‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 278 sur 482 · DE I,A CAVSE DES PIERRES · texte numérisé non relu

DE I,A CAVSE DES PIERRES

Les pierres qui se font en la vessie prennent le plus souuvent leur origine des reins , et descendent en la vessie par les vaisseaux vrinaires.

La cause d'icelles est double , à sçauoir matérielle et efficiente. La cause matérielle, pour la pluspart , sont gros humeurs gluans , espais et visqueux , faits de crudités causées par intemperalure et exercices immodérés, principalement soudain après le past : et pour ceste cause les enfans sont plus suiets à ceste maladie que les plus aagés, ainsi que l'on voit par expérience, à raison de leur in-

' Les quinze chapitres qui vont suivre, rlu 35« au 50.-, consliluaient le livre De.i inerres dans les Dix Hures de Chirurgie publiés en 1564 ; et le texte primitiT n'a subi que peu de modifications; nous les signalerons avec soin.

Ce traité des pierres est en partie calqué sur ce qu'en a écrit Franco dans son Traité des hernies, édilion de 1561 ; et même pour la description du grand appareil , emprunté par Franco à Marianus Sanctus , nous verrons que Paré a pris pour principal guide Franco : bien que les modifications notables qu'il a faites à l'aijpareil primitif témoignent qu'il a eu d'autres enseignements. Ainsi que Je l'ai dit dans mon Introduction , A. Paré n'ayant jamais fait la taille , il est probable que c'est de Laurent Collot qu'il tenait au

saliable voracité La cause efficiente est la chaleur excessiue, qui consume la sérosité subtile , et la plus terrestre demeure et se seiche , ainsi que voyons és tuiles et briques estre fait, desquelles le feu consumant l'humidité , le reste se tourne en pierre. Ce qui y aide beaucoup , ce sont les conduits et voyes urinaires trop estroits , en sorte que les excremens gros et visqueux ne peuuent passer et estre iettés hors par iceux , ains demeurent dans la substance des reins ou de la vessie , puis s'amassent les vns sur les autres : ainsi par addition est faite vne pierre , comme par escaille , crousle ou escorce. Et tout ainsi que le chandelier trempant sa meiche par plusieurs fois dans le suif, il en fait vne grosse chandelle : semblablement la partie de l' vrine plus crasse et gluante en passant sur vne petite arène ou pierre, s' adhère contre, et s'incruste, puis par quelque espace de temps se grossist , et fait vne grosse pierre.

L'vrine contenue en la vessie , depuis qu'elle est eschaufifée, rend grande chaleur au corps : partant il est bon de pisser souuent 2.

moins en partie ce qu'il a ajouté au texte de Franco.

' Ces mots, à raison de leur insatiable voracité, ne datent que de 1.S85, mais l'observation delà plus grande fréquence de la pierre chez les enfants, avait déjà été faite par Albucasis.

" Ce dernier paragraphe a été ajouté en 1585 ; le reste du chapitre, sauf l'intcrcalation signalée dans la note précédente , est littéralement reproduit d'après l'édition de 15()'î. Ce n'est d'ailleurs qu'une analyse du commencement du chapitre 31 de Franco : /)e la pierre en la vessie, ouvrage cité p. 104; Franco rapporte de même , d'après Galien, cette comparaison des tuiles séchéesau four.

La théorie de Marianus Sanctus est un peu difTércntc. Il admet, qtie certaine» pierrei

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