‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 379 sur 482 · POVROVOY LES PARTIES GENERATIVES SONT ACCOMPAGNÉES D'VN GRAND PLAISIR · texte numérisé non relu

POVROVOY LES PARTIES GENERATIVES SONT ACCOMPAGNÉES D'VN GRAND PLAISIR

L'vsage des parties generatiues est accompagnée d'vn très grand plaisir, et aux animaux qui sont en la fleur de leur aage, certaine rage et cupidité furieuse procède dudit vsage :

ce que Nature a ordonné , à fin que l'espèce demeure à iamais incorruptible et éternelle , par la muiliplication de ses indiuidus : et partant Nature a voulu que les animaux fussent aiguillonnés d'vne ardeur et enùie extrême de se coupler ensemble, et qu'à ce désir fust coniointe vue grande et chatoiiilleuse volupté, à fin , de tant qu'ils n'ont point de raison, ils fussent neantmoins par l'aiguillon du plaisir incités à se mettre en deuoir pour conseruer et maintenir leur genre et espèce. Pline ^ dit qiié tdlis les ariirilaut ont certains temps limités de cbargei' ët pdrter leurs petits : loutesfois l'homUie seul

' Gàli au liu. 14. de vsu part. chap. 9. — A. P. — Celle cilâtion existe déjà en 1573.

^ Liu. 7. ch. 5. — A. P. — Gilàlion de »573.

n'a ducuri tëtnps hy téi'iné jiréflx ou defliil, niais vient aU itiondô éfl idtlt temps, dulrëquë Nàture à donné atlx jlarlies gCbilÉllës vn grand sëfltiment plus aigu et vif qti*à ritllië àuirë paille , par ië moyen dës tierfëqiii f sdrit dispersés : partant ndi në së doit esmël-iiélller pdtli'qudy à lëUr action cliës sentent plus gf ande tlëlëctatidû et plaisir.

Or d*ai)ôndânt îl y a viië cërtaifle hùmèui' séreuse semblable â là sêmencë , mais plus liquidé ét sublilë , contënue dedans les proslàtës, qui sont deux glaiidules situées au cdinmencemeiit du col de la vëssie, ët aux femmes au fond de la matrice par les vaisseaux spermalîques. Icelle humeur a vue petite acrimonie piquante et aiguillonnante , aiîec vti petit prurit et démangeaison , qui irrite les parties à faire leur action , en dobnant volupté et plaisir, patëe qu'elle est accompagnée de grande quantité d'esprits qui s'eschauffent et désirent à sortir hors. Et pour exemple , comme lors qu'il y a en vbe pai-tie de ndstre corps quelques liumeurs aigres ou acres , accumulées sous le cuif, qui chatoiiiiient et démangent , inuitent à se gratter, et en se grattant on a vn grand plaisir. D'auantage les parties génitales ont vn plus grand senlimei)t que celles delà peau, lesquelles estant aiguillonnées de cest esprit , sentent un plus grand plaisir, principalement àrheureducoïti. Pareillementiorsque ladite humeur sort auecia semence , on sent vb extrême et incomparable plaisir et volupté ^ :

et telle fcbBsë ta été faite tJàr dame

' Gelte phrase est une addition de 1676.

' Ilip. Hui de la génération. — GaL ibid. chap. 1 1. — A. P. — Ces deux citations sont de 1679.

LE DIX HVITIJÎME LlViU-,

Nature de peur que la semence ne fust iettée hors la matrice, pour le désir qu'elle a à faire génération.

D'auanfage cesle humeur, oulre qu'elle donne enuie de s'assembler, et s'assemblant donne vn grand plaisir, elle arrouse et moiiille le canal de l'vrine contre l'acrimonie d'icelle.

Autrement qui considereroit le conduit du champ de nature humaine , et les immondices qui passent par iceluy , et ses deux voisins le boyau cuiller et la vessie iamais l'homme ne voudroit s'accoupler auec la femme : de l'autre costé , si la femme auoit esgard au mal qu'elle doit aiioir de porter l'enfant neuf mois en son ventre , et l'extrême douleur d'enfanter, iamais ne desireroil d'auoir compagnie d'homme, Neantmoins tout cela , il y a des hommes qui vsent intempestiuemenl du coït , pour l'appétence excitée pour la mémoire du plaisir et de la volupté : et n'estant détenue de la raliocinalion, enflamme et allume le sang et les esprits, lesquels eschauffez excitent ce plaisir lubrique, tellement que plusieurs en vsent sans reigle et immodérément : bien souuent au lieu de semence ietlent vn humeur demycuit et sanguinolent, voire le sang tout pur, dont la mort s'ensuit : car la concupiscence et l'appétit desordonné sont si grands, que bien souuent ils contraignent Nature de sortir hors de ses bornes et limites ^.

