LES SIGNES A LA FEMME DE BIEN TOST ENFANTER
Les signes sont, qu'elle sent douleur au dessous de l'ombilic, et aux aines, et est ladite douleur communiquée aux vertèbres des lombes , et principalement lorsque les os des hanches se séparent de contre l'os sacrum, et l'os de la queiie se recule en arrière : leurs cuisses et parties génitales se tuméfient, et leur font grande douleur : d'auantage il leur suruient vn tremblement vniuersel de tout le corps , tel qu'il se fait au commencement des accès desfiéures:
plus leur face rougit, à cause que le sang s'eschauffe et bouillonne, parce que Nature s'aide de toutes ses forces à mettre hors l'enfant , lequel s'esmeut véhémentement : et le sang ainsi eschauifé et esmeu , sort auec portion des aquosilés premier que l'enfant
Et si tels signes se demonstrent , sois asseuré qu'en brief la femme enfantera : et partant qu'on luy prépare tout ce qu'elle aura besoin pour tel affaire, et principalement à la bien situer en un lit en figure moyenne , à sçauoir, non du tout à la renuerse ny assise, mais aucunement le dos esleué, à fin qu'elle puisse mieux respirer, et auoir force à mettre l'enfant hors :
d'auantage , faut qu'elle ait les Ïambes courbées , et les talons vers les
' Ce paragraphe est absolument calqué sur un passage de La maniera de cjciruire les enfans, dont Franco a l'ait le commencement de son chapitre 82. Voyez ci-devant, page 625.
LE DIX-HVIT]
fesses , et] les cuisses escartées l'vne de l'autre , et qu'elle s'appuye contre vue busche de bois posée en trauers de son lit , ayant vh peu les fesses esleuées
Aucunes accouchent debout estans appuyées des bras sur le bord du lit , ou d'vn banc ; autres en vne chaire propre à cela, laquelle ne doit pas estre plus haute de la terre que de deux pieds. L'Ytilité de ceste chaire n'est à mespriser, par-ce que la femme grosse y est située estant renuersée sur le dos, de sorte que elle a son inspiration et expiration libre : aussi que l'os sacrum et l'os caudae sonl en l'air, n'estant aucunement pressés, qui fait que lesdits os se desioignent et séparent plus aisément : pareillelement l'os pubis , à cause que les cuisses sont escartées l'vne de l'autre': ioint aussi que la sage-femme besongne plus à l'aise, estant assise deuant la femme grosse. L'on mettra un oreillier au dossier de la chaire, et quelques linges où les cuisses seront appuyées , à fin que là femme grosse soit .plus à son aise 2.
' La manière de extraire les enfans recommande tine autre position que celle qui est indiquée ici (voyez ci-devanl page 62). Mais il faut remarquer qu'ici Paré s'occupe seulemeni de l'accouchement naturel, tandis •que, dans son premier opuscule, il trail-ait tiïiiquement de l'accouche'ment artificiel. Aossî quand il artivera à Cette question un peu plus tard (chap. 32 et suivants ), nous le verroins remettre en 'lumière non seulement sa doctrine, -tniiis même sa rédaction de 1650.
a Tout ce paragraphe, avec la figure qui le stiit, a été ajouté en 1585 j les éditions antérieures disent seulement :
« Aucunes femmes accoucTie'nt en vne chaire propre à cela : les autres accouchent debout, estant appuyées des bras Stfti 'le bord du Ndt, ou sus vn banc. »
:me livre ,
La figure de la chaire l'est icy représentée ' *
Or il faut bien se garder de mettre la femme aux jpeines de trauaii, deuant que les signes susdits prece-
• Cette figure est absolument la même que celte de l'édition allemande el de la traduction française de Roesslin. Dans la traduction latine, la figure est changée : le dos est moins concave, et ses deux bords sont retenus par deux montants arrondis.; tandis que les quatre pieds paraissent réunis par une paroi circulaire complète, excepté entre les pieds de devant. 'Rueff a copié les figures originales; mais du contour du siégé jnsqu*^enhas, irfaitpendi'e nne sorte de draperie circolaite, ouverte seolementen avant, et *iui empêche l'es courants d'air t)ar-dessous la femme. Paré connaissait le livre de Ruefften léTS, et •cependant il ne lai a pîis alors emprU'nlé sa figure ; il y a pluï, c'est que manifestement il l'a prise ailleurs; car en supposant la draperie enlevée, la chaire de Uueff a le pied de devant arrondi, et celle de Paré a les pieds carrés. ïl y a plus de ressemblance avec la figure originale de Roesslin, copiée dans la traduction française; Tnais celle-ci n'a pas les pieds réunis par les trois barreaux ■courbes que montre celle de Paré ; en sorte frac tout bien considéré, il est probable que la figure de flotre auteur
