CHAPITRE XIX
LES OTSEAVXONT MOiNSTRÉ AVX HOMMES A CHANTER EN MVSIQVE.
Les rossignols sont chantres fort excellens, feignans à former la voix humaine : ils gringolteut et desgorgent ainsi que peut faire le plus parfait chantre du monde , en sorte qu'on dit par excellence : Il chante , il se degoise , il gringolte comme vn rossignol : et partant quand les hommes veulent rendre vne belle harmonie par leur chant, ne sont-ils pas contiaints de contrefaire leurs voix, et d'emprunter celles des bestes brutes ? Et partant les oiseaux ont bien l'auantage par dessus les hommes :
•Ai fi
, tnme i i de .ui C'>!iiir>grapliiP,
car Nature leur apprend à chanter sans labeur , et ne leur a point fallu tirer les oreilles à l'escole de musique pour leur apprendre leur chant, comme les Chantres les tirent aux enfans, ausquels leur l'ont longues comme celles des asnes. Ils discernent et connoissent leurs voix par certaine connoissahce qu'ils ont.
H semble aussi qu'aucuns animaux parlent : et aussi apparence de rire est veuë en eux , quand en blandissant des oreilles, ils retirent les nazeaux et regardent doucement.
Combien que l'homme parle autre langage que les bestes, toUtesfoiS la voix et le langage qui est donné aux bestes leur sert autant en leur endroit, que celuy qui est donné aux hommes.Car ton tes les bestes d'viie espèce, de quelque pays qu'elles soient, s'entendent l'vne l'autre, ce que nous ne pouuons dire des hommes : car il y a autant de differeni3e de langage entre eux , non seulement qu'il y a de diuerses nations, mais autant qu'il y a de villes et de villages , tellement qu'à peine l'vn peut entendre l'autre , mais semble , quand les hommes de pays estrange se rencontrent l'vn auec l'autre, qu'ils soyent sourds et muets : car ils ne peuuent parler le langage par lequel l'vn entende l'autre. Parquoy autant leur prolite parler comme s'ils esloient muets , et celuy qui l'oit n'enlend non plus que s'il estôit sourd. Or que ce soit vray, combien de fois nous trouuonsnous tous fort estoniiés , qdand nous passons pdr des pays esiranges, A cause que nous ne pouuons pas demander seulement ce qu'il nous faut , ny entendre ce qui nous est dit , non plus que les bestes nous entendent ou que nous les entendons; nous ne uouB pduuonsfierulr nS îles yeux f h,r