CHAPITRE LU
DISCOVRS DE l'aVTHEVR DV SANG ET PVS QVI PEVVENT ESTRE EVA.CVÉS PAR LES VRINES ^
Cela est accordé entre les médecins et chirurgiens tant anciens que modernes , qu'il peut sortir par la verge du sang et du pus séparément, et aussi meslés ensemble : lequel vient ou de la verge , de la vessie, des vreteres , des reins, du foye, râtelle, mezentere, pancréas, intestins , et de la matrice : ou des parties plus hautes qui sont sur le diaphragme , comme du poulmon et poitrine, du cœur, ou des bras , ou de quelque autre partie , voire de toute l'habitude du corps.
Pour connoistre de quelle partie il vient , il faut considérer le lieu de la douleur, la couleur et odeur de ce qui sort , et des accidens qui ont précédé ou sont encore presens, comme douleur et fléure , et autres, et du temps que ceste descharge s'est faite : aussi le fera Ja quantité et qualité du pus. Telles choses demonstreront le lieu d'où s'escoule le pus.
Car s'il vient des poulmons, ou d'vne empyéme , ou du foye , ou de
thorax , la sanie est souuentes fois enuoyée et purgée par les vrines.
Ce qui semblait servir de transition au chapitre suivant. Ce paragraphe fut retranché dans l'édition de 1579 , el le chapitre se terminait alors avec Fhistoire du ieune seridteur.
1 Ce chapitre faisait le deuxième du Livre de la suppression d'vrine en 1564, et il avait été simplement reproduit avec son texte primitif en 1575 et 1579; mais dans l'édition de 1585 , il fut amplement augmenté et reçut le litre qu'on lit encore aujourd'hui. Dans les éditions précédentes , il était intitulé : Digression de l'aulheur.
OPEIIA-TIOJVS DE CHIKVllGIE.
la 1-a telle , et en grande abondance , sera conneu ne procéder des reins :
parce que telle quantité ne peuteslre contenue en iceux. loint que lors qu'il vient du foye , ou d'autres parties situées sur le diaphi*agme , le pus est bien plus exactement meslé auec l'vrine , qu'alors qu'il vient des reins ou de la vessie.
S'il vient seulement de la verge , lepus sera ielté pur sans l'vrine. Or il vient de la verge pour quelque aposteme qui y sera faite , ou de quelque carnosité,ou d'vne chaudepisse.
S'il vient de la vessie vlcerée, il sera meslé et ietlé auec l'vrine : mais à la fin, après auoir pissé, il est iettésans l'vrine, et si sera fétide, d'autant qu'il sort d'vne partie membraneuse : et si on y trouue de petites escailles furfureuses, la vessie sera rongneuse. Pareillement quand on voit vn sédiment ou lie espaisse et visqueuse, comme mucilage et blanc d'œuf meslé auec l'vrine , et que promptement il aille au fond, cela monstre qu'il a sa génération en la vessie : et telle chose se fait ordinairement pour vne pierre qui sera en la vessie. Hippocratesdit, que si quelqu'vn pisse pus ou sang, ou escailles auec mauuaise odeur, cela monstre la vessie estre vlcerée ^.
Si les vreteres ou reins sont vlceiés, le pus ou sang sort par la verge.
Galien escrit que le pus de l'aposteme du poulmon receu par l'arlere veineuse au seneslre ventricule du cœur , de là en la grande artère , et d'icelle en l'emulgente du rein , peut passer par les vrines^.
Monsieur Houlier sur le commentaire de l'Aphor. 75. Hure i. dit ,
' Aphor. 81.— A. P.
" Au 4. ch. du 6. Hure de loc affcct. — A. P.
qu'vne notable femme par l'espace de quatre mois entiers pissoit de labouë, et quelquesfois du sang auec, à cause de l'acrimonie qui corrodoit quelque veine. Les médecins la traitèrent comme si les reins eussent esté vlcerés, parce que par interualle elle y sentoit grandes douleurs : et mourut le quatrième mois. Estant ouuerte, on trouua les reins et la vessie en leur entier : mais il fut trouué deux pierres en son cœur, et plusieurs apostemes, lesquelles se purgeoient par les vrines , et en passant par les reins causoient douleur.