DE LA G
dent : car detiant iccux le trauail est fait en vain , et en son t les panures femmes plus molestées et débiles , quand se vient à mettre hors l'enfant à bon escient, à cause qu'elles n'ont tant de force et vertu , lors que l'expulsion de Tenfant se doit faire Estant la femme en trauail d'enfant , le tout venant bien , fout laisser faire à Nature et à la sage-femme : toutesfois faut commander à la femme (lors qu'elle aura des ondées et tranchées) qu'elle s'espreigne le plus qu'elle pourra , luy clouant le nez et la bouche : et vne matrone luy presse les parties supérieures du ventre , en poussant l'enfant en bas : car telle chose aide grandement à les faire accoucher, n'estant si vexées des tranchées ou ondées : comme i'ay sou-
a été dessinée d'après quelque modèle employé à Paris. Du reste l'invenleur de celle chaire est inconnu, et jusqu'à son pays même. Voici en effet, d'après la traduction française dont j'ai vérifié l'exactitude, le passage de Roessiin qui a rapport à cet in£- Irumenl :
« Pour le surplus quant la femme enceinte sent sa matrice estre laschee : et que les tiumeurs coulent plus habondamment : elle se doit derechef recliner et renuerser sur le dos : tellement quelle ne soit veue ne couchée neleuee totalement : et doit tellement renuerser sa leste en forme de pendant en arrière quelle aye plus que autrement : a laquelle chose faire en aucunes régions J comme en la France et la hanlte yillemaigne les obsleirices el saiges femmes ont aucunes chaires assez basse» • el peu eslenees de terre creuses pardeuanl autant qu'il est nécessaire / et tellement sont faictes que la femme en peine den- J'ani y peult estre comme couchée sur le dos • desquelles la forme et fujurepeult on icy veoir.»
' Ce paragraphe est extrait d'un passage déLa manière de extraire les enfavs, ([ui fait suite au passage indiqué dans la note de la page précédente: et qui se retrouve dans le chapitre 82 de Franco.
NERATION.
uentesfois expérimenté en plusieurs femmes, où i'ay esté appellé pour leur aider à accoucher >.
Si le trauail est long et laborieux (à cause que les vidanges sont sorties long temps auant l'enfantement, et que la matrice demeure à sec) faut faire ce qui s'ensuit :
Butyri recenlis sine sale in aquâ artemis. loti §.ij.
Mucag. seminis Uni, ficuum, et seminis allh. cura aquasabin. extract. ana g .fi.
Olei lillorum § . j.
Fiat Uniment, ex quo obstetrix liniat fréquenter collum vteri.
Ou huile d'amandes douces, ou graisse d'oye, ou d'autre semblable, à tin de les lubrifier et relascher 2. Aussi on baillera de ceste poudre :
2£. Cinamo. corti. cass. fist. dictam. ana 3. j. &.
Sacchar. alb. ad pondus omnium.
Et flat pulu. subtiliss. sumat 3. iiij, cum decocto seminis lini : celeriorem eiiim et faciliortm parlum facil •■ cum minori moleslia polest hic puluis dari cum vino albo tenui ^.
D'auanlage la sage-femme (quand le trauail est ainsi fascheux) pourra oindre sa main de ce liniment, et en mettre dans le col et parties voisines de la matrice :
'îL. Olei de semin. lini § . j. fi .
Olei raoscelini § • ^ • Gall. moscatae 5. iij.
Ladani 3. j.
Fiat linimentum.
> Ces moyens avaient déjà été indiqués dans La mnniere de extraire les enfans, et copiés par Franco dans son chapitre 84. Voyez ci-devant page G28.
î'Ccs mots -Ou huile d'amandes douces, etc., n'ont été ajoutés ici qu'en <586.
î Cette phrase latine se lit déjà en lft75,
G76 LE BIX-HVITIÉME LIVRE ,
Plus on fera esternuer la femme
ciim puluerc piperis , vel laniillo hdkbori albi in narex immisso
Plus pour faire haster la femme d'accoucher, la semence de lin pilée auec eau d'armoise et de sabine sert grandement, ou ce remède :
Tf. Cortic. cassi. fist. concass, § . ij.
Cicer. rubro. m. fi .
BuUiant cum vino albo, et cum aquâ
sulTicienti, addendo sub finem sabinae