CHAPITRE XXIV
DV CONDVIT DE l'OREILLE COVCHÉ NA- TVBELLEMENT OV PAR ACCIDENT, ET DES CHOSES ESTRANGES QVI TOMDENT DEDANS.
Quelquesfois aux petits enfans iiouiiëlleraentnés , On trouue les conduits fleâ oreilles botlchés , à raison de quel(t(ie chair oU metribrane procréée au foiid Où eti la stlperflcife des oreilles. Elle est boiichée aussi par accident depuis nostre natiuité , à cause de quelque aposteme , playe ou vlcere : au moyen de quoy y suruient quelque chair superflue. Lorsque l'obstruction se fait au profond , là cure est plus difficile que quand elle est à la superficie.
Et pour la cilratiott, là fâut inciser ët couper , ou la consommer et corroder auec medicamens acres et corrosifs. Or il faut traiter ce mal bien curieusement, de peur de faire tomber le malade en conuulsion , et le faire mourir , pour la grande sensibilité de ceste partie^ et qu'elle est proche du cerueau.
Quelquesfois aussi le conduit de l'oreille est bouché par choses estranges qUi sont tombées dedans :
comme petites t)iert es, terfe , ballote
[E LIVRE
de plomb, d'or ou d'argent, de fer, et semblables matières, perles, noyaux de cerises, pois, graines et autres choses. Les corps solides demeurent tousiouis és oreilles en leur propre grandeur : mais les pois et graines et noyaux de cerises s'imbibent et enflent de l'humidité qui naturellement est aux oreilles : et partant causent de très grandes douleurs. Parquoy le plus tost que l'on les pourra tirer , c'est le meilleur : qui se fera auec petites pincettes et instrumens courbés en manière de cure oreille : et si on n'y peut remédier par ce moyen , à cause qu'elles sont fort enflées , on les tirera auec vn petit tire-fond , de quoy on tire les balles de plomb. Les pierres et autres corps durs seront tirés auec instrumens propres. Et si on ne le peut faire par ce inoyen , oh mettra vn peu d'huile d'amende douce dans les oreilles, ou autre semblable :
puis on fera tousser le m.ilade , le prouoquanfà esternuerpar sternutatoires : et fermera la bouche serrant les narines auec les doigts quand il esternuera , à fin de faire sortir hors de l'oteille ce qui est contre Nature, par l'impétuosité de l'air agité cherchant issue par vne violenté cohamotion et esbianlement de toutle corps.
Et si tels remèdes ne profitent, faut faire vne petite incision au profond de l'oreille , à fin de donner lieu aux instrumens pour extraire les choses estranges.
D'abondant quelquesfois il entre en l'oreille de petites bestioles , comme puces , punaises , fourmis , mouscherons , perse-oreilles et autres semblables : toutes lesquelles peuuent estre tuées, instillant de l'huile ou vinaigre. Et quant à la petite bestiole de perse-oreille, on la pourra attirer , appliquant la moitié d'vne port-
OPERATIONS
me donto lôt^ttatit î'orfetlle ; car la pelilc bestiole voulant grignoller, sera soudainement tirée, comme nous auons dit cy douant en l'Introduction