Galien dit que les menstrues retenues sont iettées par l'vrine, laquelle se trouue sanguinolente , et quelquesfois espaisse et noire comme encre, ce que i'ay veu. La pituite et autres humeurs froids et visqueux se peuuent semblablement purger par les vrines , et par les hémorroïdes.
Or maintenant il nous faut parler du sang qui est ietté en la vessie, et de là en la verge. Telle chose se fait, pour ce que les hémorroïdes ou menstrues sont supprimées, ou pour quelque grande plénitude de sang contenu aux veines , péchant en quantité et qualité, ou les deux ensemble, lesquelles se repurgent par les veines emulgentes aux reins , et de là par les pores vreteres à la vessie : ou à cause d'vne imbécillité du foye, ou des veines mezaraïques , ou d'autres parties : ou pour vne imbécillité des reins , lesquels ne peuuent assimiler le sang enuoyé pour leur nourriture :
ou par attrition et fray d'vne pierre contenue ausdits reins. Ce que le sçay véritablement pour l'auoir veu à plusieurs.
Aurelianus docte médecin dit , que l'on pisse le sang tout pur, pour auoir vsé intempestiuement de Venus. Et
5oo
LE QVINZIEME LIVRE,
tout ainsi que par certain temps les mois aduiennent promptement aux femmes , et aux hommes des hémorroïdes : ainsi il se fait vn amas de sang au corps, lequel serepurge quelquesfois par les reins , et d'iceux à la vessie , sans qu'il y ait rupture d'aucun vaisseau : au moyen de quoy les vrines sont cruentes et sanglantes.
Pour auoir pris aussi du poison, comme cantharides, ou autres choses semblables.
Il y en a qui pour auoir esté trop long temps à chenal, ont pissé le sang : ie le sçay par moy-mesme, allant en poste au camp de Parpignan, estant près de Lyon ie pissois le sang tout pur. Toulesfois à la vérité on ne doit dire pisser le sang, quand il sort de la verge pur, mais se doit dire émission de sang.
Le sang sort pareillement auec les vrines par diapedese ou anastomose des vaisseaux, et alors il ne sortira pur, mais les vrines seront seulement teintes.
D'auantage le sang sort par incision des veines promptement et en abondance et en vrinant : comme i'ay escrit cy deuant de défunt monsieur de Martigues, qui fut blessé d'vn coup de harquebuse à la prise du chasteau de Hedin, au milieu du thorax, où tout subit ietta le sang par la playe , la bouche et par les vrines et selles, et mourut bien tost après.
Monsieur Selecgue, Alleman, colomuel des reistres, eut en ceste ville vn coupd'espée au trauers le ventre, dont incontinent ietta le sang par la verge, le siège, et par ses playes : et non seulement le sang, mais aussi la matière fecale. Il fut pensé par monsieur de la Corde, médecin célèbre et docteur à Paris, et monsieur Pigray, chirurgien ordinaire du roy, et moy^
et Dieu le guarit. I'ay veu plusieurs qui ont eu semblables playes qui ont reschappé, et d'autres de bien petites qui eu sont morts.
Or quant au pus qui est ietté des bras parles vrines, cela sera demonstré par ces deux histoires
I'ay veu monsieur Sarret, secrétaire du roy, auoir vn coup de pistoUe au bras dextre : à sa playe suruindrent plusieurs accidens et apostemes, desquelles sortait bien grande quantité de bouë, et par quelques iours n'en sortoit que bien peu : et alors la iettoit par le siège et par ses vi iues : et quand ses vlceresieltoient beaucoup, on ne voyoit ny par les selles ny par les vrines aucune apparence de bouë. Et fut guari grâces à Dieu, et est encore à présent viuant.
Monsieur Houlier, docteur régent en la faculté de médecine à Paris, Germain Cheual, et maislre Rasse, chirurgiens iurés, hommes excellens en la médecine, et moy, auons pensé vn gentilhomme nommé monsieur de la Croix , qui fut blessé d'vn coup d'espée au bras senestre, auquel aduint pareille chose : toutesfois il mourut. Or maisti'e Rasse disoit qu'il estoit impossible que la bouë peust prendre vn si long chemin pour estre vacuée : ioint qu'elle ne pouuoit passer par les veines sans qu'elle ne fust meslée auec le sang, et partant qu'elle pouuoit plus tost venir du mezentere ou des intestins, et non du bras ou
i Toulcequi précède a été ajouté en 1586; dans les trois éditions de 1564, 1575 et 1579, le chapitre commençait ainsi :
Je le veux icij racomplcr deux exemples merucHleux de la prouidence de nature en l'expuhion des choses qui la peuueni blesser el offenser , ce que la co'jnoislras parles deux histoires suiuanles. I'ay vu Monsieur Sarret, etc.
