CHAPITRE XXXI I
DES MOYENS DE PHOCEDER A lA SEPA- RATION DES OS CARIEVXI.
Oril ne suffit au chirurgien connoistre que l'os soit altéré et corrompu, mais il conuient aussi qu'il sçache si l'altération est superficielle ou profonde , à fin de diuersifier les medicamens elles instrumens pour donner issue à la sanie qui peut estre en
tant que souuent aduient, tant par la sanie imbibée en la substance d'iceux que par la diuturnité de l'vlcere : ou pour la téméraire application des medicamentz humides, aussi par l'attouchement de l'air extérieur, que les os nudz ne peuuent longuement endurer sans estre altérez. Parquoy est besoin y auoir grand esgard. Car icelle corruption ambule, de sorte que si on n'y donne bon ordre, la partie se corrompt et mortifie : laquelle carie et corruption se manifeste quelquefois oculairement, sauoir, que l'os estliuide ou noir, et aucunefois citrin : le plus souuent peiilt estre cogneu au tact de la sonde, par laquelle on sent l'aspérité et inequalilé. Aussi qu'en comprimant l'os, la sonde entre dedans. Pareillement se cognoist la carie et corruption de l'os par la sanie, etc. »
Le reste ne diffère pas assez du texte actuel pour être reproduit.
L'édition de 16C), traitant de la carie à l'occasion des plaies de tête, ajoutait, à la fin de ce chapitre : « Le plus tost qu'il sera possible, de peur que les membranes et le cerueau n'acquièrent vue mauuaise disposition, pour la sanie virulente et fétide yssant de l'os altéré, dont la mort s'en suit le J)lus souuent. »
' Ce chapitre est formé de la réunion des chapitres 4 et 5 de l'édition de 1504, mais avec des adjonctions et des rctranchemcuts que nous signalerons en leur lieu.
E LIVRK ,
la substance de l'os Et pour ce faire, faut séparer l'os altéré et pourri'. Le moyen de ce faire est de corriger leur corruption, en mondifiant l'vlcere , à fin que la sanie ne tombe sur l'os et qu'elle le rende humide. Pareillement le desseichant bien fort, tant par medicamens que par cautères potentiels ou actuels : car par ce moyen on le rend exangue, sans nourriture et vie.
Celse, livre 8. chapitre 2. veut qu'on perfore les os vermoulus et altérés, en quelqu'endroit que ce soit , iusques à la partie saine et entière, qui est quand il en sort un peu de sang : puis appliquer dedans les trous , cautères actuels faits en manière de poinçons , à fin que l'os deuienne tout sec. Toutesfois il se faut garder de trop profonder les poinçons, de peur qu'ils ne touchent sur l'os vif : et par cesle manière on fait séparer l'os altéré , pourri, et vermoulu, et par ce moyen on le rend exangue et sans nourritures.
Ce qui se peut monstrer par l'exemple des arbres , esquels les fueilles tombent à cause que le suc, par lequel elles sont adhérentes aux branches, est desseiché : dont aduient que les fueilles n'ayans plus d'humidité et vie , se séparent de l'arbre verd et vif, qui est la cause pourquoy elles tombent : ainsi consumant l'humidité des os, on leur oste la vie, qui est cause de les faire séparer, A cause dequoy les poudres appellées Catagmaliques sont propres pour aider à
■ Edition de 1561 : pour donner tissuë à la sanie qui peut estre en la substance de l'os, ou entre le crâne et dure rnere.
' Ce paragraphe a été intercalé ici en
DE La grosse verolle.
séparer l'os , qui sera altéré superficiellement ».
"if. Pul. aloës, cretae combust. pompholygos ana 3, ij.
Ircos Florentiœ, aristol. rotund. myrrli. cerus. ana 3. j.
Pul. ostreorum combustorum 5. 6.
Teranlur subtilissimè, fiât puluis.
Icelle peut estre appliquée seule , ou auec miel rosat et vn peu d'eau de vie. Aussi on peut appliquer de cesle emplastre, qui a faculté d'aider Nature à extraire les os fracturés , et de nettoyer la sanie grosse et visqueuse des vlceres.
Cerœ nouœ, resinse pini , gummi ammoniac! et elemi ana 3. vj.
Terebenthinœ S.iiij.
Pulu. mast. myrrhae ana § • C .
Aristolochiœ rotundae, ireos Florentiae, aloës, opopanacis, euphorbij, ana 3. j.
Olei rosati quantum sufficit.
Fiat enjplastrum secundum artem
L'euphorbe fait tomber les esquilles des os, comme dit Dioscoride liure 3.