‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 29 sur 515 · DE PLVSIEVRS AVTBES CHOSES ES- TR ANGES · texte numérisé non relu

DE PLVSIEVRS AVTBES CHOSES ES- TR ANGES

Alexandre Benedict recite en sa Pratique, auoir veu vne femme nommée Victoire, laquelle auoit perdu toutes ses dents : et estant deuenue chauue, autres dents luy reuinrent toutes en l'aage de quatre vingts ans.

Antonius Beniuenius médecin , au liure 1. chap. 83 , fait mention d'vn nommé lacques le larron , lequel estant décodé, luy fut trouué le cœur tout couuert de poil

Le fils de Bermon , Baille demeurant en la ville de S. Didier, au païs de Vellay , auoit vne loupe sur le sourcil de l'œil dextre, laquelle commenroit desia à l'offusquer et couurir, et parlant voulut que l'en fisse amputation ( ce queie fis il n'y a pas long-temps et trouuay la loupe pleine

1 On peut comparer celte cilalion avec le texte original de Jean de Troyes , que j'ai donné dans mon Introduction, tome i, page cv. C'est à Jean de Troyes que Moi.hlrelel avait emprunté celte anecdote.

2 Cette citation de Bcnivcnius ue daie que de 1585.

LE DIX-NEVFII^ME LIVRE

(le poil, aiiec vne matière mucilagiiiouse : et en huit iours la playe fut totalement consolidée ».

Estienne Tessier, maistre barbier chirurgien demeurant à Orléans, homme de bien, et expérimenté en son art, m'a récité que depuis peu de temps auoit pensé et medicamenté Charles Verignel, sergent demeurant à Orléans, d'vne playe qu'il auoit receuë au jarret, partie dextre, auec incision totale des deux tendons qui fléchissent le jarret : et pour l'habiller luy fit fléchir la iambe , en sorte qu'il cousit les deux tendons bout à bout l'vn de l'autre, et la situa et traita si bien , que la playe fut consolidée sans estre demeuré boiteux :

chose digne d'estre bien notée au ieune chirurgien , à fin que lorsqu'il luy viendra entre ses mains telle chose , il en face le semblable.

Que diray-ie d'auantage ? C'est que i'ay veu plusieurs guaris, ayans des coups d'espées , de flèches, d'harquebuse au trauers du corps : d'autres des playes à la teste, auec déperdition de la substance du cerueau : autres auoir les bras et les iambes emportées de coups de canon , neantmoins receuoir guarison : et d'autres qui n'auoient que des petites playes superficielles, que l'on estimoit n' estre rien , toutesfois mouroient auec grands et cruels accidens. Hippocrates au cinquième des épidémies, dit auoir arraché six ans après vn

1 J'ai rétabli cette observation dans le texte d'après l'édition de 1.573. Elle avait été retranchée dès 1676, et il est diflicile d'en comprendre la raison, à moins que l'auteur ne l'ait efl'acéc par erreur avec une phrase qui suivait concernant les corps étrangers dans les loupes et apoetèmcs, et qu'il voulait trajisporter au livre des Tumeurs, cb. 'i. Voyez la note 1 de la page 39.

fer de floche qui estoit demeuré plus profond de l'aine, et n'en rend autre cause de ceste longue demeure, sinon qu'il estoit demeuré entre les nerfs, veines, et artères sans on blesser vnc seule ». Et pour conclusion ie diray auec Hippocrates (pere et autheur de la médecine) qu'aux maladies il y a quelque chose de diuin, dont l'homme n'en sçauroit donner raison. le ferois icy mention de plusieurs autres choses monstrueuses qui se font aux maladies, n'estoit que ie crains d'estre trop prolixe, et repeter vne chose trop de fois.

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