CHAPITRE m
DIVISION DES MEDICAMENS SIMPLES SELON LEVRS Qt ALITES ET EFFE I S.
Tous cesdits medicamens simples ont vue ou plusieurs des quatre facultés, lesquelles nous déduirons à présent ^
1 L'édilion de 1575 contenait ici un assez long passage supprimé en 1579 :
« Tous cesdils medicamens simples ont quatre facullez qui peuuent opérer et monstrer quelque elTect au corps humain bieiï tempéré. Car s'il y a inlemperaltire au cotps, l'efïecl et le iugemenl d'iceluy seront nuls : comme aux. febricitans , à cause de leur intemperalure chande et seiche , le iugement du goust est depraué : ainsi est-il aux yurongnes à cause de l'humide intemperalure. Et non seulement le iugement du goust se perd par intemperalure, mais aussi les sens de la veuë, ouye, odorat ou flair , et du tact ou toucheinent : coitiine appert en ceux qui pissansaubain sentent leur vrine froide, iaçôit qu'elle soit chaude, à cause de la plus grande ■ a dauanlage eschauffé
chaleur du bain, qu
res du mi, es esiangs ue i iuuu^uau le corps. Les quatre facullez d'iceux sont, et cap de Sete. De telle espèce d'eau [ première , seconde , iroisicme, quaineme..
t)ES iVrÈDICÀMENâ.
Première faculté.
La première laculfé, quî est commune à toutes les autres, et quasi fondement, prouenaiit imincdiaiomcnl dos quatre premières qualités dcselemens, qui sont clialeur, froideur,
humidité , sîccit^ , eèt où simple, ou composée , selon ce qu'vne ou deux de ces qiialre prerriicres qualilés excedoiil (!l surpas>;ent les . iilrcs en la (emperalure du médicament: coiïinie tu petix voir par ccsle table.
Simple
Composée de deiix quallléà iointes, comme
D'eschaUffer, Relroldlr, .
Humeoler, Seiclier.
Eschauffer scicher, Eschauffer humecter.
Refroidir seiclier , Refroidir huniecter;
Humidité
Siccité
Modérée
Immmoderée
■ Modérée
(Eschauffe, Subiilie, Raréfie, ] Digère, f Suppure , Ouure les conduits.
[ Desseiche, \ Enflamriie,
< Brusle ,
i Fdit rhordicatioh , 1 dont s'ensuit:
/Réfrigère , 3 Condense , ( Fait obstruction.
/ Altràcliori , \ Rubriticalioh , < Consomiltioti , / Escharé , V Mortification.
j [ Congelé j
i immodérée et ei- stupéfie, \ trertie (Morliiie.
' Modérée
/ Humecté , \ Lubrifie , \ Addoucit , Glutine.
Immodérée et excessiue
Fait obstruction,
Flatuosité, principalement si l'humidité est fiàtueusè.
iDeàseiche, Raréfie, Atteiluet
IFait coristriction , Co.'ilraclion , Fissures et furfuriiiions.
LK VINGT-CINQVliME LIVRE,
Les effets d'icelles qualités , comme Galien escrit au 5. des Simplex , sont distingués et mis par ordre certain , que nous appelions degrés, à fin de les appliquer aux maladies en certaine mesure et proportion, comme Galien
Clinuds Froids Humides Secs
La Chaleur ' Froideur Humidité Siçcilé
au
commencement
milieu
à la fin
Î premier second troisième quatrième
dit au premier des alimens: car à maladie chaude au second degré conuiennent remèdes froids en pareil degré Et pourtant, tous medicamens simples sont,
du
{ premier
) second i troisième \ quatrième
degrés.
> degré est
obscure et insensible , manifeste et apparente, véhémente ,
tres-immoderée et excessiue.
Comme pour exemple de chaleur distinguée par lesdils degrés : l'eau liede est tempérée : celle qui est vn petit peu plus chaude, est au premier degré : si elle a desia chaleur apparente, au second : si elle a chaleur véhémente . au troisième degré : si elle brusle,elle est chaude au quatrième degré Ainsi peut-on entendre de froideur, humidité, etsiccite. Donc nous déduirons les medicamens simples selon leur degré de chaleur, froideur, humidité et siccité.