OPERATIONS
de quelque autre part. le disois au contraire qu'elle venoit du bras, à raison que lors que ses vlceres iettoient grande quantité de sanie, il n'en sortoit nullement par en bas.
Monsieur Houlier estoit de mon party, disant que les anciens auoient laissé par escrit telle chose se pouuoir faire : et ce qui nous meltroit d'accord, seroit que lors que ledit de la Croix seroit mort, qu'on regardast en son corps s'il y auoit quelque aposteme ou vlcere. Il mourut, et fis ouuerture de son corps en la présence des susdits : et ayant regardé et examiné toutes les parties internes, ne fut trouué aucun lieu d'où la boue pouuoit sortir : dont fut conclu de tous, que ladite boue procedoit du bras, estant vacuée par les selles et vrines : adioustant que telle chose n'estoit pas impossible , parce que nostre corps est confluxible ettranspirable D'auantage , nous voyons
• Cette histoire était déjà racontée dans l'édition de 1564, mais avec quelques différences dans la rédaction. Voici le texte primitif :
« D'auantage Germain Chenal et François Basse, hommes accompliz et excellentz chirurgiens iurez en ceste ville et moy auons pensé vn gentil-homme nommé Monsieur de la Croix, lequel fut blessé d'vn coup d'es^pée au bras senestre, auquel aduint pareille chose, toutesfois il mourut. Et par-ce qu'aucuns tenoient qu'il estoit impossible que la boue feit vn si long chemin, ioint aussi qu'icelle ne pouuoit passer par les veines qu'elle n'eust gasté le sang, et partant disoient que telle boue ne venoil du bras, mais du foye ou de quelque autre partie, et quant à moy, pcrsistois et tenois pour une chose asseuree que c'étoit du bras, à raison que lors que de ses apostemes et vlceres sortoit grande quantité de boue, il n'enietloitpointparlcs parties bassesrau contraire, lorsqu'elles iettoicnt peu ou rien, en «orloit grande quantité. Rt leur disois qu'il
)E CHIRVRGIK. 5oi
par expérience de deux vaisseaux de verre appellés monte-vins , que l'vn soit rempli d'eau, et l'autre de vin clairet, et soyent posés l'vn sur l'axitre, à sçauoir ccluy qui sera rempli d'eau sur l'autre rempli de vin, on voit à l'œil le vin monter au haut du vaisseau au trauers de l'eau, et l'eau descendre dedans le vin , sans meslauge des deux , ce que nous auons dit par cy deuant. Et si telle chose se fait ainsi extérieurement et apertement au sens de nostre veuë par choses inanimées : il faut croire en nostre en-
n'estoit pas impossible, parce que tout nostre corps est confluxible et transpirable. »
Suivait la comparaison des monte-vim, que Paré ne se faisait faute d'appeler dans une note marginale jBe//e comparaison; et puis la fin de l'histoire, avec une rédaction un peu différente du texte actuel; c'est pourquoi je la reproduirai.
« Ledit de La Croix mort, son corps fut ouuert, et exquisitement cherché si on pourroit apperceuoir aucun lieu dont telle sanie sortoit, ce qui ne peut estre cogneu, et partant nous conclusmes tous que la mort estoit aduenue par le moien du coup, et non par aucune aposteme qu'il eust en aucune partie de dedans son corps. »
Dés 1579, au lieu de François iîa.we, Paré avait écrit Maisire Basse , sans rien changer d'ailleurs à son récit ; mais en 1585 il le rédigea comme on le lit aujourd'hui, faisant intervenir HouUier , et nommant Rasse pour son contradicteur. Houllier était mort en 1562: François Rasse des Neux, si l'on en croit Devaux, aurait vécu jusqu'en 1588. Peut-être s'étail-il brouillé avec Paré, ce que l'on pourrait induire d'un autre changement de rédaction que nous avons noté au chapitre 26 du dixième livre. Voyez ci-devant page 230.
