DES PLAYES EN PAKTJCVLIKR
^4iure plus cxcelknl cl du plus grande force à reprimer lu fluxion, et oster l'infUmnidtion.
if. Gummi Arabici et tragacanthi. ana 3. iij.
Psillij, cydonioruni, seininis portulaca;,
plaiitaginis , suniacli , ana 3. ij.
Fiant mucilag. extrahantur cum aqua plan-
taginis, solani et rosarum, et liai col-
lyriuni.
Duquel on en pourra seurement vs?r, tant au dehors de l'œil qu'au dedans.
Et noieras que tous Ips remèdes que tu appliqueras à l'œil , et autour d'icelui , se doiuent appliquer liedes , tant à On qu'ils pénètrent mieux par le moyen de la clialcur modérée , qu'aussi à raison que les choses froides actuellement sont ennemies des yeux et de laYeuë,parincrassalion el stupéfaction des esprits visifs : de fait, que i'en ay veu quelques-vns, à qui la veuë est demeurée trouble à faute de ce faire: comme aussii'ay veu aucuns ayans playes aux yeux faites par ponction d'aiguille, ou de poinçon, ou choses semblables , en la substance de l'œil, non toutesfois en la pupille sortir bonne quantité de l'humeur aqueux, et guérir, en y appliquant les remèdes susdits et tels mucilages -.
Et par fois faut faire instiller ou rayer du letin laict de femme allaic-
1 Toutes les éditions, liors celle de 16G1 , ont omis ici la négation , ce qui est une faute.
^ L'édition de I5G1 donne ici une l'onnuU! qui a été retranchée dans les suivantes ; la voici :
Gummi arabici et diadragaganti anaS.ij.
Semini psillij et cydoniorum ana 3. j.
BuUiant lento igne in sufficienti quantit. aquae rosac. donec acqulrant formam niucilaginosam.
tante (ille plus tost qu'vn ituisie», parce qu'il n'est si chaud, lequel a faculté d'adoucir et appaispr la douleur, mondifier et nettoyer. Semblablement on pourra vser du sang de tourterelle, pigeon , ou de poullels , incisant la veine qui est sous leurs ailes, ïcenx aussi resoluent , mondifient, etappaisent la douleur.
Aussi sera appliqué sur l œil et parties voisines ce cataplasme, lequel a grande vertu anodine et sedatiue de doTjleur , et prohibe la fluxion et inflammation.
Cataplasme fort anodin.
'if. Garnis pomorum sud cinere calido decoctorum § . v.
Vitelios ouorum numéro iij.
Cassiœ Cstula' recenter extracta; §. fi. Mucilaginis psillii , allhea; et cydoni.
ana § . j.
Farina; hordei parurn.
Incorporenturomnia simul, fiât catap.
Aussi on peut vser de poulmons de mouton ou d'autres bestes, vn peu parboiiillis en laict, et tous chauds les appliquer dessus, et les renouueller promptement que le patient sentira qu'ils seront froids. Et où cedit remède n'auroit puissance de seder la douleur, à cause d'vne extrême chaleur, soit fait tel remède:
1 Rayer est ici pour darder. — La cinquième édition se contente de dire; d'une femme laictanie , parce qu'il n'est si chaud; ce qui n'a pas de sens. 11 convient de noter que A. Paré désigne en marge ces espèces de collyres sous ce titre: Hemedes singuliers pour seller douleur des yeux. Je trouve le lait de femme déjà recommandé pour cet usage par Vigo , liv. III , cli. C. Au reste, pour avoir toute la doctrine de Paré sur l'ophthalmie, il faut comparer ce chapilrc au chapitre 12 du 15' livre, où il en traite spécialement.
LÈ HVJTI
Cataplasme réfrigérant.
Prenez feuilles de iusqiiiame vue poignée, cuittcssoiis lescendres, puis pilées en vn mortier auec mucilages de psillij elcydoniorum, extraits eu eau de morelle cl plantain.
Et en soit appliqué entre deux linges sur les yeux et temples.
^uirc.
Prenez mucilages de psillij et cydoniôrum, extraits en vne décoction de papauer, et vn peu d'opium auec eau rose.
Et où la playe auroit besoin d'estre mondifiée et incarnée, sera appliqué tel médicament r
Mondijicatif propre aux playes des yeux, "if. Syrupi rosati de siccis. § . j.
