autour du charbon ou bosse , et renouuellé souuent.

Autre.

%. Succi seraperuiui, portulacœ acetosa;, solani ana g . ij.

Aceli g.j.

Albumina ouorum numéro iij.

Olei ros. et nenuph. ana § . ij. 6.

Ces choses soient agitées et appliquées comme dessus.

Et si ou voit que labosse ou charbon fussent fort vénéneux et de mauuaise couleur, auec trop grande multitude de matière, et qu'il y eust danger de gangrené et mortification , il ' faut faire dessus et aux enuirons plusieurs et profondes scarifications (si la partie le permet ) , à fin d'attirer, et la descharger, et euacuer le venin et la trop g-rande multitude des humeurs qui suffoquent et esteindent la chaleur naturelle de la partie, à fin que plus facilement puisse auoir air, euilant tousiours les grands vaisseaux , comme nerfs, veines et artères, de peur de spasme et flux de sang, le-

43îî LE VINGT-QVA'

quel en tel cas est difficile à estan cher, à cause que le lieu est grandement enflammé, et que les parties voisines sont tant escbaulï'ées de la malice de l'bumeur, et aussi pour le désir que Nature auec sa vertu expultrice a de soy descliarger : ce qui fait que souuentesfois on ne pi!Ut eslancber le sang, dont le malade meurt entre les mains du Chirurgien. Ce que l'atteste auoir veu aduenir plusieurs fois : parquoy tu y prendras garde.

Or lu dois sçauoir que telle euacuali(m faite du lieu affecté profite à morucilies : car par ce moyen Nature se descharge par le mesme lieu eù elle a fait amas du venin pour estre euacué : partant tu laisseras couler la quantité du sang que tu connoistras estre besoin , preupnt tousiours indication de la vertu du malade, qui pourra principalement estre couneuë par la force du pouls, et autres indices, qu'auons par cy deuunt escrits.

Aussi on fera des fomenlalions relaxantes, remoUitiues et resolutiues, pour lousiours euaporeret donner issue au venin.

Exemple a'vne fomenlalion rcniollUiue el re^oluiiiie.

"Jf. Radicis allhea; , liliorum el enulœ campaniE a j,

Semiuis Uni el fœnugr. ana § . j.

Seminis fœniciili , aiiisi ana §. C Foliorum ruta-, saluiœ, rorism. an. m. j. Flor. camom. rneliloli ana m. iij.

Bulliant orania simul : fiât decoclio pro fotu secundum artera.

De césie décoction on en fomentera la pai'tie assez h)nguement auec feutres, ou esponges, ou linges en défaut d'esponges.

On pourra aussi prendre vue poulaille, et principalement vne poulie

RIÊME LIVRE,

commune qui ponde , à fin qu'elle ai*^ le cul plus ouuorl, ou vne grosse poulie d'Inde : et leur faudra plumer le cul, et mettre dedans deux ou trois grains de sel profondément , à fin que l'acrimonie du sel irritant le boyau entier, le leur tienne tousiours ouuert: et leur tenir le cul dessus la bosse ou charbon ( après auoir fait premièrement des scarifications superficielles} iusques à ce qu'elles meurent : puis estans mortes , on y en remetlra d'aulies au nombre de cinq ou six ou d'auantage, par l'espace de demie heure , si le malade le peut souffrir, leur serrant par fois le bec à fin qu'elles attirent plus viuement le venin. Cesle attraction faite par le cul des poulailles attire plus ledit venin que ne fait la ventouse :

parce qu'on lient qu'elles ont vne contrariété naturelle contre le venin, comme il se peut prouuer par ce qu'elles mangent et digèrent les bestes vénéneuses, comme crapaux, vipères , couleuures , aspics et autres serpens, sans qu'elles en reçoiuent aucun mal. On peut pareillement prendre lesdites volailles ou pigeons, ou petits chiens el chats nouuellement nés , fendus tout vifs , et les y appliquer tous chauds, el lors qu'on connoistra qu'ils se refroidiront , ou y en remettra d'autres : semblablement poulmons de mouton ou de veau appliqués tout subit estant tirés de la beste: car par cesle chaleur modérée et naturelle de ces bestes, se fait attraction familière du venin, et la partie malade est par ce moyen deschargée et fortifiée. Et faut met- Ire subit ces bestes mortes profondément en terre, ou les brusler,do pour que les chiens el chats ne les mangent, et apportent le venin aux maisons. Et si on voyoit que la bosse ou

