‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 359 sur 482 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

LE MOYEN d'avoir VN OEIL ARTIFICIEL.

Par ey deuant nous auons amplement descrit , aux liures des tumeurs , playes , vlceres , fraclures , et dislocations , les trois points ausquels s'exercent les opérations de chirurgie , qui sont ioindre le séparé , osier le superflu , et séparer le continu. Reste maintenant en bref la quatrième, quiestadiousterceqni défaut naturellement du par accident.

Car ainsi (pour entrer en matière) ', nous voyons souuent , à raison de | quelque coup ou inflammation, les yeux se creuer et sortir hors la leste, ou bien deuenir eraacids. Parquoy où

« Voici assurément l'un des livres les plus originaux et les plus intéressants de la collcrlion de Paré. Il ne parut coqimc livre spécial qu'en 1575; mais plusieurs (les articles dont il se compose avaient déjà été publiés dans quelques édiMpps paflipllcs , ç\. noliimmcnl dans cpllcs de i^tii et 15C'i. Dpps les éditions cpmplétps anciennes, il n'occupe pas la place que j'ai cpu deypirl^f donner. Il est rejeté après le livre de la Peste; en sorte qu'il est coté le 22" encore en l.'i79, quoique l'ordre des premiers suit différent; le 23' en 1685^ cl dans toutes les

tel accident aduiendroit, après la curation de l'vlcere, on pourra gdapter dans l'orbite vn œil fait par artifice , comme ceux cy figurés, qui sont g§ulenient pour l'ornement du mala4@ I .

Feux artificiels , desquels l'est demonslré le dessui et te dessous, qui seront, d'or emaillé, et de couleur serribla^le aux naturels.

Et s'il pdiippoit qu'on ne peusf Jgger ccst oeil arljfipiel tledaps l'orbitu , qn pourra encore en fairn vn autre tel que tu vois par ceste figure, fait d'vn

éditions postérieures. Par son objet, par la phrase même par laquelle il commence, il forme le complément de la chirurgie proprement dite de Paré; et c'est pourquoi je l'ilii pl.)Gé m-

' Ce ppragrapjie, svcç )e? ffgurps ycfax fli'Ufipiels, ayail été publié pour la première fois pn lijOl, flans le traité jD^;* playes de la teste, fol. 220. — Voyez ci-devapt )g noie 1 (Jp l9 page 79. rcslP» aypc Iç parqir graphe précédent, i) .Gpnstiiuqiil à li^j ggyl tout le chapitre en 1676, et même encore eu 1679; le reste ne date donc que de 1535.

6o4 LE DIX-SEP'

lil de fer applati et ployé , et couuert de velours ou taffetas, ayant son extrémité platle , à lin qu'il ne blesse , et l'autre extrémité sera couuerte de cuir façonné , et le peintre luy donnera par son artifice figure d'oeil. Cela fait, on le posera sur l'orbite. Or ledit fil se peut es tendre et reserrer, comme fait celuy que les femmes ont à leur tenir leurs cheueux. Il sera passé par dessus l'oreille , autour de la moitié de la teste.

AiUre ligure d'œil artificiel'.

Iladuient souuent aux petits enfans une maladie dite Strabismuf , qui est vue distorsion contrainte auec inégalité de la veuë , ce que nous appelions en françois louche ou bigle. Le plus souuent telle maladie adulent (comme nous dirons plus amplement au liure de la Génération pour auoir mal situé le berceau de l'enfant , soit de nuit ou de iour, le mettant à costé de la lueur; qui fait que pour voir ladite lueur il est contraint de retourner ses yeux à costé d'icelle, estant

■ Celte Ogure et les deux suivantes ont bien été produites pour la première fois par A. Paré; mais elles ne sont que la traduction du texte, que notre auteur avait puisé dans Paul d'Égine qu'il cite un peu plus bas, et spécialement dans la traduction française de Dalechamps.

KMK LIVRK,

touiours désireux de la regarder : ou bien pource que la nourrice est louche , qui fait que l'enfant la contrefait. Or posons le cas que quelque petit enfant fust louche , ayant la veuë torse , ou par le vice de la nourrice , ou autrement : Paul iEginete, liure 3. chap. 22, nous a laissé vn moyen propre pour y remédier et redresser la veuë , lequel n'a esté pratiqué d'aucun de nostre temps , que i'aye peu sçauoir : c'est qu'il veut que l'on face vn faux visage en forme de masque , lequel doit estre si bien proportionné et accommodé sur le visage de l'enfant, qu'il ne le blesse aucunement: et toutesfoisil faut qu'il soit si iusle , que le iour n'y puisse entrer par les entre-deux, craignant que ledit enfant ne tournast sa veuë vers le iour. Tel faux visage ou masque aura seulement deux petits trous droit au milieu de l'œil , à fin que le iour y puisse reluire : ce qui sera cause que l'enfant n'apperceuant autre lumière et cl arté que par les trous, il tiendra sa veuë tousiours fichée en cest endroit, de sorte que l'œil s'accoustumera à demeurer droit et arresté , reprenant une nouuelle habitude, et laissant celle qu'il auoit acquise regardant de costé. Ledit faux visage sera fait de matière la plus légère que l'on pourra , et ne doit couurir le visage plus bas que le nez , laissant la bouche à descouuert, à fin que l'enfant puisse à toutes heures teter ou manger : attendu qu'il doit demeurer continuellement sur son visage. Pour lequel tenir plus commodément, il sera attaché par le derrière de la tesie auec quatre petites attaches , deux de chaque costé , comme on peut voir par ce portrait :

D ADIOVSTER CE

Portrait d'vn masque par lequel la veuè est redressée.

Au lieu de ce masque , on pourra pareillement vser de besicles faites de corne , que l'on adaptera sur du cuir, et seront posées sur les yeux : au milieu y aura vn petit trou , par lequel l'enfant pourra voir, et addresser sa veuë. Les besicles sont marquées par BB. et la pièce du cuir par A. Les courroyes par lesquelles sont attachées, ce.

Figure des besicles.

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