Aq. fœnic. et rulhae ana 3. ij.
Aloës lotœ, olibani ana ^ . fi .
Misce ad vsum dictum.
Semblablementles fiels de raye, de liéure, de perdrix dissouls en eau d'eufrase et fenoil, sont propres à la mondiflcaiion d'icelles playes. Pareillement ce Collyre.
2t. Aquaî bord. § . j.
Mellis despumali § . iij.
Aloës ter Iota in aqua plantag. et saccari cand. ana 5. j.
Fiat collyrium.
Et sïl est besoin engendrer chair , on vsera de cestuy :
Incarnalif.
"if. Mucil. gummi olibani, arabici, et Iragacanlhi , sarcocollae in aqua bordel extradée ana iij.
Aloës lerlotœ in aqua ros. 3. j.
Cerv. vslœ et ablutœ , tutia; prœparataî ana 3. G>.
Fiat collyrium.
Or il faut noter que la conionctive, au moyen de la solution de continuité , ou autrement , s'esleve quelquefois en si grande tumeur pour la
ÉME LIVRE,
defluxion d'humeur ou ventosîtés , qu'elle couure du tout la pupille, et sort bien fort hors des paupières, et semble à vne chair superflue, perdant sa couleur naturelle , et dénient rouge : qui se fait au moyen de la douleur et chaleur estrange , auec vcntosité et quelque aquosilé . en sorte que l'œil ne se peut ouurir ny clorre. Et me suis trouué en compagnie d'vn ieune chirurgien , qui sans moy vouloit couper et adapter remèdes corrosifs pour amputer l'exubérance de ladite conionctive : mais ie i*en garday, parce qu'il eust esté cause de ri'ndre aueugle son patient, auquel ordotmay vne fomentation d'une décoction de camomille, melilot, roses , absinthe , rue, fenoil et anis, racine d'iris , et de souchet , bouillis en lai(;t : et auec esponges furent laites fomentations , puis après auec cestecy plus forte et desiccative :
■2f. Nucis cupressi , gallarum. balaust. ana 0 -j-
Plantag. absinlhii, hippuris florum camomillte , raeliloti , rosarura rubrarum ana m. fi .
Bulliant simul cum aqua fabrorum, fiât decoclio pro folu.
Semblablement on peut faire cataplasme de ladite décoction , auec :
Fai inœ hordei, fabarum, pulncris masliclies, myrrhœ , irros. Puis en la déclinaison de la resolution , fut vsé de ceste liqueur dans l'œil : laquelle a grandissime vertu d'aslraindre, consumer , seither , et roborer ladite conionctiue relaxée , qui est telle.
Faites durcir vn œuf frais , et subit le dépouillez de sa cocque, et osiez le moyeu , et dedans le reste du blanc , mêliez vn scrupule de vitriol romain en jjoudre:
puis l'espreindrcz dans vn linge blanc et net, et d'icelle liqueur en soit mis quel-
DES PLAYES E
ques iours dans l'œil , aucc quelque portion d'eau de forge, en laquelle on aurait fait bouillir sumacli et roïes rouges.
Et te puis as^eiirer que tel remède; est de grand offe-ct. Mais où le cas aduicndroit qu'il se tîst chair suporcroissanle en la conimcliue , elle pourra estre consumée par ceste poudre :
If. Ossissepiœ et testarum ouorum calcinatarum ana 3. j.
Fiat puluis sublilis.
On peut pareillement vser de vitriol calciné, ou alum bruslé, ou autres semblables : mais avec grande discrétion, en vs'int tousiours de repercussifs dessus l'œil et à l'entour , pour obuier aux accidens.
Or il faut entendre que la fluxion se fait quelquesfois en si grande quantité et qualité d'humeur agu , que la Cornée se rompt et se creue, de sorte que tous les humeurs sorlenl hors i.
