CHAPITRE XL
DES SVFFVMIGATIONS ET PARFVMS.
Parfum est vne euaporalion de medicamens humides, visqueux aucunement, et gras. Il y a deux manières de parfums et suffumigations , les vns sont secs, les autres humides : les secs sont faits en deux sortes : les vns sont faits en trochisques, les autres en pilules. La matière d'iceux doit estre grasse et visqueuse , à fin qu'en bruslant elle puisse rendre fumée, comme ladanum , myrrha , masliche , pix , cera, résina , terebenthina, casloreum, siijrax, thus, olibanum, et les autres gommes , lesquelles on peut mesler avec poudres conuenables à nos intentions : car elles seruent de matière à incorporer lesdites poudres en trochisques ou pilules. Aucuns vsent
1 Inierbaslaioires. J'ignore ce que veut dire ce mot; le lalin l'a passé sous silence.
VINGT-CINQVIÉME LIVRE
seulement des poudres sans y adiouster autre matière grasse : mais le parfum d'icelles n'est tant longny de tel effet que quand elles sont raeslées auec gommes, par le moyen desquelles,outre cela, lesing-rediens sont bien mieux incorporés l'vn auec l'autre.
Les poudres peuuent estre mises és parfums d'vne demie once, iusques à vne once et demie , auec sufflsante quantité des gommes , laquelle aucunesfois est de deux onces, plus ou moins: toutesfoislaquantitédu tout est délaissée au iugement du composant.
Parfum desseichant et confortant le cerveau.
'if. Sandaracae , mastiches et rosarum ana 3.j •
Benioini, galangœ ana 3. iij.
Terebenlbina excipiantur, et fiant trochisci, quibus incensis suffumigentur tegumenta capilis.
Autre 'çour les duresses des nerfs.
^. Marcassitœ o.lj.
Bdellij, myrrhae, styracis ana g . j. C Ceiœ flaua3 et lerebenthinae quantum salis sit.
Fiant formulai pro sufl'umigio.
Autre pour les restes de la vérole.
:2f. Cinnabaris 5 . ij.
Styracis et benioini ana 5 . j.
Cum terebenthina fiant trochisci pro sufl'umigio per embotum.
Nous vsons des parfums aux grandes obstructions du cerueau, vlceres des poulmons, à la toux ja vieille, en asthma, douleurs de costés, aux affections delà matrice, et autres affections des parties du corps. On parfume aucunesfois tout le corps, pour la cura lion de la vérole, ctesmouuoir sueurs: aucunesfois vne partie seule
qui a quelque relique de ladite vérole, et tels parfums sontfaitsde cinnabre, qui a grande quantité d'argent vif.
La manière de parfumer est que la fumée soit receuë de l'emboucheure large d'vn entonnoir, qu'ils appellent Embolnm, et expire seulement par le petit souspirail, à On que la fumée ne soit dissipée , et soit seulement assise sur la partie affectée que l'on veut parfumer. Ainsi faut faire à la matrice, et aux oreilles. Aux parfums tant du cerueau que du thorax, faut ouurir la bouche, et prendrela fumée tant auec la bouche que par le nez:
et outre faire tenir au dessus de la teste vn grand voile en forme de paesle, à fin que la fumée plus ramassée en soy face d'auantage d'impression et d'opération.
Les humides sont faits aucunesfois de décoctions d'herbes, souuentesfois d'vn seul médicament simple que l'on fait boiiillir auec huiles ardentes, ou quelques marcassites aussi ardentes, lesquelles on fait esteindre en vinaigre , vin , eau de vie , et autre telle liqueur, à ûn que soit leuée vapeur et fumée humide. Nous vsons de tels parfums aux affections scirrheuses, quand nous voulons astreindre , pénétrer , inciser , desseicher, et résoudre. La manière de l'ordonner est telle.
'2f. Laterem vnum salis crassum aut marcassitam ponderis fb. j.
Incandescat super carbones ignilos , delnde extinguatur in aceto acerrimo, effundendo intérim paucam aquam vitae, fiât sulTumigatio pro parle laborante.
Les parfums faits de décoction d'herbes et autres medicamens. sont peu differens des fomentations humides : car, quant à la composition,
©KS HIEDICAMEWS.
n'y a aucune différence : mais l'applicationdes fomonlationsbumides n'est telle quedessuffuniijjfalions. Parquoy me contenteray de bailler seuienienl vn exemple d'vue suffumigation humide:
Suffumigalion pour l'oreille.
"if.. AbsinthiJ, salaire, rutœ, origani ana p. j- Radicis bryona: et asari ana 5 . C.
Seminis sinapi et cumini ana 3. ij.
Decoquantur in duabus partibus aqua;, et vna vinialbi, prosuffumigio auris cura emboto.
Il y a de telles suffumigations humides vniuerselles et pour tout le corps, que nous appelions estuues seiches, desquelles nous parlerons cy après.