CHAPITRE X
DES MEDICAMENS ATTRACTIFS.
Médicament attractif ou attirant, contraire au repoussant ou repercussif, que les Grecs appellent helctique, est de chaude et ténue substance ; par laquelle il attire au dehors et à la circonférence ce qui est au dedans du corps bien profond et auant : et ce, ou par vne qualité manifeste , ou par vn don et propriété de nature, ou d'vne qualité accidentale et acrimonie. Medicamens allraclifs de leur propre nature et qualité manifeste sont simples ou composés.
VIKME LIVRE,
Les simples sont :
Racines.
Bryonla, allium, cepa, porrum, arislolochia, hermodaclyli , cyclamen, lilium, sigillum beata; Maria;, arum, asarum, aspliodclus, genliana, pyrelhrum.
fferbes.
Rula, sabina , calamenthum, omnes tilhymalorum species , viscum , abrotonum , anagallis , vtrica , ranunculus , slrulhio , et autres telles plantes acres.
Gommes.
Ammoniacum, bdelllum, galbanum, opopanai, sagapenum, euphorbium, aspbaltum , etc.
Métaux.
Calx viua, cinis è fœce vini vel aceti, sulpbur, sal ammoniacum, et omnes salis species , auripigraentum.
Huiles et graisses.
Oleum velus et multorum annorum , adeps leonis, vrsi.canîs, anseris , viperœ , raiiarum> : axungia porci vetuslate acris, aut attritu rotarum.
Les composés sont :
Huiles.
Oleum de spica, pbilosophorum , de terebenthina, de croco, de scorpionibus, rutaceura , vulpinum, laurinum, anethinura, de vitriolo.
Onguens,
Vnguentum Agrippa;, aragon seu auxiliare, marliatum, enulatum, tberiaca, mithri* dalium.
1 J'ai rétabli ici d'après toutes les édition» du vivant de l'auteur ce mot, rananm , qui manque dans toutes les éditions poslliume*.
DES MEDICAMEWS.
Empîaslres.
Eraplaslrum do mcliloto, diachylon magnum et paruurn , oxycrocciim, diuinum.
Ceux qui attirent (l'vn don de nature et familiarité de substance, sont :
Magnes, argentum viuum, pœonia, succinum, oinnia alexipharmaca, c'est-à-dire qui répugnent aux venins ; et theriaca medicamenta , c'est-à-dire qui contrarient aux morsures des l^estes : et omnia purganlia medicamenla.
Ceux qui attirent par qualité accidentale, attirent ou par putréfaction, ou autrement.
Par putréfaction attirent :
Stercus columbinum , caprinum, vaccinum, humanum , et omnes alia; siercorum species, fermentum, caseus vêtus, çtc.
Ceux qui attirent par autres qualités, sont :
Cucurbitulœ, sanguisugœ, syringa, friclio asperior et durior, suctus, dolor, yincula astricloria, cauleria.
Ces medicamens attractifs ne doiuent ny truster, ny résoudre. Les trop acres faut attremper d'huile rosat , ou par medicamens doux. Les débiles faut renforcer d'huile taurin , chaux-viue, et autres plus forts.
Cesdits attractifs seruent à tirer le venin à la peau : ou s'il y a quelque chose pestiférée et vitieuse au milieu du corps, ils la tirent ailleurs. Ils aident à maturer les abscés critiques.
Ils rendent la vie aux parties tabides et emaciées, et reschauCfent celles qui sont trop réfrigérées. Ils espuisent la sanie vitieuse des mauuais vlceres, et playes des nerfs. Ils esleuent et tirent dehors les esquilles d'os, doux, espines , sagettes. Ils ^ euacuent les
restes des phlegmons endurcis. Ils suruienncnt aux morsures, tant des bestes que des hommes.