‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 437 sur 515 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

DE l'.\T!TIFICI2 DES ARAIGNÉES.

L'aiaignée fait sa toile d'vn merueilleux artifice , trauersanl maintenant d'vn costé, et maintenant de l'autre, empoignant tout ce qui luy peut seruir pour l'estendre et alta cher. Et encore qu'on rompe et desface souueîit son ouurage, et qu'on la dechasse d'vn costé ou d'autre, ce neantmoins elle n'eslpoint tant craiuliue qu'elle desloge de son logis pour cela ,mais tousiours retourne à sa besongne , de sorte qu'on ne luy en sçauroit tant desfaire et gaster, qu'elle n'en reface et raccoustre, faisant tousiours ouurages nouueaux, et ce d'vn merueilleux artifice : tellement que les tisserans et lingeres, tapissiers et brodeurs, passementiers, pescheurs, veneurs, viennent à l'es cole pour apprendre d'elles à faire leurs ouurages et rets, soit qu'on regarde à la perfection et subtilité du

^ Ce dernier paragraphe a élc ajnrtd en

fil , ou aux nœuds indissolubles de la loile sans filamens, estant comme vue peau déliée et gluante, comme s'il y auoit de la colle. Finalement on ne croiroit iamais qu'elles fussent tant bien enseignées à retirer leurs filets, et le gouuernement de leurs ouurages: telli'ment que s'il y a quelque mousche ou autre proye prise à leurs tilels, la sentent, et tout en vn moment retirent leur loile, et courent sus comme vn chasseur bien expérimenté : ce que si ne le voyions tous les iours deuant nos yeux, on penseroit que ce fust fable.

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