Or il adulent quelquefois difficulté d'vriner pour auoir trop usé du coït 3,

' L'édition de 1573 disait seulement ses deux voisinx ; ]es noms de ces deux voisins ont été ajoutés en 1576.

» Celte grande phrase, commençant par : néanmoins tout cela, a été ajoutée en 1575.

* Chose digne à noter. — A. P. — 1673.

pour la consomption de ceste humeur glaireuse , dont les parties dédiées à l'vrine ont esté trop desseichées : autels, pour les faire vriner, faut ietter de Thuile auec la syringue dedans la verge.

Et pour retourner à noslre propos, pour bien habilerauec les femmes , il faut que la verge de l'homme soit bien fermement tendue , à fin que la semence par son canal soit iettée au loin dedans la matrice • : et estoit nécessaire qu'à l'émission d'icelle ledit canal demeurast fort droit et fort large, à fin que promptement et sans intermission elle fust iettée au profond de la matrice * : car si elle tardoit en chemin , elle se refroidiroit, et par euaporalion de ses esprits seroit rendue inféconde.

Or la verge se dresse par le moyen du sang et esprils flalulens , et pour ceste cause est composée d'vne partie nerueuse, spongieuse et caue. La matrice a vne faculté propre d'attirer la semence du masle à elle par son conduit ou emboucheure : et par deux autres conduits qui sont ses cornes (où sont les vaisseaux spermatiques) est iellée la semence de la femme en la cauilé de sa matrice 2, lesquelles cornes ont esté faites pour tirer la semence de ses propres testicules : lesquels sont fort peiils , et beaucoup moindres que ceux des hommes : à ceste cause ne sont si chauds ne vigoureux, et ainsi leur

' Galien liu. 15. de vsu part. chap. 1 et 3 — A. P. — 1579.

" L'édition de 1573 dit ; elle ftist iettée en lamatrice, et la phrase finit là. Le reste a été ajouté en 1576, mais le texlc primitif était toujours resté le même ; et ce n'est que dans la première édition posthume qu'on lit , an profond de la m ntrice.

DE LA G

semence est plus froide et humide que celle de l'homme , et partant mesléo auec celle de l'homme , se tempère. Aussi l'oriTice de la matrice s'ouure ù l'émission de sa semence , pareillement à fin que celle de l'homme entre eu sacauilé:et iamais la conception ne se fait, que les deux semences ne concurrent ensemble en vn mesme instant, et que la matière ne soit bien disposée, et que les deux semences de l'vn et de l'autre ne soient bien élaborées par bonne concoction. Et s'il y a plus grande quantité et qualité plus vigoureuse de semence de l'homme, il se fera vn masie au contraire , si la semence de la femme surmonte celle de l'homme, tant en quantité qu'en vertu, il se fera vne femelle : car comme vne grande lumière obscurcit lapelite, pareillement la vertu estant plus forte et plus grande des semences, la moindre cesse : toutefois et en l'homme et en la femme il y a geniture, tant pour engendrer masIe que femelle. Qu'il soit vray, il y a plusieurs femmes qui n'ont eu de leurs premiers maris que des filles seulement : lesquelles depuis estans remariées à d'autres maris , n'ont fait que des Gis. Et aussi mesmes les maris desquels les femmes ne faisoient que des filles, et estant remariés à d'autres femmes, ont engendré des masies : et autres qui ne faisoient que des masies, ont engendré des filles estans remariés à d'autres femmes. Et pour le dire eh vn mot , tant en la femme qu'en l'homme, est contenue semence masculine et féminine.

Toulesfois il faut entendre, qu'il ne se produit pas tousiours en un mesme homme vne semence pour engendrer vn fils, ny aussi pour faire vne fille : mais cela varie selon la

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variété de l'aage et façon de viure :

ce qu'on voit presque ordinairement :

ainsi est-il de la femme. P;irquoy nul • ne se doit esmerueiller de ce qu'vn mesme homme auec vne mesme femme engendrent, tantost vn enfant masle, et tantost vne femelle.

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