Medicamens simples chauds, au degré et ordre Premier.
Absinihium^ , AUhœa ,
Amygdala dulcia , Bela, Brassica , Cliamœrnelum, Ladanum, Semen Uni , Saccharum , EriLum siue orobus,
f^inim nouum : car le vieil, selon qu'il est de plus ou moins d'années, est chaud au 2. ou 3. degré.
1 Immédiatement après Absimhium, l'édition de 1575 ajoutait : Aloe.
Second.
Ammoniacum, Apium, Anemisiu , Ckamœpilys, Crocus,
Fœnum grœcum.
Ficus , Mastiche , Marrubium , Mel, Melissa Dracuncidas. Myrrha , Nux moscala.
Pixarida , comme aussi Pix liquida, qui a semblables facultés, sinon que ceste là est plus propre pour les corps et parties plus robustes : ceste-cy pour les délicates.
Scillu ,
S al,
Sahiia ,
Tlius ,
Aneilium ,
Sarcoculla.
Troisième,
Abrolonum , prœserlim vstum ,
Agnus ,
Anisum,
Asaram,
1 L'èdilion de 1575 portail après Melissa, Dracuncutus.
DÈS
y/miolocliiu , Cliamœilris, Calaminlha, Cinuamomum , Iri.i,
Juniperus, hijxsopus, Origanum, Sagapenum, Jiiaa hortensis, Opopauax, Galbanum , Brtjonia , Ammi i.
Quatrième.
Allium, Cepa *, Euphorbium , Nasiurlion , Pyrethrum, 6'inapi , Tilhymali , Chelidonium minus, Anacardi ,
Jiuta syluestris : comme toutes plantes sauuages que Nature produit d'elle-mesme surpassent en vigueur de mesmes qualités et facultés, celles qui en mesme espèce viennent par art et main d'homme.
Medicamens simples froids, au degré et ordre Premier.
A triplex , Colonea, Uordeum , Maliia^, Pyra, Pruna, Rosa , Viola.
1 Ce troisième degré est celui qui a subi le plus de retranchements en IJ>79; car, aux espèces citées, l'édition de 1575 ajoutait: Awomum , Piper, Sabina, Laurus, Chelidonium maius.
* Apres Cepa, on lisait en 1675 : Costus.
»A ce mot succédaient en 1675 ces deux autres : Milium, Myrtus.
MEDfCAMEÏfS. 5a5
Second.
Acacia , Cuciirbita, Ciiciaiiis,
Mala granata acida : caries grenades qu'on appelle douces ou vineuses, sont tempérées: comme celles qu'on appelle Dulcoacida, quasi comme mesiées de doux et acide, qu'on appelle aigre-doux, sont froides au premier degré, Planiayo, Polygonon , Sumacli ,
Solanum lioriense : car celuy qu'on appelle Somriiferum i, pour ce qu'il rend les hommes insensés, stupides et endormis, est presque aussi froid que le Papauer , de sorte qu'on ne le peut prendre dans le corps sans dommage, ains seulement doit estre appliqué par dehors.
Troisième.
Hyoscyamus , Semperuiutim , Mandragora , Solanum moriiferum
Quatrième.
Cicuta , Opium ,
Le pauot de quelque espèce que ce soit: excepté celuy qu'on appelle corniculatum 3.
Medicamens simples humides, au degré et ordre Premier.
Buglossuni , riula, Malua, Rapum,
> Edition de 1675 : car celuy qu'on appelle Maniacum. J'ajouterai que cette liste était alors aussi accrue des noms : Galla, Ptantago , Polygonon , tous effacés dès 1579.
«Jusqu'en 1685, ce troisième degré comportait les quatre espèces suivantes : Hyoscyamus, Poriulaca, Semperuiuum , Mandragora.
3 L'édition de 1675 portait seulement:
Papauer rheas.
Ammoniacum , Lacluca , Cucurbila, Cucumis , Mclones , Por{ulqca 1.