D'auanlage icy noteras , que pendant que tu cures lesplayes et autres dispositions mauuaises des yeux, tu dois situer la teste du patient assez haut , et tenir clos l'œil qui est sain : à raison que toute partie vulnerée doit estre en repos, et parce qu' vn œil ne se peut mouuoir que l'autre ne se meuue : pour ceste cause le sain doit estre tenu bandé et clos, à On que l'œil malade demeur j en repos, pour
» On lisait ici dans l'édition de 1561 : Ou
par coups ou autres cames extérieures. El où tel accident cduiendroil après lu curulion de l'vliere, on pourra adapter dans l'orbite vu ail fait par ariijice , comme ceux-nj figurés , qui sont seulement pour l'ornement du paiient.{\ci les figures des yeux artificiels.) Ces yeux artificiels seront d'or émaillés, de couleur semblable au naturel.
Ce passage, avec les figures, a été reporté, dans les éditions complètes, au chap. lo-- du livre 21'.
PARTICVLIER.
la connexion et coUigance qu'ils ont l'un auec l'autre par le bénéfice des nerfs optiques et motifs. Pure et Piemere, Pericrane , veines, arleres, et aulres parties : qui fait que lors que l'vn souffre, l'autre quelquesfois sent la douleur de son compagnon : de façon que le Chirurgien y doit prendre grande sollicitude : pourcequele plus souuent l'on voit vne fluxion s'y faire si grande , que par les remèdes susdits ne peut estre arrestee , de sorte qu'il est besoin d'vn autre plus extrême, qui est le cautère actuel auec Seton appliqué derrière le col , lequel a vne merueilleuse efficace aux fluxions inueterees. Qu'il soit vray, l'expérience quotidiane monstre que tost apies que l'vlcere fait par ledit cautère, ielte boue, la veuë se clarifie, voire à ceux qui ja l'auoient quasi du tout perdue.
Ce qui s'est veu de fresche mémoire à vn honneste Italien orfeure, nommé messire Paule, demeurant en Nesle, près les Augustins de Paris, lequel eut vne fluxiôn sur les yeux, où plusieurs, tant Médecins que Chirurgiens et autres , y auoient mis la main, desquels receut peu d'aide : et ne se pouuant plus conduire, m'appella, et luy conseillay d'aller à l'extrême remède, qui esloit le Seton , ce que volontiers accorda. Et l'ayant appliqué , et son vlcere estant conuertie en maliere ou sanie, commença à mieux voir, et à mesure que son vlcere couloit, tousiours alloiten amendant, de façon qu'il recouura du tout sa veuë, et poi ta ledit Seton enuiron vn an ou plus. Puis s'en fascha, pensant qu il ne luy faisoit plus aucun profil, dont le voulut osier, et faire clorre sa playe : mais six mois après tomba en pareil accident , perdant la veuë comme douant. Parquoy me
LE HVITJ
reiluoya quérir pour luy appliquer derechef ledit Selon, dout tost après recouiira pareillement sa vcxië : el le porte encores à présent.
Oi' ie ne le puis encores assez loiier l'etrect duait Selon : car depuis peu de iours en çà l'ay appliqué par le conseil de lacques Hguiier, Docteur Regent en la fjicullé de Médecine , homme de grande eriidilion et de singulière doctrine , à vn ieune homme aagé de vingt ans ou euuiron, lequel tomboil souuent d'epilepsie : mais incontinent que son vlcere commença à ielter sanie , n'est tombé audit accident : et est vraysembla- Me que le virus el venenosile prend issue par l'vlcere fail diidil Selon.
le dirayicysommairementque c'est qu'Epilepsie. C'est vn mot Grec qui signilie surprise, ou rétention de tous les senlimens, dont il adulent que le malade chet en lerre , s'il n'est soustenu. Car il perd tout à coup la veuë, l'ouye, el autres senlimens, comme par vne syncope, ou comme par vue apoplexie. Maisil yadifference: car en l'apoplexie el syncope, il n'y a nul mouuementny sen liment : et en Epilepsie , le corps se meurl fort roidement , et travaille de conuulsion ou relirement des nerfs inuolonlairement. On le nomme aussi le mal Saint- Jean, pourcequela leste de saint lean cheul en lerre lors qu'il lust décapité, puis posée dedans vn plat, à l'appetil d'Herodias
Or maintenant faut descrire au ieune Chirurgien la manière d'appli-
1 Ce paragraphe sur l'épilcpsie ne se trouve pas dans les éditions de J.SGl , 1.575 el 1Ô79, non plus que dans l'édition latine. L'édition de ihGl présente ici ce passage, qui a été retranché dans les suivantes ;
Je le luiasc encore à déclarer {à came de
lîMIi LIVllE ,
quer le Selon, et luy en bailler la figure.