Enfin les mots .Ce que nous auons dit parcy deuani, ont été ajoutés en 1585, et se rapportent sans doute au chapitre 14 du neuvième Livre (voyez la page 169 de ce volume), où l'on retrouve une histoire et une théorie analogues.
502 LE QVINZIÉME LIVRE ,
tendement, que Nature peut faire passer la bouë par les veines, sans cxu'elle soit meslée auec le sang.
Parquoy faut conclure auec Galien, que la bouë faite aux parties intérieures, et loin des reins et de la vessie, peut estre vacuée par les vrines ^ : ce que par raison on peut encore prouuer. Car aux excremens de nostre corps qui s'expurgent par les reins, intestins, râtelle, kystis fellis, Nature par sa vertu sequestrice y reserue quelque portion du sang et suc bénin et propre pour leur nourriturej que chacune d'icelle partie attiré et sépare d'auec les excremens.
D'auantage, le sang pur et le meilleur «jni soit au corps, enudyé de toutes les parties pour estre ietté par la ver-
ige, à fin de génération, passé par dedans les vaisseaux spermatiques, qui tousiours sont remplis de sang :
neantmoins la semence coule au traders sans se mesler aucunement.
D'abondant ne voit-on pas que les femmes nouuellement accouchées ietterit le lait pur contenu aux niammelles par leur matrice , lequel aussi faut qu'il passe au trauers des veines et artères mammillaires 2?
Tout le semblable se fait aux veines inezaraïques , par lesquelles le fchylé se porte au foye, pour estre fait sang , et fait sang aux boyaUx, pour lêilr nbUrrittlre , saus méslànge de de i'vn auec l'autre.
1 diii.ali A.Ï)èU.afr. ^A. t».
2 Tout ce qui suit appartient à là nouvelle rédaction de 158à; dans les éditions précédentes , le paragraphe actuel se terminait ainsi:
« .... par dedans les veines et artères mammillaires^ qui ont communication au milieu derf muscles longitudinaux de l'epigastre auec celles de la matrice ? Parquoy ne se
Le pus peut aussi passer au trauers des os, ce qui est prouué par Galien au Commentaire sur le .04. aphorisme du 7. liure, et pareillement par autres parties, par conduits imperspirablcs. Exemple, comme nous voyons sortir le lait d'vne nourrice par le bout de son tetin, et la sueur par les pores de nostre cuir, à grosses gouttes comme perles : neantmoins on ne peuttrouuer aucun conduit, pour y mettre aucune chose, tant déliée soit elle. D'auantage, ne voit-on pas aux panures verolés, qui ielteront par chacun iour et nuit cinq et six grandes bassinées de baue? Semblablement au flux de ventre, vn malade iettera par le siège des malieres de diuerses substances et couleurs, la quantité qu'on ne peut estimer pduuoir estre contenue aux intestins. Pâreillement par le vomissement on iette quantité d'humeurs qui y abordent de toutes les parties du corps, comme torrens, par conduits imperspirables et inconnus. Il faut aussi rèmarquer qu'il apparoist aux vrines quatre substances, à sçauoir la sëmence, le pus, la pituite et le sang. La semetice nage dessus, parce qu'elle est plus légère et subtile : le pus et la pituite vont au fond : la pituite est vnie, au contraire le pus se dissout lors que l'vrine est agitée : et quant au sang, il apparoist aUcurièsfoiSsëtlli et quelques fois meslé atlèc l'vrîhë,
faut esmerueiller si le pus pbtit esti^s euâcU6 des parties supérieures par les vrines, sails estre aucunement meslé auec Ife sang, caltelle chose se fait par la Ibctilté naiUréiife expullrice. >>
Après quoi venait une digression sur les facultés que l'on retrouvera à la fin de ce chapitre, toutefois avec quelques modifications.
OPERATIONS DE CHIRVRGIK.
comme nous auons dit cy dessus. Il faut de nécessité conclure, que toutes cesdites matières ne viennent seulement de»lieux où ils sortent, parce qu'il est impossible qu'ils puissent contenir vne si grande abondance des matières qui en sortent.