LE VIIïGT-CTÎfQVlîIME LIVRE ,
Second. Cliamœpitys ,
MijriuH , Marrabnm , Milium , Oriyaiium , Bryonia,
Sanguis draconis , Sabina.
Medicamens simples secs, au fleuré et ordre premier,
Brassica, TIms ,
Chamœmelum , iSarcacoUa , Crocus, Fc\ba ,
Fœnum grœcum, Mordeum.
Second.
Artemisia, Balauslia, Orobus, Lens, Mel, Musliche, Sal ,
Aneihum , Myrrha , Pix arida , Plcinlaga, Ifius maschaia^.
Troisième.
Abrotonum vslum , Absiiuhium , Aceium , Aloes , Cuminum, Galla ,
Clielidonium mains,
1 En (575, le premier degré de ces médicaments avait une cinquième espèce, le Suiyriitm ; et le deuxième degré contenait aussi de plus qu'aujourd'liui : Pnma damascena, Vuce malurcc.
2 Cette lisie du second degré avait trois noms de plus en 1675 : Galbanum , Opopanax, Sagapenum.
Quatrième.
Piper 1.
Allium.
lYaslurlium , Sinapi , Euphorbium,
Ces qualités susdites monslrent les effets et opérations tant ja dites, que plusieurs autres ( lesquelles ie délaisse à la Physiologie) par soy-mesme et de leur propre nature , laquelle ils retiennent tousiours en leur vray effect : toutesfois elles ont autres operaliops qui ne sont pas de leur nature , ains sont f^itÇS par accident : par ainsi flous le§i appellop? occidentales, Ce qui sera manifeste par les exemples suiuans.
La chaleur externe rafraîchit les parties intérieures par accident, pource qu'icelle ouure les pores, en sorte qu'en suant , la chaleur issanle auec l'humeur délaisse, destitue et refrt gère les parties internes : et à cause de ce laconcoction est plus itubecille, et l'appelit moindre. Icelle mesme humecte par accident, en fondant pt liquéfiant ce qui auoil esté congelé et arresté par le froid : car ainsi on djt que Venus humecte 2,
Le froid s(\mblablement, non de sa propre nature , mais accidenlale, eschauffe : ce qu'on voit en hyucr par
1 Le poivre, piper, était rangé dans le troisième degré en 1575.
2 Édition de 1575 : Ainsi ditHip. que Venus eschauffe et humecte.
le froid extérieur, qui clost les pores, et empescho l'expiralion et issue de la chaleur naturelle , laquelle retenue et repoussée au dedans, fait bonne çoncocliou : qui est cause que l'appétit est plus grand en Iiyuer qu'en esté. Serablablement ceux qui manient la neige sentent puis après vue chaleur tres-grande, pour la niesme raison. Iceluy froid aussi seiche par accident, en repoussant la matière humide tombant en vne partie. Il desseiche aussi par trop grande congélation et compression de la matière humide, ainsi que nous voyons tous les iours que par l'indeuë application de remèdes repercussifs en matière piluiteuse, crasse et visqueuse, on endurcit l'humeur, et faiton vn scirrhe.
Siccilé et humidité, à cause que sont qualités plus passiues qu'acliues , n'ont pas leurs opérations si manifestes et apparentes que le chaud et froid, ainssont comme matérielles au regard d'icelles.
DES MEDICAMENS.
D'humidité
Amollir Laxcr.
i Condenser, Repousser, i iuii^cui ^ Incrasser, Exaspérer,
Emboucher et faire tmplaslique.
DeSiccité J Endurcir, ( Tendre.
Aiqsi nous appelions médicament attractifs qui a vertu d'attirer: au contraire repercussif, qui peut repousser. Aussi rarefaclif, qui ouure les pores : et au contraire condensÇi' lif, qui les ferrne. Pareillenaent detergçant , ce qui est visqueux : et en^plqstiqne, faisant plus solide ce qui est trop fluxile. Et consequemment les autres remoUilifs , laxatifs ^ tensifs , altenuans^ et autres, desquels parlerons plus amplement cy après, en les déclarant particulièrement auec aucuns de la troisième faculté, de laquelle faut dire à présent.