‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 84 sur 515 · VRES · texte numérisé non relu

VRES

Or il faut qu'il ail pris ét c\iit quelques viandes dèuaïit qiie d'ehti-er dans ce bain, à lin q«e par la chaleur dudil bain l'aliment ia cuit soît attiré aux pai ties 'et m toute l'habitude du corps : car tl'y etttrér l'estomach vuide et à jeun, il se féroil trop grande dissolution des forcés tiu corps. Lé régime doive qu'il contiiehtlra tenir déliant que 'd'énli-er dedans, tloit eslré tel : q\ié lé iour dfe deuaVit sur le matin on lui donne vii clyslere reraoHient , à fin qtré îtes èx'cï-eméns qui ont coustuttie d'ésive retenus dans les intestins pàr l'intempérie seiche soient eùacués : qu'on le fasse tlisner par après sur les neuf heures , luy donnant viande 'de solide liourritù're :

qu'il souppe sui- les quatre he'iires, mais moins, ét 'de Viandes aisées à cuire : vne heure après niînùict qu'il prenne la décoction d vU poUlet , ou vn orge mondé , ou deux œUfs mollets, dans lesquels on mettra un peu d'eau rose et de Sucre au lîèu de sel : quatre ou ciUq heures après qti'il entre dans le bain , à la façon que dit est. En après au sortir dli bain, qu'on le nettoyé et frotte doucement auec linges mois et déliés : après qu'il soit oinct à la mode ey-déaant descrile :

puis qu'il repose et dorme dans le ïict deux ou trois heures-, si possible est : à son resueil qu'il boiUe de la plisane, et qu'il prenne des potages de facile digestion : à son souper qu'il boiue du vin , et qu'il se Uouriisse de viandes plus solides. Le nîatin qti'on luy donne vn orge mondé , ou autre viande de pareille estoffè : en apTès qu'il r'entre dans le bain à la mode susdite. Ce luy sera chose tres-profi-

l'éditiofl de 1675; 11 est assez singulier qtre le livre des FUiijes de 1679 l'ttit passé BoUs silence.

LE VINGTIEME LIVRE

table qu'il vse ainsi artificiellement du bain de dix en dix ioui s , et ce par l'espace de trois iours continus. Que si le malade est suiet à quelque crudité d'esiomacli, de sorte qu'il ne puisse endurer le bain sans danger et de syncope et d'aulres accidens , il luy conuiendra roborer et fortifier le ventricule auec linimens d'huile de coings, d'absinthe et de mastic, ou bieu luy apposer vne crouste de pain aspergée de poudre de roses , de sandal, et de girofie, et de vin odoriférant, sur la région du ventricule, et par derrière enuiron la treizième vertèbre du dos , où par l'intelligence de l'Anatomie nous entendons respondre la bouche de l'estomach.

Les epithemes luy doiuent estre apposés sur le foye et sur le cœur, à fin de tempérer l'ardeur acre d'icelles parties , et corriger leur siccité par vne humidité raisonnable : c'est pourquoy tels epithemes se préparent auec choses froides et humectantes, mais plus humectantes que froides , d'autant que ce qui est fort froid coupe et ferme passage à l'humidité : à cela sont propres les eaux de buglosse et de vielles iusques à vn quarteron, auec quelques gouttes de vin blanc. Mais ceux qui se font d'orge mondé, de semence de courge, de pompons, ou de concombres, iusques à trois drachmes de chacune en la décoction , en y meslant par forte agitation de l'huile de violles ou d'amendes douces, sont plus excellens que tous les autres. Le moyen d'appliquer ces epithemes , est d e plonger des drapeaux dedans, et les appliquer sur le cœur et sur les hypochondres, les changeant d'heure à autre à mesure qu'ils s'eschaufferont sur la partie.

Qutnl aux ciysteres , d'autant que

pour l'imbécillité de la faculté cohcoctrice , plusieurs excremens s'amassent és corps des hectiques , il sera vlile d'en vser souuent tout le long de la maladie : on les préparera de la décoction d'herbes, fleurs et semences réfrigérantes et humectantes, sans y dissoudre autre médicament que la casse auec le sucre, liuile violât, ou de nénuphar, et autres semblables. Mais au.ssi de tant qu'à la fléure hectique, quand elle est fort aduancée , suruiennent des flux de ventre fort pernicieux, qui sont signes et marques de l'imbécillité de toutes les facultés , et de la coUiquation de toute la substance du corps, il faudra remédier par choses réfrigérantes et adstringentes , par alimens de grosse substance , comme de riz , de pois chiches, appliquant par dehors choses qui adstreignent et roborcnt , donnant en outre à boire au malade eau en laquelle de l'auoine ou de l'orge rosti auront cuit.

Quant au reste, il faudra traiter le febricitant le plus doucement que l'on pourra, le tenant en perpétuel repos , et le faisant le plus dormir qu'il sera possible ^

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