Apres auoir discouru des matières qui s'euacuent par les parties inférieures, faut escrire de celles qui s'euacuent par les supérieures. Exemple : les menstrues se peuuent purger par vomissemens, par le nez et par les mammelles, voire en grande quantité tous les mois (comme i'ay eserit cy deuant) ou par vne aposteme faite au thorax : comme d'vne pleurésie ^ le pus sort partie par la bouche en crachant, ou par vomissement : et partie par les vrines, comme i'ay desia dit. Semblablement l'vriue est ieltée par vomissement (ce que i'ay veu plusieurs fois) quand les pores vreleres sont bouchés, ou la vessie et Verge gangrenés. Véritablement i'ay veu à vn corps mort, vu des pores vreteres de grosseur d'vn doigt, plein d'vne matière gypseuse, et en l'autre y auoir vne pierre qui estoit descendue dans les reinsj en sorte que l'vrine ne pouuoit couler en la vessie, et regorgeoit en haut.
Le patient deux iours deuant que mourir, vomissoit et iettoit son vrine par la bouche. Pareillement quand les intestins sont estouppés, comme nous voyons estre descendus aux bourses, et aux femmes entre les muscles de l'epigastre, ou pour estre entortillés par les vers, et qu'ils n'ont peu estre réduits, lors la matière fecale remonte en l'estomacli, et est vomie par la bouche : tel accident ést appellé miserere.
Il reste encore vne difflculté à respondi e, comme le pus se peut purger
parla vessie, sans se mesler pàrmy le sangPA cela faut respondrc, quenostre corps est gouuerné de faculté secrelrice, qui peut tirer et faire choix des matières entièrement corifuses et mcslées de bon et de mauuais. Exemple : la vessie du flel attire à soy la colère d'aucc le sang, et la ralte la mélancolie, qui n'apparoissent au sens de la veUë ôstre dedans lë simg.
Aussi les rOgttotis tirëtll la serOBité du sang, et la mettent à part, laquelle est iettée par l'vrine. D'auanlage, c'est que plusieurs bien tost après auoir pris leur réfection, vomiront grande quantité de pituite et colérë , sans lelter vri seul morceau de leûr viande, ce que ie sçay pour l'auoir expérimenté en moy-mesme.
Et icygnotera le ieune chirurgién, que lors que nous disons qu'il y a certaines vertus et facultés îiattirelles, comme* :
■ Ce paragraphe tèririihait déjà lé eliàpitre dans les édltibns de 1564 , 1575 et 1579 , mais avec des différences essentielles sous le rapport des doctrines physiologiques professées par l'auteur. Nous avons vu déjà siiflisamment dans son introduction qu'il n'avait pas toujours admis lè même nombre de facultés : on en aura une preuvè nouvelle dans le texte primitif que nous allons reproduire.
« Et icy noterà le ieune thirurgien qlie lorsque nous disons qU'il y a certaihcs fàcultez naturelles comme
Auraclice,
Reteniiue,
Digesliue,
Èxpuhrice,
Assimilatrice ,
Formatrice,
Visiue,
Auxliliue,
OdoràCiuè:
Gustaiiiie,
Scnsiliue,
Animale,
filiale, et
Nnlurcll^,
et autres qui gouucrncnt noslrc corps, il ne
LE Qvm2
Animale,
Auditiue,
Vitale,
Odoratiue,
Naturelle,
Gustatiue,
Attractrice,
Tactile,
Retentrice,
Ratiocinatrice,
Concoctrice,
Animositiue,
Assimilatrice,
Risificque,
Formatrice,
Imaginatrice,
Augmentatrice,
Memoratrice,
Expultrice,
Concupiscible,
Sensitiue,
Chylificque,
Motiue,
Sanguificque,
Génératrice,
Calorifîcque,
Régénératrice,
Lactificatrice,
Agglutinatrice,
Sequestrice, et au-
Visible,
tres:
Il ne faut pourtant imaginer que telles facultés ayent entendement et raison pour faire leurs effets : car elles ne sont qu'instrumens de nostre ame, laquelle a esté créée par l'éternelle prouidence de Dieu , espandue en toutes les parties du corps, et entière en soy, qui n'occupe point de lieu par extension corporelle, laquelle est incompréhensible à l'esprit humain.
faut imaginer que telles facultez aient entendement et raison pour faire leurs effets. Car elles ne sont que instruments de nostre ame, laquelle est créée de DiEv, et seule raisonnable par l'éternelle providence d'iceluy, qui est incompréhensible à l'esprit humain. »
Et dans l'édition de 1664, il ajoutait cette note marginale :
Tnui nosire corps eu regy par l'éternelle prouidence fie Dieu.
ME LIVRE