‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 181 sur 482 · CHAPITRE XXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIII

QVELS REMEDES FVREIST APPLIQVÉS A L'VLÇEBB ACCOMPAGISÈ d'APOSTEME^.

Qiiand ie connues l' aposteme se faire, ie fis appliquer vn suppuratif fait de

» La ligure de la cassole et le texte qui s'y rapporte se lisent pour la première fois en 1679. La date de l'invention remonte donc tout au plus aux quelques années précédentes , puisqu'il n'en est point parlé dans l'édition de 1676.

2 Ce titre est jeté comme au hasard, et n'est point consacré à un chapitre particulier dans les éditions complètes; j'ai suivi en cet endroit l'édition de 16G4 , qui en a fait son chapitre IG.

jaunes d'œufs , d'huile commune, et térébenthine, auecvnpeu de farine de fourment, tant que la suppuration fut faite. Quelque temps après, pour mondifier rvlcere , i'ay vsé de tel médicament.

:if. Syrupi rosati , terebenthinae venetœ , ana § . ij.

Pul. radicis ireos Florentinas, aloës, mastiches, far. hord. ana 3. fi .

Incorporentur omnia simul, fiât mundificatiuum.

Et à l'endroit où i'auois coniecturé les os deuoir sortir i'y faisois mettre lentes d'esponges, d'estoupes de lin, pour tenir l'vlcere ouuerte: et dedans le profond de l'vlcere, des poudres catagmatiques auec vn peu d'alum cuit , pour faire sortir les fragmens des os séparés : lesquels mis hors, l'vlcere fut guari et cicatrizé auec alum cuit , qui ayant vertu desiccaliue et astringente, fait que la chair qui est molle et spongieuse et arrousée d'humidité superflue, est rendue ferme et dure : et en fin aide Nature à faire le cuir et la cicatrice.

Or les pièces de l'os, à cause de leur siccité , ne se peuuent reioindre immédiatement ; mais ont besoin de callosité, qui se caille et espaissil à l'entour de leurs bords , qui les attache ensemble comme vne soudure ou ciment , qui se fait de la propre substance de Tos et de sa moelle, et par l'aide des medicamens qui sont emplastiques, et qui eschauffent modérément. Au contraire ceux qui ont puissance de résoudre et de subtilier , diminuent le callus. Partant on vsera

1 Je noterai Ici, comme étude de la langue que ce que retranché, les os deuoir sortir,él&H remplacé dans l'édition primitive de 1564 par cette formule plus française : que les os deuoient sortir.

DES FRA.CTVBES DliS OS.

de ces emplastres suiuantes , desquelles i'ay conneu grands effets pour aider à Nature à la génération du callus^

"if. Olei myrtll. et ros. omphac. ana tt.fi. Rad. alth. ffi. ij.

Ratlicls fraxini et folior. eiusdem, rad.

consol.maioris, et folior. eiusdem, folior.

salicis ana m. J.

Fiat decoctio in suIBcienti quantitate vini

nigri et aquai fabrorum ad mediara con-

sumplionem. Adde in colalura; Pul. myrrhœ et thur. ana § . fi .

Adipis tiirci &. fi.

Terebenlii. lotae § . iiij.

Mastich. 3. iij.

Lilharg. auri et argenti ana g . ij.

Boli armeniœ, et terrœsigil. ana§ . j. fi. Minij 5. vj.

Cerœ albœ quant, sud.

Fiat empl. vt drs docet.

En lieu d'iceluy on peut vser d'mplastrum nigrum, fait en ceste manière :

^. Litharg. aûri a. j.

Olei et aceti ft. ij.

Coquantur simul lento igne, donec nigrUm

et splendens reddatur emplàstrum » et

non adbœreat digilis.

2i. Olei rosa. myrt. ana 5 . ij.

Nue. cupressi, boli armeniae, sang. drac. pulueris. ana § . fi .

Emplast. diachalciteos g. iiij.

Liquéfiant simul , et fiât empla. secundum artem.

' Tout ce paragraphe est remplacé dans l'édition de ibG't par cette phrase :

El pour faire le callus , on vsoîl de cesl emplastre duquel i'auoy plusieurs fois vsà en cas semblables, y irouuant grands et merueilleuxeffecls : pource qu'il ne cause aucune inflammation mj prurit : aussi qu'il deseche et asiruinl médiocrement , comme l'on peut cognoislre par ses ingrédients.

Et en défaut d'iceux , faut vser de sparadrap, dont voicy la composition:

^. Pul. thuris, far. volalilis, mastic, boli armenias, résina; pini, nucum cupressi, rubeaî tinctorum ana § . ij.

Seul arietini, cera; albœ ana 11). fi.

Fiat emplastrum.

Auquel on doit plonger (pendant qu'il est chaud) quelque toile assez Ysée pour s'en seruir comme dessus 1.

» Une partie de ces formules, ou du moins de fort analogues, avaient déjà été proposées en 3545 pour favoriser la consolidation du cal ( voyez ci-après la grande note de la page 343). Mais en 1552, A. Paré avait ajouté un assez long passage sur le même sujet, folio 31 :

« Mais où il n'y aura autre disposition que la seule fracture , fauldra faire des fomentations au septième iour auec eaue tiède . non pour resouldre la matière du callus, mais pour euaporer quelques excrementz fuligineux contenuz soubz le cuir, par le moyen des medicamentz emplastiques au parauant applicquez, et pour attirer la matière dudict callus. D'auantage il faut continuer lesdictes fomentations, iusques à ce que la partie commence à se tuméfier et rougir, et n'ayant plus de paour de resouldre la matière nécessaire à la génération et confirmation dudict callus. Et après ladicte fomentation tu y pourras appli'{uer de l'cmplastrenoir, lequel se faict en la manière qui s'ensuyt : comme le descrit Galien au Premier Hure de la composition des medicamentz en gênerai.

"if. Lithargyri argenti libram vnani.

Olei et aceti ana lib. ij. fi .

Coquantur simul lento igne, donec nigrum et splendens reddatur emplastrum et non adha;renl digitis.

» Cestuy emplastre est grandement loué dudit Galien.

» Aussi Pierre Eslicnne, chirurgien de monseigneur le duc de Niuernois, m'a autrefois grandement recommandé l'vsage dudict

LE TREIZIi

L'emplastre de diachalcilcos est fort loiiée des anciens pour les fractures, mais il la faut accommoder selon le temps : comme en Esté sera liquéfiée en suc de plantain et de morelle , de peur qu'elle n'cschauffe par trop.

'Aussi faudra tousiours auoir esgard à la température du corps. Car nul ne doute , s'il n'est bien despouruea de raison, qu'il ne faille tant desseicher à vn ieune enfant, comme il faut à vn vieil : parce que si on vsoit de medicamens autant desiccatifs à vn enfant qu'on feroit à vn vieil, on consommeroit l'humeur dont se fait le callus. Pource il est nécessaire au Chirurgien de bien regarder à telles choses. Car combien que les remèdes soient bons et louables , neantmoins pour estre indiscrètement appliqués , souuent aduiennent de très pernicieux accidens , dont on peut accuser le Chirurgien qui n'a conduit son œuure par méthode raisonnable : comme il appert quand le callusest fait trop mol, trop gros, trop petit, tortu, ou trop retardé à faire.

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