DE! LA peste:,

charbon tendissent à vue gangrené, qui est preparalion de niorlificalion , alors on doit faire plusieurs scarilica lions profondes, touteslois euitanlles grands vaisseaux, (comme i'ay dit laissant fluer du sang ainsi quevei ras estre nécessaire, à (in d'alléger la partie : et après feras ablution d'eau sallée, vinaigre et eau de vie, auec lesquels dissoudras egyptiac , methri dat ou theriaque : car telle ablution a tres-grande vertu de corriger la pourriture gangreneuse, et garder que le sang ne se coagule , et deter ger la virulence de l'iiuraeur imbu au lieu infect tendant à pourriture. Et où on connoistra que la gangrené ne voulust obeïr à tels remèdes, alors faut venir aux plus forts , qui sont les cautères actuels ou potentiels, parce qu'aux fortes maladies il faut vser de grands et forts remèdes. Et en tel cas les cautères actuels sont plus excellens que les potentiels, à raison que leur action est plus subite et plus contraire au venin , et laissent meil leure disposition à la partie. Après la cautérisation , promptement on sca rifiera l'eschare iusques à la chair viue, à fin de faire exhaler quelque vapeur, et donner issueà quelque hu meur contenu en la partie. Et ne faut attendre que l'eschare tombe de soymesme , mais on appliquera remèdes pour la faire tost tomber, comme cesluy :

"if. Mucilaginisaltheœ, seminisliniana.g ij. Biityri recenlis vel axungise porci §. j. Vitellos Quorum numéro iij.

1 Incorporentur simul, et flat linimentum'

Aussi on peut vser de beurre frais , ou sein de porc, huile rosat, auec moyeux d'œufs : puis après la cheute

• de l'eschare, tu vseras de mondifica-

! tifs, comme :

^. Suce! plantaginis, clymcni et apij uua

l . iiJ.

IMellis rosali g . iiij.

Tercbeulhina; Vencla' 5 . v.

Far. hoid. 3 iij.

Puluerls alocs 5. ij.

Olei rosali 3 . iiij.

Tlicriacae 5. fi .

Fiat muiidiiicaliuum sccundum arlem.

Autre.

"ifr. Vnguenti ^gyptiaci et basiliconis g . ij. Pulueris mcrcurij 3. û.

Incorporentur simul : fiât vnguentum.

Autre.

"if. Terebenthinœ Venetai g iiij.

Syrupi de rosis siccis et de absinthio ana ana 5. j.

Pulueris aloës , mastiches, myrrhœ, far.

hord. ana 3. j.

Mithridatij 3. fi

Incorporentur simul : fiai medicamenlum.

Ou on vsera d'vn tel , qui est approprié aux vlceres depascentes, putrides , virulentes et gangreneuses.

^. Auripigmenti rubri § . j.

Calcis viuae, aluminis vsti, corticum granalorum ana 5. vj.

Thuris, gallarum ana 7>. iij.

Cer£e et olei quantum sufficit.

Fiat vnguenlum.

Cestuy onguent est fort détersif, et consomme la chair pourrie , et desseiche l'humidité virulente , qui est mere nourrice de pourriture gangreneuse. Pareillement en lieu de cestuy on vsera de l'egyptiac fortifié , lequel aussi corrige la chair pourrie , et consomme celle qui croisl par trop : d'auantage oblond et esleint l'humeur virulent qui est en la parfie , qui cause souucnlesfois tres-grando douleur, et est excellent pardessus lous

LE VINGT-QVATRITÎME LIVRE

autres remèdes pour tel effet : d'autant qu'en sa composition n'entrent huile ny cire, lesquelles cliosos rompent la force et acrimonie des raedicamens acres, qui sont propres à tels vlceres. Ces medicamcns détersifs seront diminués ou augmentés de leur force, selon qu'on verra l'vlcere estre sordide et putride , et selon la nature du tempérament de tout le corps et de la partie.

Et faut tenir Tvlcere ouuert le plus longuement qu'on pourra : car on a veu aucuns desquels la bosse et les charbons, ayans ietté beaucoup de matière, sembloient estre du tout guéris, et bien tost après ils mouroient: et partant on tiendra l'vlcere long temps ouuert, et confortera continuellement le cœur : aussi on donnera au malade par fois quelque petite médecine, à fin de purger et reciiDerleshumeursmauuaises,pour' ries et vénéneuses.

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