CHAPITRE XII
DES SVPPVRATIFS.
Médicament suppuratif est celuy qui par sa consistence emplaslique fermant les pores, et empeschant la transpiration, augmente la chaleur naturelle en substance ou quantité, et non en qualité : en raison de quoy ladite chaleur fortifiée conuertit et transmue le sang, et autres matières superflues , en bouë et sanie. Il est de nature chaude et humide, semblable et proportionnée à la température et chaleur naturelle de la partie où il est appliqué : de consistence emplastique, à fin de retenir la chaleur naturelle , de peur qu'elle ne s'exhale ou dissipe. Et par ceste consistence emplastique, il est différent des medicamens emoUiens ou malactiques , desquels cy après nous parlerons: car s'ils estoient emplastiques , ils pourroient suppurer. Or il y a deux sortes de suppuratifs : les vns sont suppuratifs de leur propre nature, les autres par accident. Ceux qui suppurent de leur propre nature , sont simples ou composés.
Les simples sont :
lîacines.
Radii liliorum, allium , cepa , bismalua, buglossum, malua; omnes.
Herbes.
Bismalua; , maluae folia et semina , branca vrsina, senecio, viols, buglossum, p9< rietaria , crocus, caules.
LE VINGT-CINQVIEME tlVRE
Fruits.
Ficus et passulaî inundala; , carumquc dococlum.
Farines.
Varina tritici, farina volalilis, farina hordei cxcorlicali, lolij , seminis Uni cl fœnugraici.
Gommes.
Galbanum, ammoniacura, styrax pinguis, ladanum, viscum aucupatorium , thus, pix, cera, résina, colla.
Graisses.
Adeps suillus, vitulinus, vaccinus, caprinus, bulyrum, vitellus oui, œsypushumida.
Fientes.
Slercus suillum, columbinum, caprinum, pueri.
Les composés sont :
Huiles,
Oleum niiorum, lumbricorum, de croco, etc.
Onguens.
Ynguentum basilicon.
JEmplastres.
Emplastrum diachylon commune, magnum, et de mucilaginibus.
Les suppuratifs par accident, sont tous ceux qui ont vneconsistenceemplastique , comme bien souuent l'on voit que les medicamens repercussifs, à raison de leur substance crasse, suppurent : tel estvnguentum de bolo, nutritum , et autres. Aussi ceux' qui par leur réfrigération fermentles pores , comme l'ozeille , laquelle estant appliquée est fort suppuratiue : car retenant la chaleur naturelle au dedans , et aidant icelle à inciser les humeurs , fait promptement suppuration. Bref tous medicamens chauds ayans quelque humidité, s'ils sont
ils ne
mesiés auec des emplastiques , suppurent : moyennant qu'ils soient trop résolutifs et détersifs.
Nous vsons des suppuratifs aux grands phlegmons , lesquels n'auons peu cmpcscher par repercussifs ny résoudre , aussi aux grandes contusions et playes contuses.