XVIII PREFACE
page cccxxx. Or , on fera bien , pour compléter cet article , de recourir aux notes que j'ai placées au commencement de chacun des livres de la collection , et qui exposent avec plus de détail et les sources où Paré a puisé, et les motifs de l'arrangement que j'ai adopté.
Il y avait cependant un travail général à faire sur les auteurs cités dans tout l'ouvrage ; au-devant de chacune de ses grandes éditions , Paré n'avait pas manqué d'en donner la liste , et elle comprenait 176 noms en i585. Ces noms étant jetés au hasard les uns à côté des autres , il n'en ressortait rien pour l'intelligence du lecteur , et j'ai cru qu'on pouvait faire mieux. Laurent Joubert, dans sa traduction de Guy de Chauliac, rechercha et fit rechercher par plusieurs élèves et docteurs de Montpellier toutes les citations alléguées par son auteur , et en dressa une table merveilleusement significative pour ceux qui la savent lire. On voit en effet que pour édifier son œuvre , Guy a eu recours à cent autorités, citées ensemble jusqu'au chiffre de 8,299 fois. Cela suffit cer tes pour démontrer que l'autorité était.alors la base principale de la philosophie chirurgicale ; que si vous voulez savoir quelle était l'autorité dominante , réunissez les citations des anciens, elles s'élèvent à 1117, tandis que celles des Arabes vont à i4o4. Ainsi, malgré la prépondérance de Galien, le plus souvent cité de tous , c'étaient les Arabes qui faisaient loi , et c'est à juste raison que les chirurgiens d'alors étaient nommés arabistes.
Or, ce que Joubert avait fait pour Guy, j'ai voulu l'imiter pour Paré , et je ne m'en suis rapporté qu'à moi seul. J'ai donc parcouru ligne par ligne toute cette vaste collection, notant avec soin chaque auteur cité en témoignage, et le nombre de fois qu'il se trouvait cité. Le résultat donne au total 266 noms d'auteurs et q,i68 citations; démonstration suffisante de l'influence encore puissante de l'autorité , mais qui laisse entrevoir cependant sa décadence prochaine et déjà commencée. De plus , le règne des Arabes et des arabistes est passé; ils n'obtiennent pas tous ensemble
PRÉFACE
200 citations , tandis qu'Hippocrate seul en a près de /|00 et Galien encore davantage. Galien même a perdu de son pouvoir ; si on lui ôte le chiffre juste de loo citations parsemées dans les deux livres des médicaments et des fièvres , qui ne touclient pas à la chirurgie , et plus do i5o pour les livres d'anatomie, parties de l'art à peine touchées par Hippocrate , celui-ci reprend le dessus , et c'est avec Juste raison que la chirurgie de cet âge peut être appelée hippocratique. J'ai supputé séparément pour Hippocrate et Galien les citations du deuxième volume , uniquement consacré à des matières chirurgicales; il y en a qq3 pour le premier, 218 seulement pour le second. Rappelez-vous , pour mieux apprécier encore ce résultat, la masse immense des écrits de Galien ; et enfin , si vous ouvrez le volume au hasard , vous serez frappé de cette circonstance , que Galien est surtout cité pour les définitions et les théories , Hippocrate presque uniquement pour les doctrines d'application.
Pour rendre l'étude de cette table plus facile , j'ai séparé les auteurs en cinq grandes catégories , en suivant généralement les époques auxquelles ils appartiennent. Dans chaque époque j'ai essayé aussi de rapprocher ou par les dates ou d'après le caractère de leurs écrits , les chirurgiens , les médecins , les philosophes , les poètes , mais sans m'attacher à une exactitude qui eût exigé trop de travail pour trop peu de fruit.
pri'face.