Premièrement faut que le malade soit assis sur vne escabelle, luy commandant baisser la lesle vn peu en arrière , à On que le cuir, auec le pannicule charneux, soit plus la.\e.
Puis faut qu'vn seruilcur tire cl es^ loue en haut ledit cuir, ayant ra.sé Je poil s'il y en a, et alors le Chirurgien pincera leplusprofond et près du poil qu'il pourra, ledit cuir, sans aiicunement louchera aucun muscle du col, pour les accidens qui en pourroient aduenir, comme spasmes et autres : et serrera les tenailles (alors qu'il mellra le cautère ardent) assez fort : et par ce moyen le palienlne sen lira l'action du feu. Car deux douleurs ensemble , faites en mesme partie el lieu, la plus grande fait que la plus petite ne sent point ou peu'. L'ouuerlure se doit faire en long , et non en Irauers : car par ce moyen l'euacualion des matières se fera mieux, pour la rectitude des fibres. Les tenailles seront percées au milieu , pour passer le cautère au traucrs, lequel sera en son extrémité agu, triangle, ou quarré, à On que son action soit plus prompte. Puis soudain passeras au Irauers desdiles tenailles el cuir que tu auras cautérisé, vne aiguille à Selon, enlîlée de fll de coton en trois ou quai redoubles, lequel sera imbu et trempé dans albumen oui et oleim rosatum. Puis appliqueras compresses trempées audit médicament , et feras ligature propre à la partie.
briefuelé) les effets que telle ouverture fait au.r ariliriiiqucs et h autres dispositions contre naiiirc, que i'eipcrc le dcclurer en nostre pratique vniuerselle.
' Hip. ap. 4G. Duobus doloribus , etc. , du Hure 2. —A. P.
DES PLATES EW PAIlTrCVLIER.
Les figures des Tenailles, Cautère actuel , et Aiguille à Seton, sont telles.
Or le lendemain on fera embrocation d'huile rosat autour du col, et sera continué le susdit remède auecques lesdites compresses : et le Selon sera imbu de digestif, fait de iaune d'œuf et huile rosat, iusques à ce que l'vlcere ielte bouë : et alors on vsera d'vn tel médicament, autour de ladite corde faite de colton 1 :
"if. Terebenth. Venetœ 5 . iiij.
Syrupi ros. et absinthij ana 5.6.
Pulueris ireos, diacrydij, agarici trochiscali , et rheubarb. ana 3. & .
Incorporentur omnia simul, fiât raedicamentiim.
Duquel on vsera tant que l'on voudra tenir l'vlcere ouuert,pource qu'il a vertu d'attirer les matières du profond, et les mondifier sans douleur.
l'ay trouué puis n'agueres par expérience , que l'ouuerture fait auec vue grosse aiguille triangulaire bien Irenchante, semblable à celle des emballeurs, est moins douloureuse qu'auec le cautereactuelcy dessus mentionné.
Parlant ie conseille au ieune Chirur-
• A. Paré ajoute en marge : Le seton doit ettre faict de ftl de colton ou soye cramoisie.
gien de ne plus vser desdifs cautères actuels. La figure de ladite aiguille t'est icy représentée
Figure de Vaiguille triangulaire.
* Ce paragraphe manque dans toutes les éditions jusqu'en 1682, y compris l'édition latine : je ne puis dire s'il se trouve dans l'édition de J585, ne l'ayant pas sous les yeux. On voit parla combien il est essentiel de renvoyer chaque portion du texte à sa date; on croirait , à lire dans ce paragraphe CCS mots puis nagueres , et plus haut, dans l'histoire de Houlier , depuis peu de jours en çà, que le tout est de la même époque; tandis que cette histoire, comme tout le reste du chapitre, se trouve déjà dans l'édition de J561.
Du reste A. Paré avait déjà parlé du séton à propos de l'hydroccie ou hargne aqueuse (voyez tome V", page 4I6);^oii il enseigne à le faire sans cautère , à l'aide des tenailles à sélon et d'une aiguille à pointe triangulaire. Il se présente ici une question histori-